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Mobilité des fonctionnaires : "Par ici la sortie !"

févr. 03

par Anne Baltazar Themes: Vie économique, Emplois & compétences

Après les déclarations du Président de la République, devant des millions de téléspectateurs sur la position précaire de certains agents publics, préconisant même un plan de titularisation, son Ministre du Budget, des Comptes publics, de la Fonction publique et de la réforme de l'Etat, Eric WOERTH, ouvre la polémique sur le projet de décret relatif à la réorientation professionnelle, notamment sur la mise en disponibilité qui pourrait à terme déboucher sur un licenciement.

Oser dire que « si une personne refuse une offre au bout de trois propositions, c'est qu'elle n'a pas envie de travailler » est provocateur de la part d'un Ministre qui sait mieux que quiconque que c'est un outil de plus mis à disposition des administrations pour supprimer des emplois et des missions de service public au prétexte de restructurations. La FGF-FO rappelle toutefois que mettre un fonctionnaire en position de disponibilité, place celui-ci dans une situation de précarité puisqu'il n'est plus rémunéré.

Oser affirmer aussi que ce projet de décret tiendra compte « des capacités de l'agent, de sa formation, de ses contraintes familiales ou géographique » n'est qu'un leurre qui ne fera que soit retarder la mise en disponibilité et le licenciement, soit accompagner explicitement les agents vers le secteur privé. Pour la FGF-FO, faire porter la responsabilité sur le fonctionnaire, alors que ce dernier n'est que la victime d'un véritable plan social, est inadmissible.

Pour la FGF-FO, ce projet de décret qui découle de la loi est un choix politique qui, dans le cadre de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP), va accélérer la privatisation/liquidation des services publics au profit des marchés financiers.

Pour la FGF-FO, toutes ces réformes, et les arguments économiques qui les accompagnent, n'ont d'autre but que de remettre en cause le Statut Général de la Fonction Publique. De plus, les différents propos tenus contribuent, comme par le passé, à opposer les fonctionnaires aux salariés du secteur privé tant sur la loi mobilité et parcours professionnels, que sur les retraites.

La FGF-FO réaffirme que les fonctionnaires ne sont pas responsables des déficits publics. Pour preuve les milliards d'euros versés aux banques et les exonérations sociales accordées au patronat depuis bientôt deux décennies (+ de 250 milliards d'euros).

Entre :

-le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux,

-les restructurations et aujourd'hui la mise en disponibilité prélude au licenciement,

Le gouvernement cherche par tous les moyens à supprimer la Fonction Publique Républicaine.

Contre cette volonté destructrice, la FGF-FO, comme elle l'a déjà affirmé dans ses communiqués du 15 juin et du 2 juillet 2009, mettra tout en oeuvre pour sensibiliser l'ensemble des fonctionnaires et agents publics, afin qu'ils se mobilisent pour le maintien de services publics de qualité synonyme de neutralité, mais aussi de droits et d'égalité pour les citoyens.

L'opinion publique doit savoir que la Fonction Publique n'est pas une marchandise !

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environ 1 mois

Fonctionnaires : pouvoir les licencier, c'est compromettre la neutralité républicaine

par Laurent Aubursin

Le gouvernement s’apprête effectivement à publier le décret «mobilité» permettant in fine le licenciement d’agents de l’État. Ce qui met en danger l'impartialité des agents et donc l’égalité de tous.

Les attaques se succèdent, les fonctionnaires étant à chaque fois la première cible d’un gouvernement escomptant l’effet «Café du Commerce».
Alors qu’il vient de mettre en cause le calcul des retraites des fonctionnaires ,le chef du gouvernement, M. François Fillon, a défendu hier le projet de décret relatif à «la situation professionnelle des fonctionnaires de l’État».
 Après la loi sur la mobilité des fonctionnaires votée en plein été, ce «décret mobilité», rend possible le licenciement de fonctionnaires, après trois refus de réorientation. Le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ne suffisant pas, il s’agit, ni plus ni moins, d’accélérer les suppressions d’emplois.

Jouant les ignorants, le Premier ministre a voulu appuyer son propos en soulignant qu’aujourd’hui «l'État peut licencier un fonctionnaire qui refuse un poste» car «il est réputé démissionnaire». Comment ne pas être d'accord avec la secrétaire générale de la Fédération générale de FO (FGF-FO), quand elle dit : «jusqu'ici, les changements d'affectation imposés passaient par une commission administrative paritaire (CAP). Là, il n'y aura plus aucune discussion, plus aucune transparence, tout se fera de gré à gré, dans le bureau du supérieur hiérarchique».
 Comme l'indique la Confédération Fo dans un récent communiqué:"sont ainsi directement menacés les principes républicains de neutralité et d'impartialité fondés sur la garantie de l'emploi qui vise à préserver les fonctionnaires des pressions. "
Pour le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, «c'est une sérieuse attaque contre le statut», mais aussi «sur le service public à destination des usagers» et il a bien raison!
 

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