Si je comprends bien vous demandez un "vrai " bilan social ,comme les actionnaires pourraient demander un "vrai bilan comptable" ( voir l'arnaque des "hors bilans" associée à la crise financière). Mais pourquoi une obligation ? des discussions législatives à n'en plus finir ...? C'est de façon volontaire que l'entreprise devrait communiquer aux intéressés et en soi cette communication riche et sincère serait un pas important dans la R S E ....Sans pédantisme , je pense qu'il faut s'attacher à la rigueur des concepts. Les créanciers sont des créantiers; les aides peuvent avoir la nature d'une créance si tel est le contrat. Il est possible d'expliquer simplement "au peuple" la nature des relations financières entre l'entreprise et ses environnements. A condition de ne pas confier la mission à des comptables qui , comme les clercs du Moyen Age étaient les seuls à savoir écrire...
Une responsabilité sociale vis à vis de son territoire
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Hélas , l'actualité est faite d'entreprises " en difficultés" . Après dépôt de bilan , les commandes sont prises en main par des administrateurs provisoires dont la raison d'être est de protéger d'abord les intérêts des créanciers selon leurs droits prioritaires respectifs. Le Code du travail définit les droits des salariés pris individuellement. Qui s'interroge sur les conséquences d'une disparition d'entreprise sur son environnement territorial , déjà pour l'évaluer à court , moyen et long terme ; et qui défendra ses intérêts en tant que collectivité : régionale ou infra régionale ?
Un chapître à ouvrir ?
Rodolphe Helderlé le 18/05/09 à 11:45
Mesurer le degré d'implication du territoire dans l'entreprise
Le territoire au travers des aides directes et indirectes accordées aux entreprises est bien d'une certaine façon un créancier. Je ne suis pas persuadé qu'il tienne à être reconnu comme tel...On peut être supris, comme vous l'avez été, de voir que les directions sont obligées d'informer les élus des CE seulement lorsque une subvention dépasse les 200 000 euros.
Les conventions de revitalisation s'inscrivent bien dans cette logique de réparation territoriale. Sauf que ces conventions ne concernent que les grandes entreprises et n'anticipent strictement rien du tout.
Si les fondamentaux de la R S E sont à conserver , la crédibilité de son application impose un diagnostic préalable des conditions de "survie " (pour reprendre la formulation de la disussion initiale). Ce diagnostic comporte une approche prospective de la position concurrentielle de l'entreprise dans ses métiers de base . Les "vaches à lait" font-elles continuer à produire des marges de manoeuvres économiques ? Les capacités financières parmettront-elles de tenir?
Selon la durée - inconnue - avant un redémarrage des activités du "portefeuille" , on peut esquisser des scénarii défavorables ,favorables, probables ...A chacun d'eux, peuvent être associés les impacts de type social sur la région concernée.
La responsabilité sociale de l'entreprise ,c'est en l'occurence d'abord de faire cette réflexion stratégique et ensuite de la partager avec les partenaires sociaux , économiques qui seront d'une manière directe ou indirecte impliqués dans les conséquences des divers scénarii.
Alice au pays des merveilles ? Peut-être mais en temps de crise et d'incertitudes majeures la responsabilité sociale authentique n'est-elle pas de jouer "cartes sur table" et d'échapper aux soupçons d'arrières pensées : la crise : une opportunité de justifier une délocalisation ou un plan social de forte ampleur , en laissant à la solidarité publique le soin de se débrouiller avec les laisés pour compte
votre réponse est un gage d'intérêt pour le thème "information des acteurs de la R S E ".
Ne faut-il pas ouvrir une discussion séparée afin de garder clairement le fil de la discussion initiale ? Votre avis?
Je connais l'appétit des journalistes pour les exemples.. et je reconnais que de traiter des cas comme HEULIEZ , MOLEX, CARTERPILLAR, CONTINENTAL ... serait assez "exemplaire"; mais vous êtes mille fois mieux placé que moi pour trouver les "pistes à creuser"( mon implication directe personnelle sur ces sujets remonte aux lois AUROUX!!, à leur en oeuvre dans le Groupe PECHINEY...)
Je crois par ailleurs qu'il faut distinguer d'une part l'information des salariés via les instances (CE et autres) ou directement et, d'autre part, l'information dûe aux acteurs extérieurs : collectivités , C C I , banques, partenaires industriels... selon la nature de leurs liens avec l'entreprise.
Une remarque acide sur les experts comptables des CE (cf. article M S dont je n'ai lu que le résumé).Je crois qu'ils sont aussi peu performants en terme de prospective stratégique pour les chefs d'entreprise que pour les CE. D'ailleurs leurs missions officielles sont bien cadrées sur l'examen de l'état des lieux et de son historique.
C'est donc d'autres formes d'appui dont ont besoin les représentants du personnel : pour la compréhension des mécanismes du positionnement économique de leur entreprise et aussi pour l'entraînement à poser - sans complexe - les "bonnes questions" à l'occasion des informations légales ,y compris pour consigner des "non réponses" dans les P.V.,... avant d'entrer dans une revendication à traiter par les représentants syndicaux ?
Services déconcentrés de l'Etat . Pour ce qui relève du financement national, déconcentrations régionales de services publics : écducation ,santé ,transports . Sevices publics avec financement de collectivités territoriales....Pour un territoire donné l'inventaire des valeurs ajoutées consolidées bénéficiant au territoire fournirait une indication importante de leur contribution à l'activité et donc à l'emploi avec les mêmes déclinaisons que celles du secteur marchand : industries , services ...
Plus qualitativement ces services publics constituent un important facteur d'attractivité (positive ou négative) non seulement pour ce qui est de chacun pris individuellement mais en termes de cohérence et de complémentarités..
Un beau sujet de thèse pour un étudiant en développement territorial ?
La question induit la réponse , surtout à une période où on classe tout : hôpitaux ,universités, impôts locaux... Au fait, où en est la notation des ministres ?
L'entrée par les indicateurs permet de récupérer une batterie de critères des organismes "d'audit social" des entreprises et de réfléchir à leur consolidation "territoire". Des questions de concepts et de méthode assez lourdes se posent : ne pas mélanger indicateurs et déterminants (cf. santé publique); dégager le niveau de stabilité d'un indicateur et donc celui du risque plus ou moins brutal pour le territoire...
Ouvrir un chantier expérimental "intelligence sociale" avec des (vrais) responsables régionaux est-il une utopie ? est-ce une bonne idée qui risque de se transformer en tarte à la crème, comme "l'intelligence économique" ?
Puisque c'est La Pentecôte ,on peut espérer que le Saint Esprit descendra sur nos têtes ! Sinon , on peut toujours essayer d'amorcer un préchantier sur Miroir Social. Comment en pratique ?






