Par
Zvi Galor >1992
Résumé :
Les syndicats essaient depuis longtemps de promouvoir le rétablissement
de coopératives parmi leurs membres. La plupart des tentatives faites
dans ce domaine au cours du siècle passé dans de nombreux pays du monde
ont échoué. Les tentatives d'établir des entreprises syndicales, dans le
but de profiter d'avantages aux travailleurs, n'ont pas toujours réussi
et, dans certains pays, comme par exemple en Israël et en Allemagne,
ces entreprises se trouvent confrontées à diverses difficultés. Cet
article tente de montrer et de décrire une autre possibilité d’établir
des entreprises syndicales. La création d'entreprises dans les cadres
des comités syndicaux (Comité d’entreprises en France, CE) offrant ses
services aux membres. - services de qualité - doit répondre aux attentes
des membres envers 1'organisation qui le représente.
- Etant donné que le texte a été écrit il y presque 20 ans, donc,
les données apportées sont de cette époque, mais les exemples sont
intemporelle, et sont recommandés à étudier.
1) Les syndicats et les coopératives
Les syndicats et les coopératives sont deux mouvements sociaux qui
furent fondés à la même époque et dans des buts similaires. Les deux
mouvements avaient pour but l’amélioration du niveau de vie de leurs
membres qui étaient surtout des ouvriers pauvres et exploités, payés à
la journée, et ce durant et après la révolution industrielle en Europe.
L'activité des deux mouvements fut généralement séparée, bien qu'il y
eût un grand nombre de manifestations de collaboration, surtout au cours
du 20ème siècle. L’idée centrale était que le pouvoir d'achat de
l’ouvrier est composé non seulement de son salaire direct et indirect,
mais aussi du prix des divers services et marchandises qu’il acquiert.
La diminution de ces prix équivaut donc essentiellement à une hausse net
du revenu de l'ouvrier (Orizet, 1951; ICA & ICFTU, 1966)
A la fin des années soixante et au début des années soixante-dix, un
effort spécial fut fait sur le plan international, en vue de définir les
relations entre les deux genres d’organisation. Le sujet fut traité
lors d'une série de conférences internationales qui eurent lieu sur
divers continents et qui furent organisées généralement par
L’Organisation Internationale du Travail. Lors d'une de ces conférences
qui eut lieu en Malaisie en 1966 (M.T.U.C, 1966, 5), la tentative fut
faite de définir les points de rencontre et les caractéristiques des
deux organisations. Le principe de base était que les deux mouvements
devaient collaborer; la question était comment devait se faire cette
collaboration. Le point de départ était que dans les pays en voie de
développement les coopératives sont des organisations promues,
supportées et contrôlées par les gouvernements. Les syndicats, par
contre, selon la supposition, sont généralement des organisations
indépendantes, fondées par les membres et libres du contrôle et de
l’influence du gouvernement. Ces suppositions, approuvées par les
participants à la dite conférence, ne sont pas correctes dans la plupart
des cas, en particulier dans de nombreux pays d'Afrique. Nous
connaissons de nombreux pays, sur d’autres continents également, dans
lesquels les syndicats sont contrôlés d'une manière ou d'une autre par
le gouvernement. La conférence proposa plusieurs alternatives: quels
devraient être les domaines de collaboration entre les syndicats et les
coopératives ? Les syndicats doivent-ils collaborer avec les
coopératives existantes ou établir de nouvelles coopératives parmi leurs
membres ? Les activités des coopératives doivent-elles dévier du cadre
convenu dans lequel elles opéraient jusqu'à la date de la conférence?
(M.T.U.C, 1966, 11) Les participants à la conférence prirent comme
supposition qu'il est facile pour les syndicats d’organiser des
coopératives parmi leurs membres, étant donné qu’il s’agit
d’organisation possédant les même caractéristiques, a savoir – loyauté
de plein gré du membre vis-à-vis de ses membres, visant a promouvoir le
niveau social des ces derniers. La réalité démontre que dans la plupart
de pays du Tiers-Monde, les coopératives fondées pour leurs membres ont
généralement complètement échoué.
Cette approche est de prime importance et, en effet de nombreux
syndicats sur divers continents, essayent de l’adopter et d’agir en
conséquence. Cette activité ne dépassa pas, en générale le stade des
déclarations, alors que sur le terrain, il n’y a pas eu beaucoup
d’exemples d’activités des syndicats dans le domaine de l’organisation
des habitants des régions rurales (I.L.O., 1967).
Un autre colloque eut lieu a Singapour en 1970. Ce colloque traitait,
lui aussi, du sujet de la collaboration existante ou éventuelle entre
les deux mouvement. Ici encore les participants reconnurent le fait que
les deux mouvement ont des buts communs (Schuster, 1973).
Les objectifs fondamentaux des syndicats aussi bien que des
coopératives sont, d’une part, la protection des intérêts des
économiquement faibles contre l’exploitation des intermédiaires et des
classes privilégiées et, d’autre part, la promotion de leurs intérêts
économiques et sociaux en leur inculquant un esprit de camaraderie,
d'aide de soi et d'action volontaire en vue de promouvoir leurs intérêts
économiques communs. Le Syndicat et le mouvement coopératif constituent
tous deux un terrain de formation au développement de l’initiative, de
la responsabilité et des activités démocratiques.
