Universités : l'autonomie, antichambre de l'austérité budgétaire
févr. 03
Themes: Vie économique, Formation
Malgré deux séances, dont une boycottée, le CNESER a rendu un avis défavorable, la quasi-totalité des syndicats considérant que le budget 2012 acculait les établissements à la pénurie.
Instance représentative et consultative du monde universitaire, le Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (CNESER) a rejeté le budget 2012, avec une hausse de 1,2% –moins que l’inflation– des moyens de fonctionnement des universités, qui augmentent beaucoup moins que les années précédentes. Le 16 janvier, la séance plénière convoquée par le ministère a été boycottée par la quasi-totalité des syndicats d’enseignants-chercheurs et par l’UNEF, «en signe de profonde réprobation et de colère» et, faute de quorum, a dû être reportée au 23 janvier.
Ce jour-là, avec une motion commune des syndicats adoptée par 32 voix pour, 3 contre et 5 abstensions, le CNESER a rendu un avis défavorable sur ce budget.
Le matin, dans un entretien à La Tribune, Laurent Wauquiez, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, affirmait que «le maximum» avait été fait par l’État, accusant les Régions de diminuer les crédits. Il hérite d’une situation créée par son prédécesseur, Valérie Pécresse, et par la loi LRU d’août 2007 relative aux «libertés et responsabilités des universités» ou, plus exactement, à leur autonomie.Dans leur déclaration au CNESER, les représentants du SNPREES FO ont rappelé comment cela avait conduit à «l’instauration du budget global incluant la masse salariale, la dévolution du patrimoine, la possibilité de se restructurer en pôles de dimension internationale, de lever des fonds privés». Sauf que l’université française n’a pas la tradition anglo-saxonne, les entreprises non plus, et leurs dons, quand ils existent, sont très faibles, «juste pour se payer un ticket d’entrée» au conseil d’administration, ironise FO.
Quant à la motion commune des syndicats, elle considère que le budget 2012 «ne répond pas aux besoins du service public d’enseignement supérieur et de recherche et ne lui permet pas de remplir ses missions », et qu’il conduit les établissements à «gérer la pénurie» avec plus de précarité et moins d’heures d’enseignement. Face au désengagement de l’État et contrairement aux lycées et collèges, l’enseignement supérieur ne figure pas dans lescompétences obligatoires des Régions.
Si le ministère fustige celles qui réduisent les crédits, telles que l’Auvergne (42%), le Languedoc-Roussillon (37%) ou encore la Bourgogne (13%), il oublie de dire que les restrictions budgétaires obligent les universités à faire des coupes dans la colonne fonctionnement. Ainsi, Toulouse 3 envisage de «réduire la voilure» dans ses heures d’enseignement, Rennes 1 de geler une trentaine de postes d’enseignantschercheurs, Pau et les Pays de l’Adour de remplacer des fonctionnaires par des contractuels, moins bien payés. Une déclinaison de la Révision générale des politiques publiques à l’université, en quelque sorte.
source: FO Hebdo
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