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Santé : Les atouts et les faiblesses du système français

nov. 21

par Jacky Lesueur Theme: Protection sociale

La France est épinglée dans le dernier panorama santé de l’OCDE (*) pour sa forte consommation d’antibiotiques, d’alcool et de tabac. Le système de santé français reste toutefois un des plus performants.

État de santé des populations, facteurs de risque, dépenses de santé, accès aux soins, qualité des soins et performances des systèmes de santé : le panorama de la santé 2017 de l’OCDE compare l’efficacité des systèmes de santé des trente-cinq pays membres de l’organisation à l’aide dix-neuf indicateurs. Le rapport publié le 10 novembre par l’organisation fait état d’un bon niveau global de santé en France.

Une espérance de vie supérieure à la moyenne

En témoigne par exemple une espérance de vie supérieure à la moyenne des pays de l’OCDE qui s’établit à 80,6 ans, La France arrive en sixième position de la zone OCDE, avec une espérance de vie moyenne de 82,4 ans. Les pays où l’on vit le plus vieux sont le Japon (83,9 ans), L’Espagne et la Suisse (83 ans).

L’augmentation de la durée de la vie s’accompagne toutefois d’une hausse des maladies mentales et chroniques – 20 pour 1 000 habitants en France contre 15 dans l’ensemble de l’OCDE, car la population française est plus âgée.

Reste à charge parmi les plus faibles

L’OCDE met aussi au crédit de la France des dépenses à la charge des patients parmi les plus faibles au sein de la zone OCDE, grâce à la Sécurité sociale et aux complémentaires santé.

Ces dépenses à la charge des patients ne représentent en France que 7% des dépenses totales de santé, souligne l’étude. Un montant à comparer aux 20% de dépenses de santé qui ne sont pas remboursés aux patients dans l’ensemble de la zone OCDE, ou aux 40% de dépenses qui restent à la charge des habitants en Lettonie ou au Mexique.

4% de la population sans complémentaire santé

En dépit de ses qualités, le système français reste cependant inégalitaire. Environ 4% de la population n’a pas de complémentaire santé et le renoncement aux soins reste élevé chez les plus pauvres.

Le rapport de l’OCDE attire surtout l’attention sur les faiblesses de la France en matière de tabagisme, de consommation d’alcool et d’antibiotiques.

22% de fumeurs en France

22% de la population française fume, contre 18% en moyenne dans les pays de l’OCDE. Parmi les adolescents de quinze ans, ils sont 19% à fumer au moins une fois par semaine, contre 12% dans les autres pays.

La France dépasse aussi allègrement la moyenne de consommation d’alcool dans la zone OCDE, déjà plutôt élevée. Celle-ci s’établit en moyenne à 9 litres d’alcool pur par personne et par an, ce qui correspond environ à 100 litres de vin par personne et par an.

133 litres de vin par an et par habitant

Les Français consomment quant à eux 133 litres de vin par habitant en un an (11,9 litres d’alcool pur par personne et par an). Ils sont ainsi les quatrièmes plus gros consommateurs d’alcool de la zone OCDE.

Les Français ont aussi trop recours aux antibiotiques. L’Hexagone en est le deuxième plus gros consommateur au sein des pays de l’OCDE. Les Français utilisent deux fois plus ces molécules que l’Allemagne, et trois fois plus que les Pays-Bas. Au mépris de la résistance microbienne, qui fait pourtant 13 000 morts par an en France.

(*)Le panorama de la santé : http://www.oecd-ilibrary.org/social-issues-migration-health/panorama-de-la-sante-2017_health_glance-2017-fr;jsessionid=9rc4tjqei7ofq.x-oecd-live-03 

