A propos des inégalités sociales en France dans le domaine de la santé...
févr. 21
Theme: Protection sociale
Dans son rapport de 2010 publié le 17 janvier 2011, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DRESS) confirme les inégalités sociales en France dans le domaine de santé.
Même si en matière de santé, la situation de la population française reste globalement satisfaisante, les disparités sociales apparaissent dès le plus jeune âge. On observe pourtant des évolutions favorables pour les objectifs spécifiques les concernant, en particulier une baisse de l’obésité et une amélioration de l’état de santé bucco-dentaire chez les plus jeunes.
Chez les adultes, les différences sociales sont plus marquées chez les hommes que chez les femmes. Les catégories socioprofessionnelles occupées par les hommes sont « très représentatives de leurs conditions de vie et dès lors liées à toutes sortes de déterminants de la santé ». Parmi les actifs, ce sont les ouvriers qui se disent le moins souvent en bonne santé.
Chez les femmes, les inégalités sociales sont moins marquées du fait du niveau de vie qui est davantage déterminé par la profession du conjoint.
En effet, le rapport met en évidence que le revenu détermine aussi le recours aux soins, principalement chez les personnes ne bénéficiant pas de couverture complémentaire. 15% de la population française déclare avoir renoncé à des soins pour des raisons financières au cours de l’année 2008, contre 14% en 2006 et 13% en 2004.
De son côté, l’ARS Ile de France dresse un « diagnostic » marqué par de très fortes inégalités.
Dans le cadre de l’élaboration d’un plan stratégique régional de santé, l’ARS Ile de France propose d’analyser les « forces et les faiblesses du système de santé francilien ».
Rendu public, cet état des lieux pointe du doigt le paradoxe des fortes inégalités sociales pour une « région riche, jeune et en bonne santé ».
Les disparités d'accès aux soins et de conditions de vie sont flagrantes d'un département à l'autre de la région Ile-de-France, mais également notables au sein d’un même département car les inégalités de santé recoupent les inégalités sociales.
Un habitant des Hauts-de-Seine vit en moyenne 2 ans de plus qu'un habitant de Seine-Saint- Denis ou de Seine-et-Marne.
En Seine-Saint-Denis, la mortalité infantile serait supérieure à la moyenne nationale, avec 5,4 cas pour 1.000 naissances, contre 3,6 cas pour 1.000 naissances dans toute la France. De mauvais chiffres directement liés à la pauvreté : chômeurs (11.4% d’actifs sans emploi), travailleurs pauvres (33,4 % d'enfants vivant dans un ménage pauvre contre 11,8 % dans le 78), familles en grande difficultés n'ont pas d'autres choix que de renoncer à se faire soigner.
L’espérance de vie est la plus basse en Seine-et-Marne : 77,4 ans pour les hommes, 83,5 ans pour les femmes, contre 79,9 ans pour les hommes dans le 92 et 85,6 ans pour les femmes dans le 78. Enfin, le taux de suicide le plus élevé est situé dans l'Essonne.
Source : ActuGIM Groupe Initiatives Mutuelles Février 2011
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