Ce colloque recommanda, en premier lieu, de concentrer les activités
des syndicats sur l’établissement de coopératives dans le domaine du
crédit et de l’épargne, des coopératives de production dans le secteur
agricole et artisanal, ainsi que des coopératives de coopératives de
consommation et de logements (B.I.T., 1976).
L’étudiant nigérien Samuel Olanian participant en 1980 au 44ème cours
international de l’institut Afro-Asiatique, a écrit dans son projet
final (Olaniyan, 1981), que de par son expérience personnelle et suite
aux connaissance acquises par ses études, il relève les caractéristiques
suivants qui sont communes aux syndicats et aux coopératives:
1) Défense des intérêts économiques et sociaux.
2) Amélioration des conditions de vie du travailleur.
3) Promotion des activités démocratiques, du volontariat et de l’entraide.
4) Moyens de promotion sociale et de développement économique.
5) Avancement vers une société industrielle.
6) Promotion de l’entraide et de la confiance en soi.
7) Encouragement de l’education et de la formation professionnelle des membres.
C’est la raison pour laquelle l’établissement de coopératives par les
syndicats peut aider les membres des syndicats dans les domaines
suivants:
a) Lutte contre les prix exagères sur le marché privé.
b) Contrefaçon de produits et d’aliments.
c) Publicité trompeuse.
d) Faux poids et mauvaise hygiène.
e) Création d'emplois.
Hans Munkner propose une autre possibilité de collaboration entre les
syndicats et les coopératives (Munkner, 1981). Son opinion se fonde sur
le fait que les deux organisations désirent promouvoir les intérêts
économiques et sociaux de groupes de revenu bas.
Un certain nombre de problèmes se posent pendant dans un te1 système
de relations entre les syndicats et les coopérative (Benjacov &
Louis, 1977). Tout d'abord le problème de base se posant entre les
ouvriers membres des syndicats, qui sont les consommateurs et désirent
acheter moins chers, et d’autre part, les ouvriers, membres des
coopératives de production, désireux naturellement de vendre leurs
produits au prix fort. Un autre problème se pose dans les coopératives,
surtout celles dans le domaine de la production et de services, qui
emploient des salaries. Nous sommes témoins ici d’un conflit d’intérêts
entre les membres propriétaires et les ouvriers salaries. Il existe dans
ces coopératives des relations entre employeurs et employés. Dans un
certain nombre de pays où il y a beaucoup de coopératives agricoles
fondées sur la plantation, ce système de relations de travail est très
répandu et les coopératives sont considérées comme des organisations qui
exploitent la main d’œuvre agricole.
Les résultats de recherches publiés durant les années quatre-vingt
parlent de bases de coopération possibles entre les syndicats et les
coopératives dans les secteurs suivants (Cantin, 1981; Enriquez, 1986).
a) La protection des emplois des salariés au moyen du développement des coopératives et du maintien de la situation présente.
b) La protection de la qualité de vie des salariés.
Un sommaire des diverses possibilités de relations entre les syndicats
et les coopératives donne les détails suivants que nous proposons.
Une première possibilité est celle d'une situation dans laquelle il n'y
a aucune relation entre les syndicats et les coopératives. Cette
situation existe dans de nombreux pays du monde entier depuis longtemps
et a commencé au siècle passe.
La deuxième possibilité est celle d'une situation dans laquelle il
existe un syndicat ainsi qu'une coopérative. La coopérative a des
membres ainsi que des salariés. Ces salariés sont organisés par le
syndicat dont ils sont membres. Les relations entre les deux
organisations existent donc au point de rencontre ou le syndicat
représente ses membres auprès de la coopérative, qui forme
1'organisation d'employeurs.
La troisième possibilité est celle du syndicat comprenant de nombreux
membres appartenant généralement à un secteur professionnel particulier.
Le syndicat organise et fonde une coopérative parmi ses membres, en
général une coopérative de consommation, d’épargne et de crédit, où de
logement. La situation qui en résulte est que les membres de la
coopérative sont aussi membres du syndicat, alors que les membres du
syndicat ne sont pas tous membres de la coopérative Cet état de chose
présente deux possibilités secondaires. La première est une situation ou
dans une entreprise particulière tous les ouvriers sont organisés au
sein d’un même syndicat et sont tous membres de la coopérative qu’ils
ont fondée. La deuxième est une situation où, dans une certain
entreprise, une partie des ouvriers sont organisés par le syndicat,
alors qu’une autre partie ne l’est pas. Il est possible de fonder une
coopérative parmi des ouvriers organisés et d’y ajouter des membres
non-organisés. Cette situation peut encourager des ouvriers
supplémentaires à joindre le syndicat.
