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L’évolution de l’emploi et de la situation sociale en Europe et dans le monde

mars 14

par Andree Thomas Theme: Vie économique

Selon le rapport trimestriel sur l’évolution de l’emploi et de la situation sociale en Europe publié en février 2018 par la Commission Européenne, la situation semble au beau fixe au sein des États membres de l’Union Européenne malgré certaines disparités. Cependant, même si l’emploi semble progresser et le chômage diminuer au sein de l’UE, les tendances au niveau mondial, selon le rapport Emploi et questions sociales dans le monde – Tendances 2018 de l’OIT, s’annoncent plutôt négatives avec un chômage toujours trop élevé, une hausse des contrats précaires ou encore la persistance des inégalités dans la situation actuelle du marché du travail.

L a croissance ne cesse de croître au sein de l’UE avec une hausse de 2,8 % sur un an malgré certaines disparités – avec notamment le Danemark en dernier et l’Irlande en tête. Contrairement aux premières prévisions pour l’année 2017, l’emploi connaît aussi une forte croissance avec près de 236,3 millions de travailleurs dans l’UE et 156,3 millions de travailleurs dans la zone euro, soit des chiffres jamais atteints malgré de fortes disparités (58 % d’emploi en Grèce contre 82 % en Suède). Seule la Lituanie connaît une régression dans l’emploi en 2017 dans l’UE.

Tous les secteurs d’activité ont contribué à cette hausse de l’emploi et plus particulièrement le secteur des services, à l’exception du secteur des finances qui connaît un léger recul. Parmi les points intéressants du rapport, on peut particulièrement noter une forte hausse des emplois permanents (+1,7 %) et à plein temps (+3 millions soit 181 millions d’emplois au total) même s’ils restent en dessous, pour l’instant, du niveau avant la crise de 2008 – néanmoins, les contrats temporaires (+3,2 %) et à temps partiel (+300000 soit 42,7 millions d’emploi au total) continuent eux-aussi d’augmenter significativement.

Pour le chômage, les États membres de l’UE semblent se rapprocher de plus en plus du niveau d’avant la crise financière de 2008 avec un taux de chômage pour l’UE à 7,3 % en décembre 2017 – soit la quatrième année consécutive de baisse du chômage avec 2017 comme l’année record – pour moins de 18 millions de chômeurs soit le niveau le plus bas depuis novembre 2008.

Le chômage a baissé dans l’ensemble des États membres pour l’année 2017 avec encore une fois de grandes disparités (République Tchèque à 2,3 % ; Grèce à 20,7 %). Le chômage des jeunes continue aussi à baisser dans l’ensemble des pays de l’UE, à l’exception du Royaume-Uni, avec notamment une forte baisse en Italie et en Croatie. Le chômage de longuedurée continue aussi de céder du terrain mais il reste toujours trop élevé, représentant 45 % du chômage total, notamment en Grèce et en Espagne. La situation financière des foyers au sein de l’UE continue aussi de s’améliorer notamment grâce à une augmentation des revenus du travail mais reste modeste – sauf pour l’Autriche, la Grèce, l’Espagne et le Royaume-Uni.

En parallèle, la demande et la pénurie de main d’œuvre ne cessent d’augmenter dans l’UE, notamment dans le secteur des services. D’un autre côté, le rapport Emploi et questions sociales dans le monde – Tendances 2018 de l’OIT laisse présager davantage d’inquiétudes. Même si la croissance économique a rebondi et reste stable (3,6 % en 2017), elle reste faible notamment face au ralentissement de grandes économies et celles émergentes comme la Chine ou le Brésil.

Mais le chômage au niveau mondial devrait rester aussi très élevé même s’il devrait atteindre 5,5 % en 2018 pour un total de 192 millions de chômeurs – il devrait rester stable aussi en 2019 notamment en raison du nombre grandissant de personnes rentrant sur le marché du travail. La croissance de l’emploi, elle, se fait surtout au détriment des travailleurs avec des emplois toujours plus précaires (42 % soit 1,4 milliards de travailleurs sont dans un emploi précaire dans le monde – et particulièrement élevé dans les pays en voie de développement) et qui devrait continuer d’augmenter par 17 millions d’emplois précaires par an pour 2018 et 2019.

En parallèle, la réduction du nombre de travailleurs pauvres devrait ralentir, tandis que le nombre de travailleurs dans une extrême pauvreté devrait dépasser 114 millions en 2018. Cependant, toutes ces tendances varient de régions en régions et de pays en pays avec de grandes disparités entre pays émergents, pays « développés » et pays en voie de développement.

Mais les inégalités devraient continuer à persister sur le marché du travail notamment pour les femmes et les jeunes, principaux enjeux dans les prochaines années. La réallocation des moyens de production vers le secteur des services – à l’échelle mondiale – devrait accentuer la pression sur la qualité des emplois selon l’OIT. Le déclin de la natalité à l’échelle mondiale entraîne aussi un ralentissement de la croissance démographique, notamment en Europe et en Chine. L’âge moyen de la force de travail pourrait atteindre 41 ans en 2030 – alors que les travailleurs les plus âgés souffrent déjà de difficultés d’accès au marché du travail en pleine digitalisation. L’OIT recommande d’ailleurs d’accentuer les efforts pour faciliter l’apprentissage tout au long de la vie pour réduire les risques de décrochage du marché du travail ou de départ anticipé à la retraite (souvent pour des sommes trop faibles) qui pressent les systèmes actuels de retraite.

Pour notre organisation syndicale, même si les tendances au niveau européen semblent plutôt positives, l’OIT révèle des tendances au niveau mondial bien plus inquiétantes, permettant notamment de combler les écarts de l’approche européenne – c’est-à-dire identifier les phénomènes à risques pour les années à venir.

Ainsi, la question de la qualité des emplois est primordiale pour faire face à la précarisation grandissante de l’emploi, aussi observable en France. Les défis liés à l’égalité des genres et à l’inclusion des jeunes sont aussi bien ciblés par l’OIT tandis la question démographique occupe une place centrale dans les préoccupations de l’OIT que nous partageons aussi – un challenge de taille pour assurer des retraites décentes et pour éviter toute exclusion du marché du travail de travailleurs âgés souvent laissés de côté 

 

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