Rentrée austère, retraités en colère
nov. 21
Theme: Vie économique
Une rentrée sociale sous le signe de la rigueur pour les retraités
La rigueur est le maître mot de cette rentrée. L’objectif de limitation du déficit budgétaire public se traduit par un plan d’austérité mis en place par le gouvernement qui n’épargnera personne.
Parmi les premières conséquences du plan gouvernemental, le report sine die de la réforme de la dépendance, pourtant promise lors de la campagne électorale de 2007, qui devait être discutée au parlement. Les besoins et les attentes des personnes âgées en perte d’autonomie, des professionnels et de toutes les structures qui relèvent de ce secteur d’activité attendront une fois de plus. Ce n’est que le troisième report d’une réforme considérée comme indispensable et urgente, au coeur des annonces et promesses prioritaires de tout un quinquennat ! Sans tergiversations, on sacrifie les plus fragiles sur l’autel des marchés financiers.
Après les travaux de ce grand chantier lancé en début d’année par la Ministre des solidarités et de la cohésion sociale, les nombreuses réunions auxquelles Force Ouvrière a participé pour consultation, les quatre rapports remis en juin dernier à la ministre de tutelle, la soudaine décision du gouvernement est pour le moins difficilement acceptable.
Les personnes âgées concernées et leurs familles vont continuer à payer des «reste à charge» trop élevés pour un maintien à domicile ou en établissement. Les suppressions d’emplois vont se poursuivre dans les services d’aide à domicile confrontés à de grandes difficultés financières. Les besoins des établissements d’hébergement des aidants familiaux resteront en attente, etc.
Pour l’UCR-FO, il ne fait pas de doute que sous le prétexte de la crise économique et de la limitation de la dette publique, cette position traduit une démarche politique d’opportunité consistant à repousser après les échéances électorales des décisions impopulaires qui pourraient heurter les futurs électeurs.
Tel serait le cas si les mesures en préparation consistaient à ne plus maintenir la même hauteur de prise en charge qu’aujourd’hui et à gommer les financements basés sur la solidarité pour privilégier des solutions reposant sur le développement des assurances individuelles.
La grande réforme de la dépendance est ajournée mais le combat de l’UCR-FO pour la prise en charge de la perte d’autonomie dans le cadre de la Sécurité sociale continue.
C’est dans cette perspective que le Bureau de l’UCR a lancé une campagne en direction des parlementaires sur la prise en charge de la dépendance, sous forme d’une «lettre-pétition» rappelant nos revendications et nos positions.
Nous invitons tous les retraités à se joindre à cette campagne et à reprendre le modèle de cette «lettre pétition» reproduit en page 16 pour l’adresser aux députés et sénateurs de leur département.
Le catalogue des mesures iniques prises à l’encontre des retraités ne s’arrête pas à l’ajournement du chantier sur la dépendance.
Le doublement de la taxation des mutuelles et de façon générale des contrats de santé solidaires et responsables, qui passe de 3,5% à 7%, touche lourdement retraités. Assurés le plus souvent individuellement, les retraités ne bénéficient pas des prises en charge patronales dans le cadre des contrats souscrits par les entreprises pour leurs salariés Cette sur taxation qui sera inéluctablement répercutée sur les tarifs des couvertures complémentaires santé, accentuera les difficultés d’accès aux soins d’un grand nombre de retraités qui ne pourront supporter ces coûts supplémentaires et se trouveront contraints de renoncer à leur mutuelle ou de souscrire de moindres garanties.
Nous avons interviewé sur ce sujet un camarade, ancien membre du bureau de l’UCR, Président d’une mutuelle au sein d’un grand groupe de protection sociale pour qu’il nous fasse part de son point de vue sur cette question.
Dans le cadre de la chasse aux soi disant niches fiscales et sociales, les projets menaçant de mettre à mal le pouvoir d’achat des retraités ne manquent pas. Le rapport sur «l’évaluation des dépenses sociales et des niches fiscales» a passé au crible 538 mesures.
Parmi elles, on relève ainsi le projet d’augmentation de la contribution sociale généralisée sur les retraites dont le taux augmenté pour l’aligner sur celui des actifs. L'idée selon laquelle les retraités sont des nantis qu’il faut mettre à contribution continue de faire son chemin. Même si Bercy a pour l’heure pris la décision de ne pas remettre en cause l’abattement fiscal de 10% sur le montant des retraites et pensions pour le calcul de l’impôt sur le revenu, il ne fait pas de doute la disposition restera dans les esprits. Il en est de même pour les mesures fiscales relatives aux services à la personne que le gouvernement semble dans l’immédiat vouloir épargner.
De surcroît, en matière de protection sociale, pour l’UCR-FO la crainte est grande que le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2012 soit porteur d’autres atteintes aux droits collectifs en matière de protection sociale et d’accès aux soins de santé.
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