IKEA N’EN A PAS FINI AVEC LES REVENDICATIONS SALARIALES
mars 02
Theme: Rémunération globale
La direction du groupe suédois a décidé jeudi d'appliquer unilatéralement ses propositions d’augmentation rejetées par la majorité des syndicats.
La direction a choisi de poursuivre l’affrontement au détriment de la négociation.
Les tensions sociales restent vives chez Ikea. Entamé il y a trois semaines par une grève inédite le conflit salarial est loin d’être terminé, assure FO dans un communiqué de ce jour, l’un des trois principaux syndicats à l’origine du mouvement.
Car, l’ultime réunion des négociations annuelles obligatoires (NAO) s'est conclue jeudi par un échec, FO, CGT et CFDT ayant rejeté les dernières propositions salariales des patrons d'Ikea France.
Quitte à dégrader un peu plus le climat social, ils ont décidé d'appliquer unilatéralement un accord minoritaire qui prévoit une augmentation collective limitée à 1% et une hausse individuelle au mérite également fixée à 1%, alors que les syndicats exigent au moins une hausse générale des salaires de 2%.
«On leur a donné plus d’une occasion de sortir de ce conflit par le haut», explique Dominique Nikonoff (FO). Mais rien n’y a fait, ni la médiation exercée par l’Inspection du travail des Yvelines, ni la révision à la baisse des revendications des syndicats qui réclamaient 4% au début des discussions. «Dès lors, force est de conclure que la direction préfère l’affrontement ou l’intimidation à la négociation», déplore le délégué syndical. Il en veut pour preuve «ses assignations répétées en référé après des occupations sporadiques de locaux administratifs par les salariés et auxquelles elle n’a pas donné suite devant le tribunal».
Ikea ne connaît pas pourtant la crise économique. En 2009, le bénéfice net du groupe a dépassé ainsi les 5 milliards d'euros et l’année 2010 s’annonce tout aussi florissante.
Mais, la direction n’en estime pas moins être allée au bout de ses efforts. Désormais, elle dit vouloir s’atteler à l'ouverture de «chantiers sur les conditions de travail».
Des discussions sur le volet social qui commence mercredi mais dont l’issue est très incertaine car les syndicats n’ont pas l’intention d’abandonner les revendications salariales. Ils doivent de nouveau se concerter pour décider d'éventuelles «actions» dans les prochains jours.
En attendant, le groupe essaie de préserver une prétendue image d’entreprise suédoise modèle auprès de l'opinion publique.
Pour ça, elle y a mis les moyens. Dès le premier jour de grève (le 13 février), Ikea a notamment acheté des mots-clés sur des mots-clés le célèbre moteur de recherche sur l’internet Google. En tapant «Ikea», « mouvement social» ou «grève », le site d’infos en ligne Rue89 s’est aperçu jeudi que l’association de ces locutions renvoie sur un lien commercial qui dirige l'internaute vers des communiqués adressés aux clients ou à la presse et postés sur le site internet de l'entreprise.
«Nous cherchons à maintenir notre réputation», a expliqué à Rue89 le dircom d’Ikea France. Sauf que, comme l’a fait remarquer un observateur, «un conflit se règle avec les instances représentatives du personnel, pas avec les clients».
source www.force-ouvriere.fr
Soyez le premier à réagir
Vous devez être membre pour commenter cet article.
Connectez vous ou Rejoignez nous ! (Inscription immédiate et gratuite)







