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La France, mauvaise élève européenne en matière de création d’emploi

sept. 25

par Jacky Lesueur Themes: Vie économique, Emplois & compétences

En matière de croissance de l’emploi, la France fait plus de deux fois moins bien que la moyenne européenne. Dans le privé le nombre de création d’emploi ralentit et la fonction publique a perdu plus de 28 000 postes depuis un an. Une situation imputable au ralentissement de la croissance mais également à la politique du gouvernement Macron qui a plombé le pouvoir d’achat des Français. Dia Djabali, journaliste a fait le point pour la Revue FOH...

Les chiffres continuent d’être têtus. Selon l’Insee, le nombre de créations d’emploi est en chute libre. La création nette salariée au deuxième trimestre 2018 atteint le nombre de 12 500 contre 47 500 au premier trimestre 2018 et 104 000 fin 2017. Il faut remonter au 3e trimestre 2015 pour trouver un score inférieur.

La fonction publique paie un lourd tribut et perd 11 800 postes au deuxième semestre 2018, soient 13 100 emplois en moins depuis le début de l’année 2018 et 28 300 postes sur une année.

Les constats d’Eurostat ne sont guère plus encourageants. L’organisme indique qu’en matière de croissance de l’emploi, la France, qui fait plus de deux fois moins bien que la moyenne européenne, figure parmi les plus mauvais élèves des vingt-huit États membres. Même l’OCDE en a convenu : avec un taux d’emploi de 55,7 %, la France reste bien en deçà de la moyenne. Quant au taux de chômage : il se situe à 9,1 %, faisant figurer la France parmi les lanternes rouges de la zone euro avec l’Italie, l’Espagne et la Grèce.

Que signifient ces chiffres, au-delà de la sombre réalité que vivent les salariés et les personnes en recherche d’emploi ? Sans doute l’impasse devant laquelle se trouvent les politiques menées par le gouvernement Macron.

En matière de relance économique et de réduction du chômage deux visions principales s’affrontent. Selon que l’on applique l’une ou l’autre, les trajectoires fiscales et les politiques publiques ainsi que les négociations avec la Commission européenne diffèrent.

Première vision : la politique de la demande qui considère que pour relancer l’économie, il faut redonner du pouvoir d’achat aux ménages, par exemple en augmentant le Smic, le salaire des fonctionnaires et en augmentant les investissements publics et la consommation du secteur public.

La deuxième vision, intitulée politique de l’offre, considère que les entreprises sont à la source de la production de richesse et qu’il faut lever le plus possible les politiques fiscales et règlementaires qui pèseraient sur leur développement. C’est dans cet axe qu’ont été votées les réformes successives du Code du travail (lois Rebsamen et El Khomri) et les ordonnances Macron.

Des réformes qui ont précarisé le contrat de travail tout en mettant la pression sur les salariés pour qu’ils acceptent des rémunérations plus faibles. Après l’entrée en vigueur des ordonnances Macron, 90 % des 946 accords signés dans les entreprises de moins de 50 salariés ont porté sur des réorganisations du temps de travail ou des réductions salariales. Ce qui n’a toutefois pas empêché les employeurs d’abuser des CDD et de l’intérim qui, selon le ministère du Travail, représentent en 2017 90 % des embauches (52 % mission d’intérim, 41 % CDD, 7 % CDI).

La politique de l’offre multipliant les cadeaux fiscaux offerts aux plus aisés et aux entreprises tout en déprotégeant salariés et retraités aura eu comme conséquence de mettre en berne le pouvoir d’achat des Français. Après plusieurs trimestres de croissance, même si le ralentissement économique est général, il est deux fois plus marqué en France qu’en Europe.


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