IL y a deux sujets dans votre remarque sur le temps de travail des conducteurs indépendants:
1- la réglementation routière (durée de conduite maximale avant un repos), qui s'impose à toute entreprise de transport et à tout conducteur professionnel.
2- la réglementation du travail (temps de travail) qui s'impose à tout "employeur".
Le travailleur indépendant n'est pas soumis à la problématique du "temps de travail", puisqu'il ne vends pas son "temps" à un employeur, mais uniquement une "prestation". A charge pour lui de la réaliser comme bon lui semble.
Faut-il créer une sujétion particulière pour les entreprises qui ont recours au travailleur indépendant (de plus en plus de chauffeurs se mettent en autoentreprise pour éviter les problèmes de non-déclaration et de travail clandestin de certains employeurs peu scrupuleux)? Je ne suis pas très loin de le penser. Notamment lorsque j'entends mes clients conducteurs m'expliquer leur métier...
Mais il faut être très vigilant sur ce type de réglementation. Car la frontière est mince (pas plus épaisse qu'un disque tachy...) entre le travail réellement indépendant et le travail subordonné à un employeur.
En définitive, peut-être faut-il considérer que le travailleur indépendant souscrit un nouveau type de contrat de travail, duquel il est retiré les conditions de licenciement et la question des charges sociales, mais sur lequel le "client", employeur de fait, conserve une responsabilité liée au respect de la réglementation sur le temps de travail et d'autres règles, type CHSCT, temps de conduite...
Bref, vous êtes pleinement dans le sujet. Et j'avoue que j'aimerais y être également;
Cordialement,
Ariel DAHAN, Avocat