Une quatrième Possibilité est celle d’un syndicat avec un grand nombre
de membres. Certains de ces membres prennent l’initiative de fonder une
coopérative. Il est probable que d’autres personnes qui ne sont pas
membres du syndicat et ne sont du même métier, viennent se joindre à la
coopérative. La situation qui en déroule est celle où la coopérative
comprend des membres du syndicat et des membres qui n'ont aucun rapport
avec le syndicat. La coopérative se fonde plus sur des données
géographiques et communautaires que sur le dénominateur commun du même
métier ou de la même industrie.
La cinquième possibilité comprend la situation dans laquelle le
syndicat organise, pour ses membres où une partie d'entre eux, une
coopérative et parfois plus d'une, avec diverses fonctions. Il en
résulte une situation où la gestion du syndicat se présente ainsi: le
secrétaire général du syndicat possède une position plus élevée que le
secrétaire général de la coopérative, alors que le secrétaire général de
la coopérative est élu parmi les membres de la coopérative et n'est
responsable qu'envers eux et non devant le secrétaire général du
syndicat. Cette situation entraîne de nombreux conflits entre les deux
instances de gestion, avec pour résultat 1'échec des coopératives.
Une sixième possibilité comprend la situation dans laquelle le syndicat
fonde diverses entreprises pour ses membres. Les entreprises sont la
propriété du syndicat; elles sont gérées par les personnes nommées par
les institutions du syndicat et dépendent de leur autorité. Les
entreprises sont établies pour le bien de tous les membres du syndicat
et le droit de se servir de leurs services ne dépend pas du fait d'être
membre d’une organisation ou d'une autre, mais seulement du fait que le
particulier est membre d'un syndicat. C'est la un modèle éventuel qui a
déjà été établi à divers endroits et il est possible qu'il soit
également adéquat pour les pays en voie de développement.
3) Aperçu historique des relations syndicats-coopératives
L'histoire des relations et des activités des syndicats et des
coopératives commence durant la première moitié du 19ème siècle. Suite à
1'industrialisation de 1'Europe, les tentatives d'activités communes
aux syndicats et aux coopératives commencent elles aussi à la même
époque. Nous tenterons de donner un aperçu des divers événements se
rapportant à 1'activité commune des deux organisations à partir de cette
période et jusqu'à nos jours.
La célèbre coopérative de consommation des pionniers de Rochdale en
Angleterre n'est pas seulement la première coopérative de consommation,
mais aussi le premier exemple de la manière de laquelle les salariés
s'organisent en vue de fonder une coopérative qui pourra répondre à
leurs besoins et dont résulta 1'établissement de diverses entreprises
sociales (Levi, 1967).
En 1864. Ferdinand Lassale avançait l'idée que les syndicats devaient
agir en vue de 1'amélioration des conditions de vie de leurs membres
grâce à 1'établissement de coopératives de production. L'idée avait en
fait déjà été présentée en France par Proudhon et ses partisans en 1848
(Melvyn, 1967). Des tentatives de fonder des coopératives au moyen des
syndicats eurent lieu en Suède à partir du milieu et jusqu'à la fin du
19 ème siècle. Les syndicats tentèrent d'établir des coopératives de
production, de crédit, des caisses maladies ainsi que des coopératives
de consommation et de logement (Book. S.A. and Johansson, 1988). De
même, durant les années 70 du 19ème siècle, un certain nombre de
syndicats tentèrent d'établir des coopératives. Ces tentatives
échouèrent peu de temps après (Schuster, 1973, 16-17).
Un autre phénomène découvert par de nombreux chercheurs est que les
mouvements coopératif et syndical ont commence a partir d'une base
commune mais dont, après un certain temps, les voies divergèrent et se
développèrent sur des voies parallèles (Lambert, 1964; Bavin, 1972;
Levi, 1973; Benjacov & Louis, 1977).
Le début du 20ème siècle marque un certain revirement du développement
de la collaboration entre les syndicats et les coopératives, ou, plus
exactement, des initiatives de coopératives dans le cadre des syndicats.
En 1907 fut tenu à Oslo un Congrès du Mouvement Nordique du Travail. Le
Congrès considérait que les syndicats disposaient de trois activités
centrales. L'activité primaire : les négociations collectives avec les
employeurs pour 1'amélioration des conditions de travail des
travailleurs. La seconde activité, la création d'un parti politique dont
l’influence aidera a obtenir une amélioration du niveau social et de la
situation des ouvriers. La troisième activité: rétablissement de
coopératives afin de permettre aux travailleurs d'atteindre leurs
objectifs économiques (Stettner, 1979).
Le 20ème siècle marque également le développement d'initiatives de
coopératives par les syndicats aux Etats-Unis. Au début, les syndicats,
aux Etats-Unis, tentèrent de fonder des banques. Ils espéraient qu'au
moyen d'une banque leur appartenant, ils pourraient agir principalement
par 1'octroi de crédits aux employeurs qui se montreraient plus ouverts
aux syndicats.
