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Quand le monde de l'entreprise rencontre celui de la recherche en sciences humaines et sociales

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Rodolphe Helderlé le 21/11/11 à 10:42

Avez-vous déjà ouvert vos portes à des chercheurs en sciences humaines et sociales ? Racontez votre expérience.

Chercheurs, racontez comment vous avez eu l'occasion d'appréhender le monde de l'entreprise.

Quels sont les champs de recherche et selon quelles modalités ? 

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Laurent Samson le 27/11/11 à 19:30

entreprise et recherche en sciences humaines

J'ai eu souvent l'occasion d'accueillir des thésards en socio des organisations, psy ou ergonomie. Je garde un très bon souvenir d'une thèse en psychologie cognitive sur les opérations de routine et les erreurs humaines.

J'ai fait aprtie également d'un institut de recherche en organisation et fiabilité. J'essaie de me tenir à l'écoute des nouveaux travaux de recherche.

Néanmoins je reste assez mitigé. Je suis d'accord avec Geneviève pour constater que les entreprises cherchent des solutions clé en main et à court terme.

Je constate aussi qu'il existe un nombre considérable de chercheurs dans ce domaine et que les recherches n'ont pas (de mon point de vue mais je peux me tromper) apporté grand chose à part d'expliquer des phénomènes sociaux ou psycho-sociaux.

Certaines entreprises restent d'ailleurs assez méfiantes envers ce qu'elles appellent des sciences molles, étant gouvernées majoritairement par des ingénieurs ou des gestionnaires.

 


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Rodolphe Helderlé le 09/12/11 à 08:47

Trajectoires professionnelles et sciences molles

Avec toutes les formations au développement personnel, c'est bien d'une bonne dose de jus de sciences molles dont se nourissent les gestionnaires. Mais c'est clair qu'il vaut mieux encore être un gestionnaire qui se rééquilibre avec des extraits de sciences molles qu'un profil issus des sciences molles qui décide de verser dans la gestion...
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Geneviève Nicolas Bussat le 24/11/11 à 10:00

Une rencontre difficile ..

En qualité de psycho-sociologue, récement formée au Laboratoire de Changement social de Vincent de Gaulejac, il me semble que le monde del'entreprise et celui de la recherche ont parfois du mal à se rencontrer. L'entreprise est dans la demande de solutions, souvent court-termistes. La recherche est dans l'approfondissement des connaissances.

Le point de rencontre devrait être l'homme au travail et celui de sa santé, notamment psychique. Or les systèmes humains et psychiques sont complexes. Le comprendre et en extraire les éléments pour une amélioration demande du temps, qui parfois est trop compté ..


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Rodolphe Helderlé le 24/11/11 à 19:45

Des jalons visibles

Il faut s'efforcer de vulgariser périodiquement des jalons visibles sur le fil d'un travail de recherche. L'un n'empêche pas l'autre à mon sens. La volonté d'une direction de rendre visible rapidement des éléments susceptibles de permettre d'attendre la suite est normal. La recherche mérite de la mise en scène. Et oui, il fait en passer par là et ce n'est d'ailleurs pas plus mal. Non ?
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Denis Garnier le 22/11/11 à 23:30

L'ouvrier

Je ne suis pas chercheur scientifique, mais chercheur d'informations, d'éclairage pour comprendre le monde qui nous entoure. J'ai ouvert les portes des chercheurs parce qu'ils ont le temps d'observer,  l'intelligence de connecter des éléments que je rencontre tous les jours sans les voir. Le travail est un domaine complexe et le syndicaliste que je suis n'a pas, ou ne prend pas le temps de se poser pour apprendre et comprendre. Il est vrai que le salarié en difficulté ne nous laisse pas trop de temps. C'est en partant de la démarche de prévention que j'ai progressivement rencontré les chercheurs comme Gollac, Askenaszy, Davesies, Clot, Gaulejac, Daniellou et d'autres et ensuite les économistes, car aujourd'hui toutes les causes exogènes du mal-être au travail sont économiques.

La difficulté c'est de rester dans le réel. La théorie permet de comprendre, pas d'expliquer! Ce qu'il faut ensuite c'est traduire cette théorie dans l'approche de solutions qui permettent de faire évoluer dans le bon sens les situations. Observer pour comprendre, comprendre pour agir et à ce niveau les chercheurs sont indispensables.

 


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Claude Rismann le 05/12/11 à 15:43

L'ouvrier

En guise d'enrichissement de ce groupe de discussion, je me permets de partager le texte suivant, écrit par Patrick Bouvard et trouvé sur le site "RH info" :

