Un "bilan de santé" guère reluisant !
janv. 18
Themes: Vie économique, Protection sociale
Au fil des ans et des plans mis en œuvre par les gouvernements successifs pour « remédier » aux déficits récurrents de la sécurité sociale, nous nous sommes faits régulièrement l’écho des préoccupations et des inquiétudes croissantes que chacun pouvait légitimement exprimer sur le devenir de notre système de santé.
Et en dépit des déclarations d’intentions qui avaient pu être formulées, force est de constater que le « bilan de santé » du quinquennat qui s’achève n’est guère reluisant : Remboursements de l’assurance maladie en constante régression , franchises et forfaits sur les médicaments , les actes médicaux et para médicaux, les transports sanitaires, augmentations du forfait hospitalier, dépassements d’honoraires de toutes sortes, hôpitaux publics fragilisés au profit des cliniques privées à but lucratif, désertification médicale de certaines régions, réforme de la prise en charge de la perte d’autonomie reportée sine die, et pour couronner le tout, une taxation sans précédent des complémentaires santé.
Comment s’étonner, dans un tel contexte, que les inégalités concernant l’accès de tous à des soins de qualité se développent et que de plus en plus de nos concitoyens diffèrent ou renoncent à se soigner (voire parfois à se payer une complémentaire santé) pour des raisons financières. Les différents rapports ou études publiées ces derniers mois ne font hélas que confirmer le sentiment que nous pouvions avoir.
Aussi était il important que la Mutualité Française contribue activement à la sensibilisation et à la mobilisation sur l’avenir de notre système de santé et de son financement , en affirmant sa volonté de défendre des orientations pour un système de santé plus juste, plus efficace et plus pérenne, alors que se profile le retour en force de l’idée d’une TVA qui n’aurait de social que le nom et qui conduirait, une fois de plus , à un transfert de charges des entreprise sur les ménages.
Le débat sur la protection sociale, tout comme celui de la fiscalité * (justice fiscale et justice sociale étant étroitement liée) ne peut être escamoté ou donner lieu à instrumentalisation à la veille d’échéances électorales qui devraient mettre clairement les enjeux de société au centre des débats.
En ce début d’année 2012 que nous souhaitons la meilleure possible pour chacun(e) d’entre vous et vos proches, si, somme le disait le moraliste Joseph Joubert : « l’espérance est un emprunt fait au bonheur », formulons ensemble l’espoir d’être écoutés et entendus !
*pour mémoire et à titre d’exemple il est intéressant de rappeler que le taux de prélèvement de la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu est passée de 56,8% en 1996 à 41% en 2011 et que d’après certaines sources, la différence de rendement sur les revenus déclarés au titre de 2009 représenterait autour de 15 milliards d’euros, soit pratiquement l’équivalent des deux plans « d’austérité »….Soyez le premier à réagir
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