Quand l'oligarchie bureaucratique et
la classe politique se confondent avec la voyoucratie. Choquant, penseront
certains. Et pourtant, saviez-vous que le monopole de la Sécurité sociale est
abrogé par l'Europe depuis 1994.
En effet, eu égard aux directives européennes
92/49/CEE du Conseil du 18 juin 1992 et 92/96/CEE du Conseil du 10 novembre
1992, ce monopole n'existe plus.
Et pourtant, les Français ne le savent pas. Plus grave
encore, depuis toutes ces années, tout continue comme si de rien n'était. Mais
voilà, la notion de primauté de droit communautaire, aussi réelle soit elle,
par rapport au droit français est parfaitement ignorée et méprisée par la
classe politique française et ce, toutes tendances confondues, sans la moindre exception.
S'agissant donc de la fin du monopole de la Sécurité
sociale, je reprendrai ici quelques exemples d'agissements illégaux et de
propos mensongers tenus notamment par les politiques :
Le gouvernement, probablement soucieux de son image,
commença à transposer en 1994 les directives européennes en droit français,
mais que très partiellement rendant ainsi impossible l'application desdites
directives, empêchant dans les faits l'ouverture à la concurrence exigée par
ces mêmes directives et préservant par le fait même, en toute illégalité, le
monopole de la Sécurité sociale.
C'est seulement en 2001, suite aux menaces de la
Commission européenne de faire payer de lourdes amendes à l'État membre France,
que celui-ci transposa, dans leur intégralité, toutes les directives
assurances.
(Directives communautaires 92/49/CEE et 92/96/CEE,
complètement transposées dans le droit français par les lois N° 95-5 du 04
janvier 1994, N° 94-678 du 08 août 1994 et par l'ordonnance N° 2001-350 du 19
avril 2001, ratifiée par la loi N° 2001-624 du 17 juillet 2001).
L'exécutif de l'époque se garda bien de provoquer un
débat et un vote parlementaire. C'est ainsi que Jacques Chirac et Lionel Jospin
se contentèrent de recourir simplement à une ordonnance. Et c'est ainsi encore
que les directives européennes ne sont toujours pas appliquées. Pourtant elles
traitent du domaine de la Sécurité sociale ; Sécurité sociale en cessation de
paiement depuis de nombreuses années maintenant, en dépit de la hausse
constante des cotisations et de la diminution des prestations. Le budget social
du pays est supérieur au budget de l'état. Or, nul ne le vote, ni ne le
contrôle.
Il faut savoir également qu'en date du 26 septembre
2005, le Conseil d'État visant ces deux directives, confirma que les mutuelles
sont en concurrence pour la couverture des risques sociaux avec les autres
mutuelles, les institutions de prévoyance et les sociétés d'assurance
françaises ET européennes, désavouant ainsi le gouvernement français qui a osé
prétendre dans un communiqué du 22 octobre 2004, signé par MM. Douste-Blazy et
Bertrand que ces directives ne concernaient pas les régimes de sécurité sociale
des états membres de l'Union européenne, désavouant par la même occasion
Jean-François Copé qui dans le cadre de l'émission "Mots croisés",
s'était autorisé à soutenir devant Max Gallo que les directives ne concernaient
que les complémentaires et non les régimes généraux ; celui-ci ayant même eu
l'outrecuidance de préciser que ce qui concerne le régime général, c'est de la
compétence de chaque état.
Sauf que cet "éminent" politique a oublié
qu'en octobre 2000, le Parlement européen avait adopté une résolution invitant
la Commission européenne à examiner la possibilité d'un cadre pour les systèmes
complémentaires d'Assurance maladie, ce qui démontre bien qu'en 1992, les
complémentaires n'étaient pas concernées, mais bel et bien le régime général.
De même, dans l'émission "C dans l'air" ;
alors que Yves Calvi faisait remarquer à ses invités que la Sécurité sociale
avait perdu son monopole, le Professeur Bernard Debré s'est autorisé à déclarer
qu'il y avait une loi en France qui maintenait le monopole de la Sécurité
sociale. Sauf que le droit communautaire s'impose au droit français, comme au
droit de chaque État membre, ce que Debré de toute évidence avait oublié.