D'autre part, ils prenaient en considération le refus éventuel
d'octroyer du crédit aux employeurs qui s'opposeraient aux syndicats. Un
autre de leurs objectifs était la création d un fonds d'assistance aux
syndicats durant les grèves. Les syndicats désiraient l’autodéfense et
la promotion de leurs intérêts (Dankert, 1949, 261-263). L'établissement
des banques fut accompagne d'un grand optimisme. Durant les années 20,
les syndicats étaient propriétaires de 36 banques. En 1929, avant la
crise économique, leur chiffre n'était plus que de 22 et en 1932, après
la crise, leur chiffre était tombé à 7. En 1942. il n'était plus que de 3
et en 1945, il fut fixé à 4 banques. Selon 1’opinion de l’auteur de la
dite étude, l’échec des banques fut du principalement au manque de
connaissances en matière de gestion des leaders des syndicats.
L'appartenance aux coopératives de logement entraîna leurs membres à
entreprendre des activités supplémentaires, comme un magasin coopératif
de consommation, une buanderie, des services de transport, de fourniture
d'électricité et de services de crédit. L'auteur conclut que les
syndicats réussirent partout où ils tentèrent de fonder des coopératives
de logement (Dankert, 1949, 264-265).
Un autre pays où se développèrent des coopératives appartenant aux
syndicats, est 1'Allemagne. Dans ce pays, les coopératives se
développèrent dans le cadre des syndicats mais aussi en parallèle, sans
rapport avec eux. Les coopératives au sein des syndicats se
développèrent surtout durant les années 20. Les syndicats firent de la
construction pour la vente ou la location. Une autre formule de
propriété fut, par exempte, les associations de pêche en haute mer,
appartenant aux syndicats, aux fédérations d'ouvriers et aux
municipalités des villes portuaires (Melvyn, 1967, 3).
4) Les entreprises syndicales
Les tentatives faites par les syndicats en vue d'établir des
coopératives pour leurs membres ne furent généralement pas couronnées de
succès. Là où les tentatives réussirent, un examen minutieux de ce qui
fut réalisé prouve que, en fait, les syndicats n'établirent pas des
coopératives mais plutôt des entreprises appartenant au syndicat. Ce
chapitre donnera un certain nombre d'exemples dans ce domaine.
Le premier pays que nous étudierons est Singapour, Les syndicats de
Singapour fondèrent des entreprises qui furent couronnées de succès. En
1970 fut présenté le premier rapport sur les raisons et les facteurs qui
avaient poussé les ouvriers de Singapour sur cette voie (Devan Nair,
1970, 95).
La voie choisie fut la tentative d’établir une base économique solide
pour les membres du syndicat (Devan Nair, 1970, 96-97). Suivent les
principes fondamentaux sur lesquels les syndicats basèrent
rétablissement de leurs entreprises économiques:
a) Les coopératives à fonder doivent être capables de faire concurrence aux entreprises privées.
b) II faut développer des entreprises dans des secteurs offrant des avantages pour les travailleurs.
c) II y aurait une seule autorité centrale pour toutes les entreprises économiques.
d) Une gestion efficace.
Afin de réaliser les objectifs mentionnés plus haut, les syndicats
comprenaient qu'il leur fallait employer des cadres d'employés de
premier rang. Un autre principe sur lequel ils insistèrent était que les
institutions élues des coopératives n'interviendraient pas dans la
gestion courante mais feraient fonction de contrôle. Les cadres de
gestion sont donc des professionnels de premier rang et non des membres
élus des coopératives.
La voie choisie par les syndicats de Singapour et qui, disent-ils,
était la voie la plus rapide et la plus efficace pour se procurer des
fonds, fut 1'établissement d'une coopérative d’assurance pour les
membres du syndicat (Devan Nair, 1970, 98-100). La coopérative
d’assurance "Income" fut un succès. Par 1'acquisition d'une police
d'assurance, on devenait membre. Les coopératives pouvaient elles aussi
devenir membres de "Income", ainsi que les divers syndicats affiliés à
la NTUC.
La NTUC est membre fondateur aux droits particuliers. Les syndicats et
la NTUC ont le contrôle absolu des diverses coopératives établies par la
NTUC. Dans son rapport de 1980, Devan Nair donne la liste suivante de
coopératives établies (Devan Nair, 1980):
Toutes les publications citées sur les coopératives à Singapour,
soulignent sans cesse qu'il s'agit de coopératives fondées par les
syndicats. Il nous semble que 1'analyse des droits de propriété de ces
institutions nous confirme la conclusion de Munkner (Munkner, 1981, 25),
qu'il s'agit là d'entreprises appartenant aux syndicats et non de
coopératives.
Le deuxième exemple d'entreprises appartenant aux syndicats nous vient
d'Allemagne. Leur histoire partage en deux périodes:
- La première période, durant laquelle furent développées des entreprises coopératives (de consommation et de production).
- La deuxième période, caractérisée par des entreprises appartenant aux
syndicats et au mouvement coopératif (Hesselbach, 1976, 18).
