Pour avoir participé à cette journée de conférence du 18 juin sur les
risques routiers professionnels, je regrette de ne pas avoir entendu
une seule fois les mots Vision, Vue ou Santé visuelle. L'oeil est
pourtant le premier vecteur d'information du conducteur dans cet
environnement à risque. Il est par conséquent impératif de fournir aux
salariés itinérants des équipements correcteurs de qualité (au même
titre que les véhicules), qui peuvent être également spécifiques
fonction des métiers. Des filtres de couleur pour la conduite de nuit
(générant une majorité d'accidents dans les activités de démarchage
commercial), des verres polarisants pour lutter contre l'éblouissement
et la réverbération, des verres progressifs spécifiques à la conduite
pour les populations presbytes, des verres anti-reflets pour tous,...
La médecine du travail joue un rôle prépondérant dans la détection et
l'identification de ces besoins et il relève bien de la responsabilité
de l'employeur que d'équiper ses salariés en conséquence. C'est par
ailleurs une source non négligeable de productivité. La santé visuelle
n'est effectivement pas une cause directe des accidents routiers
professionnels mais peut indéniablement contribuer à les limiter et
conforter les salariés dans l'idée que leur employeur les considère et
tient pour activité professionnelle cette activité de conduite...