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Vers une protection sociale variable d’ajustement des déficits publics ?

mars 13

par Philippe Pihet Theme: Protection sociale

La réforme de la retraite, annoncée par le candidat et confirmée par le Président Macron, va entrer dansles prochains mois dans une phase de concertation « tous azimuts ».

Au delà des inévitables clichés sur les avantages, forcément indus, qu’a mon voisin par rapport à moi,il est à souhaiter que le débat s’élève assez vite au niveau d’interrogation que pose l’ambition présidentielle.

Quelle place et quel poids financier la Nation veut-elle accorder à ses retraités ?

La même question est aussi posée par « catégorie » : salariés et non salariés.En d’autres termes, si le mécanisme de répartition ne fait plus débat, quel sera le niveau d’apport de la cotisation et le niveau de solidarité apporté par l’impôt ?

C’est, ici encore, l’occasion de rappeler que la retraite est un droit que se constitue la personne tout au long de sa vie professionnelle et non le fruit de la générosité de la société.

A cette heure, nous n’avons pas encore assez d’informations pour engager le débat. En revanche, il est une information passée relativement inaperçue : je veux parler de la loi de programmation des finances publiques, publiée le 22 Janvier dernier. Cette loi, adressée à Bruxelles, trace la trajectoire des finances publiques pour les cinq années à venir.            Et « dans cette trajectoire, il est fait l’hypothèse conventionnelle d’une contribution du secteur desadministrations de Sécurité sociale obligatoire à la réduction du déficit de l’Etat ». Il est question de30 milliards d’euros sur ces cinq ans, soit 1 ,5 point de PIB !

Comment ne pas rapprocher les différents plans de restructuration, rationalisation et autre réforme detarification, de cette « hypothèse » ?

Il ne resterait à la puissance publique qu’à fusionner les lois de finances et les lois de financement dela Sécurité sociale pour tenir définitivement les dépenses sociales.

Au titre des dépenses sociales enquestion, nous trouvons l’assurance maladie, la famille, la retraite - de base comme complémentaire -le chômage ou encore les hôpitaux et Pôle Emploi !

En l’absence de réaction de notre part, alors le social serait devenu la variable d’ajustement du déficit public.

Nous savons ce qu’il nous reste à faire pour conserver notre modèle social, fondement denotre République sociale.

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