La première entreprise de ce genre fut la société d'assurance fondée
par le mouvement des coopératives de consommation, et par les syndicats
(Hesselbach, 1976, 27). L'entreprise du "Commonweal" est caractérisée
par son orientation visant à 1'intérêt public et au bien de tous. Les
profits de ces entreprises sont attribués à des objectifs servant les
intérêts communs de la société. Ces entreprises sont des unités
économiques individuelles dont les profits, et parfois la production
même, servent à 1'objectif même pour lequel 1'entreprise fut établie, ou
pour le bien d'une institution plus élevée ou celui de la communauté
(Hesselbach, 1976, 108-110).
Dès 1850 il y avait en Allemagne des institutions financières
appartenant aux travailleurs. L'auteur de l’étude conclut (Hesselbach,
1976, 82-95) que la plupart de ces institutions échouèrent. Elles
n'avaient pas assez de vitalité et étaient faibles du point de vue
bancaire.
Après la deuxième guerre mondiale, alors que les syndicats et les
coopératives de consommation commencèrent leur collaboration sur le plan
politique, ils décidèrent de fonder la Banque Commonweal avec un champ
d'activités bancaires plus étendu.
L'activité de la banque comprenait trois cercles:
Le cercle intérieur - "Banque Maison" des syndicats et des coopératives.
Le deuxième cercle - Activité d'affaires normales, ouverture de
nombreuses filiales, afin d'attirer des clients supplémentaires.
Le troisième cercle - Participation à 1'échelle nationale et
internationale à diverses institutions bancaires et de crédit
(Hesselbach, 1966).
Les syndicats d'autres pays européens développèrent, eux-aussi, leurs
propres entreprises. En Norvège, les syndicats sont propriétaires d'une
école par correspondance commune aux syndicats et aux coopératives. Ils
gèrent également un centre de recherche des syndicats. Les syndicats et
les coopératives sont propriétaires communs d'une société d'assurance et
possèdent une banque depuis 50 ans. Les syndicats agissent dans le
domaine du logement, d'organisations sociales, de services touristiques
et d'agences de voyage, 1'édition et des journaux ouvriers (Kopke,
1987b).
En Belgique, les syndicats chrétiens étaient propriétaires d'un centre
de formation et de loisirs, d'une caisse d'épargne et d'une banque,
d'une société d'assurance et d'agences de voyage (Kopke, 1987a).
5) Les coopératives des syndicats
Un groupe important parmi les membres du syndicat ayant été congédié
par le propriétaire de la mine après une grève au milieu des années 80.
et, à partir de 1987. un groupe de quelque 50 travailleurs congédiés
parmi les membres du syndicat s'organisa, acheta une presse et
entreprirent des travaux d'impression pour la vente. Les travailleurs
suivirent une formation professionnelle et s'organisèrent en
coopérative. Au début, ils travaillaient à mi-temps, par manque de
travail, et 11 y eut même des périodes durant lesquelles une partie des
membres furent envoyés travailler à l’extérieur. Selon un rapport qui
nous est parvenu (Kate, 1990), la situation des affaires s’était
améliorée en 1989, au point que tous 1es membres travaillaient dans la
coopérative dont la rentabilité était relativement bonne.
Un autre exemple en provenance d'Afrique du Sud est celui de la
coopérative de textile "Tiakeni". Cette coopérative de production fut,
elle aussi, fondée par des travailleurs congédiés de leur travail
(Collins, 1986).
Nous trouvons d'autres exemples de coopératives fondées par les
syndicats dans la région des Caraïbes. A Curaçao 60% de toutes les
coopératives de crédit furent établies par divers syndicats (Jansen,
1990, ע' 5). A Curaçao, il y a aussi 21 entreprises différentes, surtout
dans le secteur de la production, appartenant aux ouvriers qui y
travaillent. Le capital appartient pour la plus grande partie aux
syndicats et aux coopératives de crédit (Jansen, 1990, 9-10).
Une autre coopérative de crédit couronnée de succès est celle qui
existe dans la partie nord de Trinidad. La coopérative développa des
activités supplémentaires, comme par exemple: des crèches et des jardins
d'enfants. une coopérative de production et un centre de vente et de
mercatique de travaux d’artisanat, un projet de logement ainsi qu'un
centre de sports et d'enseignement (ECU, 1990, 52-53).
A Barbados aussi 11 y a une coopérative de crédit très réussie. Elle
compte des membres de quelque 60 syndicats et divers comités de
travailleurs. Le capital des épargnes des membres de 1'association
s'élève à près de 60 millions de dollars (BPWCCU, 1990).
6. Les entreprises des syndicats - Approche nouvelle
En général, un syndicat désireux et capable d’établir et de développer
des activités économiques et sociales pour ses membres, sortant
généralement du cadre de ses activités traditionnelles, se trouvera
confronté au problème de la gestion de ces nouvelles activités.
Les nombreux cas dans lesquels les syndicats tentèrent ce genre
d'activités, ils fondèrent des coopératives, ajoutant par là une
structure supplémentaire à la structure existante du syndicat.
