Quelle société sommes nous en train d'installer?
juin 15
Theme: Vie économique
Quelle société sommes-nous en train de laisser s'installer sans réaction à la mesure des enjeux de demain, et devrions nous oser dire, d'aujourd'hui ?
Tandis que les profits des entreprises du CAC 40 s'étalent à la une des journaux, que les revenus des grands patrons bondissent en moyenne de 24% et que certains osent s'attribuer des augmentations allant jusqu'à 500%, 7,8 millions de personnes sont désormais reconnues comme vivant sous le seuil de pauvreté, réduites à penser leur existence au jour le jour.
Les délocalisations qui commencent d’ailleurs à montrer leurs limites, ont mis à genoux des dizaines de milliers de salariés du secteur privé.
Les suppressions d'emplois dans la fonction publique se poursuivent sur la base de la seule logique économique, au mépris du sens du service public et des besoins des populations, surtout des plus fragiles.
On n'en finit plus d'achever le service public, de ridiculiser ses agents, de paupériser l'hôpital et l'école laïque et républicaine, de réduire les capacités d'intervention des collectivités territoriales. Tout est mis en œuvre pour faire la part belle aux entreprises privées qui lorgnent depuis si longtemps sur ces services d'intérêt général qu'elles veulent, à tout prix, transformer en marchés lucratifs.
La crise du capitalisme financier n'en finit pas de faire des victimes et la spéculation bat son plein. La jeunesse, qui n’est pas seule dans ce cas, est condamnée à ne plus envisager l'avenir comme une promesse de progrès et d'épanouissement mais comme source d'angoisses et certitude de précarité. Chacun a vu son niveau de vie baisser.
L’accès à la santé devient un luxe, au point de devoir renoncer à se soigner. Les jeunes des quartiers populaires sont ciblés par des politiques sécuritaires qui ne tiennent pas compte de la dimension sociale de leur désarroi et du cruel manque de sens à leur vie.
Les lois et les décrets réformant et réduisant les droits des mineurs s'empilent depuis ces dernières années. Dans la même veine, et à partir de la même obsession sécuritaire, la loi sur les soins sans consentement a été adoptée par l'assemblée nationale au printemps, juste après le texte Loppsi 2 sur la sécurité intérieure.
Une lame de fond, quasi invisible, emporte avec elle les libertés et désigne les plus fragiles comme catégories dangereuses, comme si surveiller et punir pouvait constituer un projet de société mobilisateur et permettant l'intégration
.Le règne du court terme, du rendement immédiat, du buzz médiatique, de l'émotionnel a pris le pas sur la patiente construction d'une société sachant protéger et responsabiliser à la fois.
Un réveil républicain est désormais urgent, faute de sombrer dans un univers que nous avons encore peine à imaginer alors même que l'histoire devrait nous avoir enseigné qu'attendre passivement ne mène qu'à la barbarie.
La liberté, l’égalité et la fraternité sont des valeurs plus que jamais d’actualité.
Elles doivent nous amener à refuser la guerre aux pauvres et aux faibles qui se met en place, dans de nombreux domaines de la vie, et dans la protection sociale en particulier.
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