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26 jours

L'analyse de la Mutualité Française

par Françoise Lemaulf

Au cours des dernières décennies, trois grands facteurs ont contribué à l'allongement de l'espérance de vie : des modes de vie plus sains, des revenus plus élevés et de meilleurs niveaux d'éducation. Dans un nouveau rapport, l'OCDE souligne également le rôle joué par l'amélioration des soins de santé. L'édition 2017 du Panorama de la santé indique que depuis 1970 l'espérance de vie à la naissance a progressé de plus de 10 ans dans tous les pays de l'OCDE pour atteindre une valeur moyenne de 80.6 ans. Dans la zone OCDE, l'espérance de vie à la naissance la plus élevée est relevée au Japon (83.9 ans), suivi par l'Espagne et la Suisse (83 ans dans les deux cas), les niveaux les plus faibles étant recensés en Lettonie (74.6 ans) et au Mexique (75 ans). Une nouvelle analyse présentée dans ce rapport indique par ailleurs qu'une diminution de moitié des taux de tabagisme et de la consommation d'alcool se traduirait par un gain d'espérance de vie de 13 mois. Dans le même sens, une hausse de 10% des dépenses de santé par habitant en termes réels ajouterait en moyenne 3.5 mois à l'espérance de vie. Cependant, ces gains ne dépendent pas uniquement de l'importance des dépenses de santé, mais aussi de la manière dont les ressources sont employées. On observe ainsi que le lien unissant évolution des dépenses de santé et niveaux d'espérance de vie varie fortement : par exemple, les États-Unis ont bien plus augmenté leurs dépenses de santé que d'autres pays depuis 1995, mais ont enregistré des gains d'espérance de vie plus faibles. En moyenne, les dépenses de santé par habitant ont progressé d'environ 1.4% par an depuis 2009, contre 3.6% par an au cours des six années qui avaient précédé. Ces dépenses sont aujourd'hui proches, en moyenne, de 4 000 USD par habitant et par an. C'est aux États-Unis que les dépenses sont les plus élevées : avec 9 892 USD par habitant, elles représentent 17.2% du PIB. Les dépenses de santé sont également supérieures ou égales à 11% du PIB en Suisse, en Allemagne, en Suède et en France. La réduction des dépenses à faible valeur ajoutée est essentielle pour maximiser les résultats des ressources publiques consacrées à la santé, et le Panorama de la santé décrit plusieurs domaines pour lesquels l'efficacité pourrait être renforcée. À titre d'exemple : La plupart des pays de l'OCDE ont réalisé des économies en développant l'utilisation des médicaments génériques, qui représentent aujourd'hui plus de 75% des ventes en volume de produits pharmaceutiques aux États-Unis, au Chili, en Allemagne, en Nouvelle-Zélande et au Royaume-Uni, contre moins de 25% au Luxembourg, en Italie, en Suisse et en Grèce. Les antibiotiques ne devraient être prescrits qu'en cas de nécessité impérative, or leur utilisation varie du simple au triple, voire plus, suivant les pays. En particulier, la Grèce et la France déclarent en ce domaine des volumes largement supérieurs à la moyenne de l'OCDE. La prise en charge des interventions chirurgicales mineures en ambulatoire (sans nuit d'hospitalisation) est aujourd'hui courante dans la plupart des pays de l'OCDE. Par exemple, 90% ou plus des opérations de la cataracte sont désormais assurées en chirurgie ambulatoire dans 20 des 28 pays de l'OCDE ayant fourni des données comparables. Ce taux reste néanmoins inférieur à 60% en Pologne, en Turquie, en Hongrie et en République slovaque. Le rapport souligne par ailleurs l'amélioration de la qualité des soins de santé : Plus de 80% des patients déclarent avoir un ressenti positif concernant le temps passé avec un médecin, la clarté des explications données et la manière dont ils ont été associés aux décisions médicales. Dans la plupart des pays de l'OCDE, les hospitalisations potentiellement évitables en lien avec des pathologies chroniques comme le diabète et l'asthme ont diminué, ce qui dénote une amélioration de la qualité des soins de santé primaires. Le nombre de morts causées par un infarctus du myocarde ou un accident vasculaire cérébral (AVC) est en recul. Les améliorations sont particulièrement marquantes en Finlande, pour les patients victimes d'un infarctus du myocarde, et en Australie, pour ceux victimes d'un AVC. Dans les pays de l'OCDE, les taux de survie à cinq ans sont de 85% pour le cancer du sein, et d'un peu plus de 60% pour les cancers du côlon et du rectum, les taux de survie s'améliorant dans la plupart des pays. Alors que les taux de tabagisme continuent de décroître, la lutte contre l'obésité et la consommation nocive d'alcool n'ont pas enregistré de succès significatifs, etcelle contre la pollution de l'air est souvent négligée : Les taux de tabagisme ont reculé dans la plupart des pays de l'OCDE, mais un adulte sur cinq environ reste un fumeur quotidien. Les taux les plus élevés sont recensés en Turquie, en Grèce et en Hongrie, et les plus faibles au Mexique. La consommation d'alcool a diminué depuis 2000 dans les pays de l'OCDE pris dans leur ensemble, mais elle a augmenté dans 13 pays sur la même période, dont la Belgique, l'Islande, la Lettonie et la Pologne. De plus, dans la région OCDE, un adulte sur cinq connaît régulièrement une suralcoolisation épisodique (binge drinking). Aujourd'hui, la proportion d'adultes en surpoids dans les pays de l'OCDE atteint 54%, dont 19% de personnes obèses. Les taux d'obésité sont supérieurs à 30% en Hongrie, en Nouvelle-Zélande, au Mexique et aux États-Unis.