La limitation des négociations collectives en ce qui concerne les
résultats que les syndicats sont en droit d'obtenir et ils en ont la
capacité, la limitation extrême des possibilités d'agir dans le cadre
des activités traditionnelles, entraînèrent, dans de nombreux pays, et
surtout dans les pays en voie de développement, à pratiquer 1'activité
non-négociante des syndicats qui offre des chances de procurer de
meilleurs résultats pour le bien des membres. Nous sommes témoins du
fait que des coopératives sont fondées par les syndicats mais souffrent
d'un certain nombre de problèmes. L'un des problèmes les plus graves est
celui de la lutte de pouvoir entre le secrétaire général du syndicat
qui, dans la plupart des cas, est l'un des membres de la coopérative
fondée par les membres de son syndicat et le secrétaire général ou
président de la coopérative qui, en général, est un des membres du
syndicat. Il est assez difficile, du point de vue psychologique, pour le
secrétaire général d'accepter la présence d'un centre de pouvoir
supplémentaire dans le cadre de son organisation et au sein de ses
membres. Un autre problème est celui des engagements financiers des
membres vis-à-vis de leur coopérative.
D'habitude, une personne désireuse de devenir membre de la coopérative
achète une part sociale avec son argent. Cette part sociale lui donne
le droit d'être membre de la coopérative (Galor, 1991). Dans de nombreux
cas, le membre ne possède pas assez d'argent liquide pour payer le
montant de cette part sociale. Dans la plupart des cas. le syndicat
finance pratiquement l’établissement de la coopérative. Le syndicat qui
paie pour 1'investissement, bien que ce soit au nom d'un membre, sent
qu'il possède des droits sur la coopérative fondée, c'est-à-dire que le
secrétaire général du syndicat est supérieur du secrétaire général de la
coopérative. Mieux encore, le fait que le membre ne paie qu'un montant
symbolique, c'est-à-dire presque rien, pour sa part sociale, mène
pratiquement à la brisure des liens entre le membre et la coopérative.
Du point de vue pratique elles forment une entité économique à part et
il n'y a aucun lien financier entre la coopérative et le membre, surtout
en ce qui concerne la politique visant à permettre à tout client d'y
faire ses achats, et non seulement les membres (Cercle d’étude, 1990a).
La question centrale se posant ici est la suivante: le syndicat doit-il
aspirer à une ligne générale visant à établir en son cadre des
coopératives, ou, au contraire, à établir des entreprises dont il est
propriétaire? Si la réponse à cette question est que les syndicats
doivent aspirer à rétablissement d'entreprises dont ils sont
propriétaires, nous devons nous demander quelles sont les entreprises
adéquates pour chaque syndicat. Une autre question qui se pose est de
savoir si les entreprises qui seront fondées doivent desservir les
membres du syndicat et de quelle manière. Supposons que le syndicat
établisse un magasin de consommation selon une politique de prix de
vente très bas spécialement pour les membres du syndicat. Il s'agit la
d'un exemple d'entreprise appartenant au syndicat desservant les membres
du syndicat. Le syndicat peut, par contre, fonder un autre genre
d'entreprise, par exemple une affaire commerciale ou une fabrique de
tout genre, en tant que seul propriétaire ou en tant qu'associé, le
membre ne profitant pas directement de ce procédé. Ce procédé est
généralement justifié par le fait qu'une entreprise qui réussit sur le
plan économique apporte au syndicat des revenus importants qui le
renforcent et le permettent d'agir à partir d'une position de pouvoir
pour le bien de ses membres, leur procurant ainsi des avantages
indirects. L'expérience a prouvé que le succès de cette approche a mené à
un renforcement économique des syndicats, au renforcement du leadership
du syndicat, entraînant d'autre part un éloignement du membre et
1'amenant, parfois, à enfreindre le système démocratique au sein du
syndicat.
Les entreprises syndicales développées par la Histadrout en Israël
n'existent plus, surtout après la crise économique que la Histadrout a
subie, qui l'ont amenait à vendre la plus grande partie de ses
entreprises.
La digramme suivant décrit la situation qui existait à la Histadrout,
en tant que modèle de la création d'entreprises socio-économiques par la
Histadrout à l'époque où elle en avait besoin.
Un autre problème auquel le syndicat se trouve confronté quand il fonde
des entreprises, est le danger de se transformer en employeur.
A côté d'entreprises économiques, le syndicat pourra également
développer un système d'entreprises sociales, dont 1'objectif sera en
général de pourvoir des services aux membres du syndicat. Il s'agit là
d'entreprises de la plus grande importance, dont 1'objectif principal
est de servir le membre. Ces entreprises ne pourront être fondées de
façon efficace sous forme de coopératives, mais plutôt comme entreprises
appartenant aux syndicats (Cercle d’étude, 1990b).
7) Entreprises du comité de travailleurs
L'expérience acquise dans le monde entier prouve que les coopératives
ainsi que les entreprises syndicales fondées par les syndicats, ont
parfois connu le succès, mais dans des cas très nombreux, elles
échouèrent. Il y a pourtant une catégorie d'entreprises de ce genre qui
ont connu beaucoup de succès dans le passé et jusqu'à ce jour. Un tel
exemple existe en Israël et son étude ne peut être que profitable.
