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Les femmes au foyer comme disaient Landru, Benoît et ...Nicolas ?

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Richard Maupied le 09/06/09 à 18:04

Décidément, rien n’est jamais acquis surtout en matière de droits et de liberté.

Alors que notre pays reste honteusement un des plus retardataires en Europe sur l’égalité des droits entre les femmes et les hommes, une insidieuse pression se fait sur l’idée du retour de la femme au foyer.

Curieuse société qui   veut faire travailler les seniors jusqu’à 70 ans, emprisonner les enfants dès l’âge de 12 ans, surveiller leur comportement dès l’âge de 3 ans, ficher quasiment tous les citoyens et voir les femmes confinées dans des tâches purement domestiques.

On retrouve dans ce schéma à l’égard de nos compagnes, la même approche que celle des grandes religions et ce n’est pas un hasard  quand on relit les analyses du président de la République dans le livre qu’il a écrit en 2004 ; « La République, les religions, l’espérance ».

Alors que nous traversons une crise économique, dont on a prévu ni le début, ni l’ampleur et la durée, alors que se multiplient les plans de licenciements et alors enfin  qu’on a expulsé des entreprises la grande majorité des plus de 50 ans, il est bien tentant de renvoyer à la maison ces femmes qui ont osé vouloir travailler, elles aussi.

Peu importe qu’elles subissent déjà tout le poids des inégalités en terme de rémunération, de promotion sociale et de représentation. Peu importe qu’elles soient déjà les championnes du temps partiel imposé, ce qu’il faut, pour les néo conservateurs (vieux réacs, serait plus exact)  c’est un retour de ces dames au foyer, ce qui arrangerait bien les statistiques de l’emploi.

La difficulté pour les partisans du retour de la femme à la maison, c’est que la lutte contre les discriminations a pris de l’importance et qu’il est de plus en plus difficile de porter impunément atteinte aux droits des « minorités », surtout quand il s’agit en l’espèce de la moitié de l’humanité !

Alors comment faire ? 

Dans une interview récente, Elisabeth Badinter nous donne une des clés de la stratégie utilisée.

Elle nous rappelle que dans les années 90, il y a eu un retour en force du discours de certains pédopsychiatres affirmant que le placement en crèche d'enfants « trop jeunes » était nuisible à leur développement,

Dans le même temps, l'OMS et l'Unesco ont pris conjointement la décision de promouvoir l'allaitement. S'est ensuivie une pression incroyable exercée sur les jeunes mères pour qu'elles allaitent et restent à la maison. D'ailleurs, la critique de l'allaitement, le refus de s'y soumettre relèvent désormais de l'indicible. Comme s'il était entendu que les femmes refusant d'allaiter étaient forcément mal informées. On ne cesse d'abreuver les jeunes mères d'études scientifiques certifiant que l'allaitement les préservera du cancer du sein et de l'utérus et sera bien meilleur pour la santé de l'enfant comme pour son développement psychologique, social et intellectuel ! Les résultats de ces études ne sont pas tous confirmés, mais qu'importe, ils sont répercutés par les plus hantes  instances supranationales et jouissent par là même d'une crédibilité maximale.

Or Elisabeth Badinter rappelle que l'allaitement, c'est l'assignation à résidence des femmes. C'est un retour au début du XXe siècle et une annihilation de tous les progrès réalisés depuis quarante ans. Au nom de quoi ? D'un principe moral qui veut que l'on doive tout à l'enfant. Depuis la contraception, on fait un enfant quand on le désire, mais en contrepartie on lui doit tout.

 Et notamment d'accepter de vivre la vie de nos grand-mères au nom de son bien-être. L'allaitement ouvre sur une obligation de se soumettre à des pressions écologiques de plus en plus fortes. Couches lavables, refus des petits pots et de tout ce qui peut faciliter la vie des jeunes mères. L'artificiel est devenu diabolique.

La pression psychologique et sociale se fait d’autant plus ressentir que par ailleurs les femmes et le monde de l’entreprise ne vivent pas une aventure idyllique, c’est un euphémisme.

Les femmes des années 80 avaient le sentiment que leur vie professionnelle était assurée pour peu qu'elles s’engagent suffisamment. Bien entendu, cela ne les empêchait pas de se heurter à une discrimination spécifique en terme d’ascension sociale. Mais, en ce temps-là, les femmes croyaient quand même en leur avenir professionnel. Aujourd'hui, la confiance n'existe plus. La crise économique a modifié la valeur et l'image du travail. Les jeunes générations se vivent comme « jetables ».

 

Accepter d’être à nouveau réduite à la seule fonction maternelle serait une dramatique régression. Aujourd'hui, un couple sur deux divorce au bout de trois ans de vie commune. Comment feront ces jeunes femmes si elles souhaitent un jour quitter un mari ou un concubin dont elles dépendent financièrement ? On reviendrait à une problématique qui  justement les avait conduites à vouloir s’émanciper. La liberté ne se négocie pas.

Malgré quelques efforts législatifs, l’inégalité  femmes / hommes est toujours aussi inadmissible, notamment dans le monde professionnel. En témoignage, les quelques chiffres ci-dessous :

Les femmes, qui représentent 45% de la population active (11,2 millions) connaissent un taux de chômage de 9,1%, contre 7,8% pour les hommes (Ministère de l'Emploi, chiffres 2007).