Les chroniques de la vigilance ordinaire : Réjouissons-nous !!!28.11.2011 Patrick BouvardUne fois n’est pas coutume : je vais abandonner le ton critique inhérent à ces chroniques polémiques et rigolotes pour me faire l’écho admiratif d’un article publié dans La Tribune du 28 octobre 2011, sous la plume alerte de Sophie Péters. Le sujet peut en paraître surprenant ; il n’en reste pas moins que nombre de managers trouveraient, me semble-t-il, beaucoup de profit à tendre l’oreille. Jugez plutôt : « L'aphorisme d'Aristote « la nature a horreur du vide » n'a pas pris une ride. Déjà dans l'Antiquité, il provoquait un vertige instinctif sous la formule « horror vacui ». Au vu des nouveaux process et des reportings incessants, le monde de l'entreprise n'est pas en reste. » Outre que la référence à Aristote me réjouit – dans un monde plus enclin au spectacle audiovisuel permanent qu’à une culture philosophique essentielle – je trouve que le rapport aux pratiques actuelles de nombre d’entreprises est particulièrement bien vu. En effet, « Avec la crise, pas d'amélioration en vue : le vide n'a jamais été aussi plein. C'est la « meilleure » façon que les cadres ont trouvée pour gérer leur stress. Du contrôle, toujours plus de contrôle. Ainsi, on maintient un sentiment de maîtrise alors même que l'angoisse du chaos est à son maximum. » La messe est dite !Qu’on me comprenne bien : loin de moi l’idée d’affirmer que des actions engagées ne doivent pas être dûment suivies avec des indicateurs permettant d’en apprécier l’évolution et la satisfaction. Il ne s’agit pas de ça. Mais ce sont des actions qu’il faut contrôler, pas des personnes ! La frontière est peut-être floue pour un manager pressé ou inconséquent, mais certainement pas pour chacun de ses collaborateurs, devant endurer les caprices de cet esprit « petit chef ».Sophie Péters rapporte les propos éclairés d’Olivier Le Grand, responsable de la ligne de métier BNP Paribas Personal Investors, à la tête de Cortal Consors, qui « prône, en ces temps chahutés, de manager par le vide : “Ce n'est pas en renforçant son contrôle sur les équipes que l'on peut gérer les situations difficiles. On risque surtout de transmettre du stress et d'obtenir une soumission qui enlève aux individus toute capacité de réaction et, ce faisant, toute capacité créative. Mieux vaut aider les équipes à s'exprimer dans une démarche de cocréation pour mieux faire face aux crises. Donc laisser les individus remplir à leur façon leur domaine d'expertise et trouver leurs solutions. Une voie vers l'innovation. ” Cornegidouille ! Un homme intelligent en situation d’agir ! Chapeau bas ! Un tel discours, dans la pagaille actuelle, me rassérène profondément ! Comme quoi tout n’est peut-être pas perdu… ;-)La suite est grandiose : « Dans le management par le plein, on passe son temps à évaluer le panier du salarié comme on évaluerait celui de la ménagère pour s'assurer qu'il est lourd et cher. On y retrouve aussi le goût du pouvoir de quelques-uns, oracles modernes assis sur leurs dossiers de prévisions. Dans le management par le vide, au contraire, l'essentiel est que le chef ne fasse rien. Et qu'il puisse ainsi capter les signaux faibles venant de l'extérieur pour les amplifier à l'intérieur et les exploiter avec ses équipes. “L'avenir, tu n'as pas à le prévoir mais à le permettre”, disait Saint- Exupéry. » Après Aristote, voici Saint Exupéry : deux références fondamentales en une seule page d’un quotidien économique… On croit rêver ! Merci Sophie ! (Permettez que je vous appelle « Sophie », tant vos propos instillent instantanément le sens d’une proximité relevant de la « sophia » grecque : la sagesse !)C’est effectivement un comble, dans un modèle libéral où le sens de l’initiative est une valeur importante… que l’on en arrive à fliquer chacun dans les moindres détails, stérilisant l’esprit même de ce que c’est qu’« entreprendre ». Il faudrait donc « lever le pied sur la pédale du contrôle et du reporting (celle-ci servant essentiellement à rassurer les échelons supérieurs que tout le monde travaille), et faire confiance à ses collaborateurs pour leur laisser le temps d'analyser les évolutions extérieures, de déceler les affaires qu'il faut faire, mais aussi celles qu'il ne faut pas faire. »  Bien dit ! J’en connais même qui passent plus de temps à reporter qu’à travailler, nonobstant une fréquentation assidue des couloirs afin que tous puissent attester de leur présence zélée.La conclusion atteint des sommets de réflexion et de bon sens inattendus dans la presse d’entreprise : « La crise de la motivation est avant tout une crise du sens liée au primat du comment sur le pourquoi. Tant que les organisations s'obstineront dans cette direction, elles ne pourront prétendre à la motivation des gens qu'elles emploient. Elles ne feront que les occuper. Penser régler les problèmes de coopération en multipliant les procédures et les injonctions est une voie sans issue. Laisser un peu d'espace aux individus, un peu de vide, c'est un des leviers de la coopération. À une condition : que la confiance soit de la partie, ingrédient le plus efficace dès lors que l'on fait face à une situation exigeant de la coordination non programmée ». Que voulez-vous que je vous dise : j’en suis baba !Et l’épilogue touche à la perfection : « Là encore il s'agit de baisser la garde et se souvenir de la phrase du maréchal Lyautey : “Quand les talons claquent, l'esprit se vide” ». Voilà de quoi se sentir mieux dans ses pompes ! Non ?

Rien à ajouter !


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