75 millions de jeunes au chômage dans le monde
juin 14
Themes: Vie économique, Emplois & compétences
Dans l’Union européenne, le nombre des 15-24 ans «ni en emploi, ni scolarisés, ni en formation» a fortement augmenté en quatre ans, indique l’Organisation internationale du travail.
Le taux mondial du chômage des jeunesreste bloqué au niveau atteint au pire moment de la crise en 2009 et, si rien n’est fait, il ne devrait pas redescendre
avant 2016 au moins, alerte l’OIT (Organisation internationale du travail) dans son rapport annuel «Tendances mondiales de l’emploi des jeunes», publié fin mai.
Près de 75 millions de jeunes de 15 à 24 ans sont aujourd’hui au chômage sur toute la planète, soit plus de 4 millions de plus qu’en 2007, ce qui porte le taux de chômage de cette tranche d’âge à 12,6%. Il atteint même 13,6% si l’on tient compte de ceux, (6,4 millions au total de par le monde) qui, découragés, ont abandonné la recherche d’un emploi ou ont décidé de la remettre à plus tard en rallongeant la durée de leurs études.
Les économies développées et les États membres de l’Union européenne en particulier figurent parmi les plus touchés par l’augmentation du chômage, note l’OIT. C’est aussi dans ces pays que «l’abandon du marché du travail provoqué par la crise économique» est le plus important.
L’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) chiffre le taux de chômage moyen des jeunes en Europe à plus de 20%. Il dépasse même les 40% en Grèce et en Espagne, mais aussi dans certaines zones de la Grande-Bretagne et de la France.
Dans l’ensemble des pays de l’Union européenne, souligne l’OIT, le nombre de jeunes «ni en emploi, ni scolarisés, ni en formation» a fortement augmenté depuis 2008, pour revenir à son niveau de 2000, soit 13,5% de la tranche d’âge. Le taux de chômage des jeunes a aussi fortement augmenté en Amérique latine,
dans les Caraïbes, en Asie du Sud, ainsi qu’en Afrique du Nord où il a bondi de 5% entre 2010 et 2011.
Dans les pays en voie de développement, une forte proportion de jeunes s’engagent dans des activités informelles (non déclarées et donc sans aucun droits collectifs, ni protection sociale, voire non rémunérées), notamment dans des entreprises ou des fermes familiales.
Dans les pays développés, les jeunes sont de plus en plus souvent embauchés avec des contrats atypiques, temporaires et/ou à temps partiel.
L’OIT cite l’exemple de l’Union européenne où l’emploi temporaire et à temps partiel a augmenté plus vite chez les jeunes que chez les adultes, et ce, dès avant la crise économique.
Il est temps, conclut l’OIT, «d’accorder la plus grande priorité aux politiques d’emploi des jeunes». Elle a ainsi fait de cette question un des points forts de sa conférence annuelle, qui se déroule actuellement à Genève.
Outre des «politiques et programmes actifs du marché du travail», comme «le développement des services publics de l’emploi, les subventions en faveur des salaires et de la formation, ou les réductions d’impôts pour inciter
les employeurs à embaucher des jeunes», l’OIT insiste sur la nécessité de mettre en place des politiques économiques tournées vers la croissance. «Les politiques d’austérité comme seule solution [...] conduisent à la stagnation économique, aux pertes d’emplois, à une protection sociale réduite et à des coûts humains gigantesques», a notamment déclaré le directeur de l’OIT, Juan Somavia, à l’ouverture de la conférence.
source: FO Hebdo
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