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26 jours

La réaction de la Ministre de la Santé

par Jacky Lesueur

Dans un communiqué du 13 novembre... et prenant acte des résultats de la France dans le Panorama 2017 de la Santé portant sur les pays de l’OCDE, Agnès Buzyn souligne la correspondance de ses choix stratégiques avec les défis de santé publique que la France doit relever selon l’OCDE. Selon le rapport de l’OCDE publié vendredi 10 novembre 2017, l’espérance de vie en France atteint 82,4 ans, ce qui la place nettement au-dessus de la moyenne de l’OCDE (80,6 ans). Par ailleurs, seuls 7% des dépenses en santé en France reviennent à la charge des patients, ce qui constitue un des taux les plus faibles de l’OCDE. La haute qualité des soins dans notre pays est démontrée notamment par le taux de survie au cancer du côlon (63,7%, contre 62,8% en moyenne dans l’OCDE) et le faible taux de mortalité par crise cardiaque (39 pour 100.000 habitants contre 112 pour l’OCDE). La démographie médicale est quant à elle dans la moyenne de l’OCDE, et le nombre de lits d'hôpital y est nettement supérieur (6,1 lits pour 1000 habitants en France contre 4,7 lits en moyenne). La ministre se réjouit de ces indicateurs, qui attestent de la qualité de notre système de soins et de l’excellence des professionnels de santé. Le rapport met cependant en lumière un certain nombre de progrès à accomplir :  9% des enfants d'un an ne sont pas vaccinés contre la rougeole, contre une moyenne 5% dans les pays de l’OCDE. La France est également en avant-dernière position au sein de l’OCDE pour la vaccination infantile contre l’hépatite B. Ces chiffres confortent la décision d’Agnès Buzyn de rendre obligatoire au premier janvier 2018 les 8 vaccins de la petite enfance aujourd’hui recommandés, parmi lesquels les vaccins contre la rougeole contre l’hépatite B.  La prévalence du tabagisme en France est particulièrement préoccupante avec 19% des jeunes de 15 ans qui déclarent fumer au moins une fois par semaine (contre 12% en moyenne dans l’OCDE) et 22,4% de la population qui déclare fumer quotidiennement (18,4 % pour l’OCDE). Pour lutter contre le tabagisme, la ministre a annoncé la hausse progressive du prix du tabac visant à atteindre le paquet de cigarettes à 10 euros en 2020. Cette décision s’accompagne notamment de mesures renforcées de prévention et de lutte contre les trafics de contrebande qui trouveront leur place dans le cadre du renouvellement du Programme National de Réduction du Tabagisme (2014-2019).  La France se classe parmi les pays de l’OCDE consommant le plus d’alcool avec 11,9 litres d’alcool pur par an et par habitant, contre 9 litres en moyenne dans l’OCDE. Agnès Buzyn rappelle que 50 000 décès chaque année sont liés à l’alcool en France, et réaffirme que la prévention des maladies et des décès évitables est la priorité de sa Stratégie Nationale de Santé 2017-2022. Elle a notamment lancé, en septembre dernier, la campagne « Zéro alcool pendant la grossesse » et travaille actuellement à améliorer le pictogramme d’avertissement aux femmes enceintes sur les bouteilles d’alcool.  La durée de séjour moyenne à l’hôpital en France est la troisième plus élevée des pays de l’OCDE. La volonté affichée de la ministre d’encourager la médecine et la chirurgie ambulatoire, également inscrite dans le PLFSS 2018, correspond à la recommandation du rapport de diminuer le coût unitaire des interventions en raccourcissant la durée de séjour à l’hôpital. Agnès Buzyn réitère son objectif de porter d’ici 2022 la proportion des actes de médecine ambulatoire à 55 % et de chirurgie ambulatoire à 70 % contre respectivement 43 % et 54 % aujourd’hui.  Avec une utilisation de 45% supérieure à la moyenne des pays de l’OCDE (20 doses par jour pour 1000 habitants), la France est le deuxième pays à prescrire le plus d’antibiotiques dans l’OCDE (avec 30 doses par jour pour 1000 habitants). Ces chiffres confirment la nécessité de diminuer la consommation de médicaments en France, comme le prévoit le PLFSS 2018, et de lutter contre l’antibiorésistance qui est un sujet majeur de coopération entre la France et l’OMS.

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