Avec un salaire net annuel moyen de 18.730 euros dans le secteur privé et semi-public, les femmes gagnent globalement 20% de moins que les hommes (23.315 euros). L'écart est de 14% dans la fonction publique (Insee). Chez les cadres, les femmes gagnent 23% de moins que les hommes, chez les ouvriers 17% et chez les employés 7% (Insee).

La répartition des femmes et des hommes par métier, fonction, secteur et durée de travail est la source majeure de l’inégalité salariale entre les femmes et les hommes et le principal facteur de sa persistance. 75 % de l’écart des salaires proviennent des différences de structure des emplois, le facteur le plus important étant la durée de travail. Il apparaît tout de même qu’à mêmes durée du travail, formation, expérience et qualification professionnelle, région et secteur d’activité et poste de travail, les salaires masculins restent supérieurs d’environ 7 % aux salaires féminins.

Près de la moitié des femmes sont employées. Elles représentent ainsi 76% du nombre total d'employés, contre seulement 18% du nombre total d'ouvriers. Les deux tiers des postes de cadres du secteur privé sont occupés par des hommes, et moins de deux dirigeants sur dix sont des dirigeantes (Insee). Plus d'une femme sur dix (11%) occupe un emploi temporaire (CDD, stages, emplois aidés) contre 8% de l'ensemble des salariés.

Hors militaires, les femmes occupent près de 58% des emplois de la fonction publique d'Etat (60% des emplois de catégorie A et 63% des emplois de catégorie B) (INSEE).

30% des femmes travaillent à temps partiel contre 5% des hommes.  Sur les 4,1 millions d'actifs à temps partiel, 83% sont des femmes (Insee). Le taux de travail à temps partiel chez les femmes est fortement corrélé au nombre d'enfants en bas âge présents au foyer. Pour 28% de ces femmes et 42% de ces hommes, le temps partiel ne correspond pas à un choix mais est "subi", c'est-à-dire qu'ils souhaiteraient travailler davantage (Insee).

La moindre présence statistique des femmes dans les emplois comprenant traditionnellement des risques sanitaires explique que moins de 26% des victimes d'accidents du travail ayant nécessité un arrêt de travail sont des femmes. De même, les femmes sont victimes de 25% des accidents du travail ayant entraîné une incapacité permanente. Enfin, il meurt 25 fois moins de femmes que de d'hommes sur les lieux de travail.

Les emplois salariés les plus dangereux pour la santé sont réservés aux hommes. 2/3 des maladies professionnelles ayant entraîné une incapacité permanente sont contractées par des hommes. Le nombre de décès attribués à une maladie professionnelle est plus de 80 fois inférieur chez les femmes que chez les hommes.

Les hommes politiques et les médias de l’Hexagone critiquent souvent les pays musulmans et certains pays du tiers-monde pour la manière dont ils traitent les femmes. Et ils ont parfaitement raison ! Mais ils ne doivent pas oublier que la Turquie a accordé le droit de vote aux femmes dès 1934, soit dix ans avant la France ; que Benazir Bhutto a dirigé le gouvernement de la République islamique du Pakistan (165 millions d’habitants) pendant trois ans (alors que la seule femme Premier Ministre de l’histoire de France, Edith Cresson, a été gentiment remerciée en moins d’un an - en grande partie pour cause de féminité !) ; qu’un pays comme le Liberia a élu récemment Ellen Johnson Sirleaf comme présidente de la République ; et qu’un coup de projecteur comparatif sur le pourcentage de femmes députées ou ministres en France et dans certains pays du tiers-monde couvrirait « le pays des droits de l’homme » de honte.

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François Muller le 16/06/09 à 10:08

attention réacs!

Oui,il faut dire tout celà et de plus en plus fort.Personnellement, j'ai toujours,si je puis m'exprimer ainsi,été féministe...c'est à dire que je suis favorable à tout ce qui peut permettre aux femmes de se réaliser et d'être utiles avec leurs qualités et non en imitant les hommes.Une femme qui souhaite rester chez elle-et qui en a les possibilités-pour s'occuper de ses enfants,doit pouvoir le faire et la société doit aider à celà.Mais ,le retour des femmes dans leurs foyers,érigé en dogme, ça me fait penser-après plusieurs autres choses d'ailleurs- à "travail,famille,patrie"!

Celà étant dit ,je rejoins l'ami Jacky LESUEUR et considère que ce qui doit être dit doit être dit!

On a bien raison de penser ce qu'on pense quand on voit ce qu'on voit.A bon entendeur salut!


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Jacky Lesueur le 10/06/09 à 11:37

Il fallait le dire

...et le faire largement savoir! pour tenter de sensibilier le plus grand nombre!

Il est vrai que lorsque les bornes sont dépassées, il n'y a plus de limites!

Dans le contexte ambiant...heureusement que certains gardent leur capacité d'analyse, et d'indignation !

On nepeut tout de même pas laisser dire et faire n'importe quoi!

Jacky Lesueur


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