De quoi s'agit-il? Nous parlons des activités de bien-être sociales et
économiques organisées par les comités de travailleurs dans diverses
entreprises et institutions. A 1'heure actuelle nous savons que les
coopératives de consommation en Israël ont pratiquement échoué en tant
que coopératives. Par contre, les magasins appartenant et gérés par les
comités de travailleurs pour le bien-être des ouvriers, connaissent
beaucoup de succès.
Le comité de travailleurs de la Compagnie d'Electricité en Israël, qui
compte plus de dix mille travailleurs. gère une chaîne de magasins ne
vendant leurs produits qu'aux travailleurs de la Compagnie
d'Electricité. Il nous faut expliquer ici que ce comité de travailleurs
n'est pas un syndicat. Dans une même entreprise, nous pouvons trouver
des milliers de travailleurs appartenant à divers syndicats mais
organisés tous au sein du même comité de travailleurs, comité qui forme
la représentation des travailleurs face à la direction de 1'entreprise.
Les activités du comité sont financées au moyen des contributions
mensuelles payées par tous les travailleurs. Le montant mensuel revenant
au comité est de 1% du salaire mensuel payé par 1'entreprise. Il faut
introduire ici un élément de base nouveau, celui de la participation de
1'employeur. Ce dernier paie généralement la moitié du montant mensuel,
alors que le travailleur paie le reste. Nous voyons comment 1’activité
traditionnelle (celle des négociations collectives) des syndicats peut
contribuer non seulement à 1'amélioration directe des conditions de
travail du travailleur, mais aussi à la participation financière de
l’employeur, aux activités économiques et sociales des travailleurs.
L'autorité des Aéroports et la Société "El Al", la compagnie aérienne
d'Israël, gèrent un magasin de consommation aux prix des plus bas pour
les employés de leurs sociétés. "Egged" et "Dan", deux coopératives de
transports publics, comptant ensemble l0.000 membres et travailleurs
salariés, gèrent une chaîne de magasins de consommation au service de
leurs travailleurs, aux prix particulièrement bas. Le comité de
travailleurs du consortium industriel "Koor" appartenant à la
Histadrout, gère une chaîne de magasins dans le pays entier. Le comité
de travailleurs du Ministère de la Défense gère un magasin de
consommation. Dans tous les exemples ci-dessus, le choix des produits
offerts aux membres est très vaste et à des prix de 10 à 30% de moins
que les prix de marché. Ces comités de travailleurs représentent des
entreprises où travaillent généralement des milliers de travailleurs
formant une public fidèle de consommateurs.
L'une des entreprises les plus réussies dans ce domaine d'activité est
la chaîne "CHAL". gérée par le comité des travailleurs des entreprises
de l’Industrie Aéronautique d'Israël, employant près de 15.000
travailleurs. Le chiffre d'affaires annuel des ventes de "CHAL" s'élève à
près de 35 millions de dollars. Les magasins sont localises dans les
diverses entreprises et ouverts durant un nombre d’heures limite chaque
jour. Ces magasins vendent des articles électroménagers, de
l’alimentation, des vêtements, des produits de nettoyage ainsi que de
nombreux autres produits. Ce qui caractérise cette entreprise est le
crédit particulièrement long accorde aux clients en plus des prix
particulièrement bas. Tout cela est possible grâce au grand volume de
marchandises achetées par le magasin permettant 1'obtention de prix et
de conditions de paiements dictés aux divers fournisseurs. Le taux
d’avarie annuel ne s'élève, à l’heure actuelle, qu'à 0.3%. L'objectif du
comité est d'importer lui-même les divers articles électroménagers.
réduisant par là le prix de vente au membre d’environ 30% (Yediot
Aharonot, 1990).
Un autre exemple de comité de travailleurs. extrêmement actif dans une
vaste gamme de produits et d'offres diverses a ses travailleurs est
celui du quartier général de la Histadrout et des ses institutions,
appelé "Vaad Hapoël" Dans une circulaire du 1.7.90, le président de la
commission de consommation du comité donne le détail des prix d'une
variété de produits offerts aux travailleurs, prouvant que leurs prix
sont moins chers de 10% à 20% que les produits équivalents, offerts par
les magasins des autres comités, sans parler des prix de marche plus
élevés de dizaines de pourcentage.
Les comités de travailleurs commencèrent leur activité sur le marché
des produits de consommation en raison de la tradition existant en
Israël d'offrir des cadeaux aux travailleurs deux fois par an. pour la
fête du Nouvel An et pour la Pâque Juive, ce cadeau étant financé en
partie par l’employeur. Le montant du cadeau, au cours des dernières
années, varie entre 50 et 300 shekels par travailleur, selon son lieu de
travail, la situation économique de l’employeur et la force du comité
des travailleurs. Un grand nombre de comités donnaient ces cadeaux, non
sous forme d argent liquide, mais plutôt en équivalent. Ainsi, les
comités de travailleurs furent-ils transformés en pouvoir d’achat
économique d'importance. Ils provoquèrent ainsi une concurrence entre
les fournisseurs offrant leurs produits, les invitant à se faire la
concurrence du point de vue de la qualité, des conditions de livraison,
de crédit et du prix. La valeur du chiffre d'affaires pour les cadeaux
de fête est estimé à des dizaines de millions de dollars par fête
(Hadashot, 1990).