Autre exemple de la perfidie régnante au sein de la
classe politique, alors que Nicolas Sarkozy avait toujours affirmé qu'il ne
toucherait pas à la Sécurité sociale, il signa le 15 juillet 2004 avec
Douste-Blazy et Raffarin, alors Premier Ministre le décret 2004-693
officialisant l'abrogation du monopole de la Sécurité sociale. Le recours au
décret leur permettant, au même titre que Chirac et Jospin, d'éviter tout débat
et tout vote parlementaires.
De tels mensonges récurrents de la part de nos
politiques, rappelons-le toutes tendances confondues, nous permettent de
comprendre un peu mieux le comportement illégal des responsables DES différents
organismes de sécurité sociale.
Pour corroborer cette affirmation, entrons un peu plus
dans le détail et évoquons le cas des URSSAF (association relevant de la loi de
1901 ; association à but non lucratif) :
Si chez les médias, les langues commencent à se
délier, il faut savoir que depuis de nombreuses années maintenant, la Sécurité
sociale s'autorise à faire appel au système bancaire privé français et
étranger, pour éviter de devoir se déclarer en cessation de paiement. Si les
cotisants continuent à percevoir des prestations, c'est parce qu'il y a
intervention des banques.
L'URSSAF précisément. Il faut savoir que l'État ainsi
que les organismes publics sont obligés de recourir aux appels d'offres
européens pour tout ce qui concerne l'attribution des marchés de recouvrement
de la Sécurité sociale, et ce, depuis les directives 92/49/CEE et 92/96/CEE.
Ces appels d'offres doivent être publiés au Journal Officiel des Communautés Européennes. Dans les faits, il n'y a aucune trace de telles procédures dans le
journal officiel des Communautés Européennes.
Dès lors, force est de constater le caractère
parfaitement illégal de la situation des URSSAF au même titre que celle de la
classe politique qui font fi des contraintes que l'Union européenne fait peser
sur elles.
Comment vouloir l'Europe au point de l'imposer et la
dédaigner tout en même temps ?
Quoi qu'il en soit et quoi qu'en disent les politiques
ainsi que les directeurs de ces organismes de service public (sic), il est
possible, légalement parlant, de ne plus cotiser à la Sécurité sociale, mais
également auprès d'autres compagnies d'assurance. Ceci étant, les loups ne se
mangeant pas entre eux dit-on, il faut recourir à des compagnies étrangères. En
France, nos compagnies restent en "stand-by" (trop frileuses ou trop parties prenantes).
Ceci étant, et ceux qui ont passé le
"rubicon" ; (si je puis dire) le savent très bien, pour des
prestations égales, il leur est demandé au sein de ces compagnies des
cotisations qui sont jusqu'à 40% moins chères que celles réclamées par notre "chère" Sécu. Qui plus est, il n'y a plus lieu de recourir aux assurances complémentaires, plus de CSG, plus de CRDS...
Dès lors que ces compagnies n'entrent pas dans le
consensus politico-syndical qui remonte à l'origine de la Sécurité sociale en
France, c'est tout à fait logique.
Ceci étant encore, attendez-vous à entrer en conflit
avec les services de la Sécu qui n'acceptent pas que les cotisants agissent en
vertu de leurs droits européens, au même titre que cette contribution
déclenchera leur courroux. En effet, les services de la Sécu n'hésitent pas à
proférer des menaces à l'encontre de toute personne incitant à quitter la Sécu.
Pour ma part, j'interviens ici au titre de Président
de l'association "Agir" ; pour la Prévention des maladies
professionnelles. Mon intention n'est pas d'inciter, mais d'informer.
Néanmoins, si les services de la Sécu estiment qu'il y a incitation, alors
soit, j'attends droit dans mes bottes d'être informé d'une éventuelle plainte.