Les fonctionnaires Grecs refusent de payer la crise financière : on peut les comprendre !
févr. 12
Themes: Vie économique, Rémunération globale, Protection sociale, Emplois & compétences
Des milliers d’agents publics ont cessé le travail et manifesté hier pour protester contre un vaste plan d’austérité prévoyant gel des salaires, réduction des primes, l'arrêt total des embauches en 2010 et contre une réforme des retraites.
La Grèce serait au bord de la faillite. C’est le message véhiculé sans relâche des semaines durant par un certain nombre de spéculateurs sur les marchés financiers internationaux… au point d’arriver à déclasser cet État de la zone euro au rang des pays émergents.
Une aubaine pour la Commission de Bruxelles, qui exige que la Grèce se remette au plus vite dans les clous du Pacte de stabilité et de croissance. Après avoir hérité d’un déficit public de 12,7% du PIB et d’une dette de 113% en 2009, le gouvernement doit donner des gages à Bruxelles.
En pareil cas, la soumission au dit Pacte – déficit limité à 3% et dette contenue à 60% du PIB – signifie rationnement des dépenses publiques, baisse du nombre de fonctionnaires et réduction des droits à la protection sociale pour tous. Le Premier ministre, Georges Papandréou, ne prévoit pas autre chose.
Se fixant comme objectif de réduire «le déficit de 4 points en 2010, à 8,7%», il a programmé le gel des salaires, la baisse de 10% des primes, la diminution de 30% des heures supplémentaires et l'arrêt total des embauches en 2010 dans la fonction publique grecque (700.000 agents). Il entend également repousser de 2 ans l'âge moyen des départs à la retraite, pour le porter d'ici 2015 à 63 ans en moyenne». Pour M. Papandréou, les fonctionnaires sont ainsi appelés à «donner l'exemple» pour aider le pays à se surmonter.
Des sacrifices «injustes et inefficaces», selon Spyros Papaspyros, président d'ADEDY, le principal syndicat de fonctionnaires, qui a organisé mercredi une première grève nationale contre ce plan de rigueur sans précédent.
«On ne doit pas payer la crise!», ont scandé hier des milliers manifestants dans les rues d'Athènes et Salonique. Pour le leader syndical, les difficultés actuelles sont dues à la fraude fiscale, «plus de 30 milliards d'euros par an», et au non-paiement des cotisations sociales de la part du secteur privé, se chiffrant elles aussi en milliards d’euros.
Or, sur ce point, le gouvernement a affiché de vagues intentions sans aucune mesure concrète à la clé, déplore l’ADEDY, qui plaide pour des mesures de relance de l’économie. La Fédération générale des Fonctionnaires Force Ouvrière, qui entretient de puis de nmbreuses années des relations étroites avec ses homologues grecs, a exprimé hier son «soutien» aux fonctionnaires grecs qui «n’ont pas à payer la facture d’une crise» provoquée par «l’incurie politique, l’irresponsabilité des banquiers et des financiers».
Elle s’en est prise à «l’application aveugle des critères du Pacte de stabilité» faisant des fonctionnaires partout en Europe des variables d’ajustement des politiques budgétaires.
La mobilisation du secteur public grec ne restera certainement pas isolée dans le pays. Les salariés du privé ont d’ores et déjà été appelés à faire grève et à manifester le 24 février prochain contre le projet de réforme des retraites par la Confédération des travailleurs de Grèce (GSEE).
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