Un autre exemple des activités des comités peut être trouvé auprès du
comité de travailleurs de la Société Bezeq - la compagnie israélienne
des téléphones. Le comité poursuit également des activités dans le
domaine du bien-être social. Le comité organise des excursions pour les
travailleurs et leurs familles pendant le week-end. Il organise aussi
des colonies de vacances pour les enfants des travailleurs. Au début de
chaque année scolaire il achète des fournitures scolaires pour les
enfants des travailleurs (Haretz, 1990).
Dans une circulaire du 1.2.90. la commission culturelle des
travailleurs du "Vaad Hapoël" annonce la vente de billets aux prix
réduits pour les théâtres israéliens. Les comités de travailleurs
achètent tous les billets de certaines représentations de théâtre, à des
prix particulièrement bas, destinés aux travailleurs. Il est aussi
possible de faire un abonnement et d'obtenir une grande réduction pour
1'achat de livres, de séries de livres et de livres de classe. Dans une
circulaire en date du 22.11.90, la commission culturelle des employés du
"Vaad Hapoël" annonce une série d'offres pour passer des vacances au
prix réduit dans les hôtels d'Eilat, avec des réductions allant jusqu'à
50%.
Un autre champ d'activité des comités de travailleurs est celui de
1'épargne et du crédit. En Israël, il n'y a pas de coopératives
d'épargne et de crédit. Il y avait des coopératives de ce genre il y a
plusieurs dizaines d'années, mais elles ont disparu à 1'heure actuelle
et n'existent plus. A 1'heure actuelle, le système bancaire offre aux
salariés - en Israël, pratiquement tous les salariés ont leur salaire
versé directement à leur compte en banque - la possibilité d'épargner et
d'obtenir des crédits au moyen du système bancaire. Les comités de
travailleurs développent pourtant des systèmes supplémentaires pour
1'épargne et le crédit. Ainsi par exemple, les employés du "Vaad Hapoël"
de la Histadrout a-t-il établi un fonds spécial où les travailleurs
peuvent épargner une certaine somme tous les mois pendant trois ans, et
obtenir ensuite un emprunt d'un montant de dix fois la somme épargnée,
en vue d'acheter une voiture. Le crédit est remboursable en trois ans.
Il s'agit là d'un excellent exemple d'épargne et de crédit en dehors
du cadre coopératif et au service des travailleurs. Les travailleurs
peuvent aussi obtenir des emprunts à des taux d'intérêt relativement bas
de leurs caisses de fonds de retraite. De nombreux comités de
travailleurs gèrent des caisses de mutuelles pour des emprunts. Le
comité de travailleurs de 1'école des cadres de la Histadrout, par
exemple, fonda une caisse spéciale, financée entièrement par
1'employeur. Chaque travailleur à son tour a 1e droit à un emprunt du
montant de son salaire mensuel, remboursable en un an par déductions de
son salaire. Ce fonds se finance lui-même et permet aux travailleurs
d'obtenir des emprunts de sommes peu importantes, sans intérêt, pour la
solution de problèmes urgents (Kamus, 1990).
8) Conclusion
Les syndicats tentent d'améliorer les conditions de travail et les
salaires de leurs membres. La voie traditionnelle a toujours été celle
des négociations collectives avec les employeurs, au moyen desquels les
travailleurs tentèrent d'obtenir le maximum d'avantages possibles des
employeurs. Cette voie est limitée en ce qui concerne les avantages
directs aux travailleurs. L’un des moyens de surmonter ce problème fut
que les syndicats se tournèrent vers des activités non-traditionnelles,
c’est-à-dire, non-négociantes, se fiant à leurs propres activités en vue
d'atteindre 1'amélioration des conditions de revenu de leurs membres.
La solution fut rétablissement de coopératives pour les membres des
syndicats ainsi que d'entreprises appartenant aux syndicats. Dans de
nombreux pays du monde, Il y a une séparation entre les activités
traditionnelles (les négociations collectives) et la voie
non-traditionnelles. Mais il ne devrait pas en être ainsi. Un syndicat
qui s'occupe bien de ses membres devrait faire participer l’employeur au
financement des diverses entreprises que le syndicat gère.
Dans le cadre des activités non-traditionnelles (activités non-
négociantes), nous savons d'expérience que les entreprises des
syndicats, ainsi que des coopératives qui furent établies par les
syndicats pour leurs membres, ont échoué dans de nombreuses parties du
monde. En fait le nombre des succès est bien plus bas que celui des cas
ou l’activité a échoue. Par contre, dans le cas d'entreprises fondées
par les comités de travailleurs, qui de par leur nature même sont des
institutions de plus petite envergure et bien plus homogènes, avec des
travailleurs aux intérêts plus ou moins identiques, et par le syndicat,
le nombre des succès est bien plus grand.
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