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Pour ou contre un suivi statistique ethnique ?

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Rodolphe Helderlé le 18/03/09 à 10:14

Yazid Sabeg, le commissaire à la diversité et à l'égalité des chances se déclare favorable à une donnée qualifiant "le sentiment d'appartenir à une communauté" afin de mesurer la diversité.

Une mesure qui s'assimilerait à un « écran de fumée » avec de nombreux risques de dérives estime SOS Racisme qui juge qu'il n'y a pas besoin de statistiques pour faire évoluer les mentalités et les habitudes.

D'autres considèrent en revanche que le refus des statistiques ethniques relève de l'hypocrisie. La meilleure des façons de continuer à ne rien voir. Une association comme ISM Corum croit au suivi statistique et à l'importance qu'il y a de mesurer. 

Comment abordez vous ce sujet sensible ? Votre entreprise a t-elle effectuée un travail d'analyse sur le fichier du personnel ou a t-elle lancée des questionnaires ? Avec quelle finalité ? 

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Gilbert Caillat le 18/03/09 à 14:12

Dérives du dénombrement

Le problème n'est pas tant la chose en elle-même que son exploitation possible.

Dans le cas d'une étude scientifique, menée par des sociologues, le sentiment d'appartenir ou non à telle ou telle communauté, que cette communauté soit ethnique, culturelle, religieuse, politique, etc, est un facteur parmi d'autres qui influe bien évidemment sur les comportements.

Mais le passé a montré que les dérapages sont fréquents et dangereux. Concernant l'immigration par exemple, il est évident que les immigrants venant d'une même région ont tendance à se regrouper, ne serait-ce que pour s'entr'aider. Maisle fait de dire "ce quartier est arabe (ou africain, ou italien, etc)" a contribué au développement de communautarismes réducteurs.

Inévitablement, un dénombrement des communautés engendrera des comparaisons déplacées. Certains se complairont à montrer qu'il y a plus d'africains musulmans balayeurs que de lapons mormons chefs d'entreprise, et en déduiront des prévisions de vente pour des nettoyeurs à haute pression d'une marque connue...


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Claire Edey Gamassou le 18/03/09 à 13:14

Les lois et les outils existent

En prétendant mesurer la diversité, les statistiques ethniques, même fondée sur l’autodéclaration, l’anonymat et le volontariat – encore heureux !- ne cherchent qu’à inciter chacun à se coller une étiquette ; au mieux inutiles, au pire dangereuses par les questionnements identitaires auxquelles elles invitent et par le communautarisme qu’elles encouragent insidieusement (chacun serait donc censé se sentir appartenir à une communauté, autre que la communauté nationale ?), les propositions sur les statistiques sont le symptôme le plus flagrant de la transformation de la lutte contre les discriminations.

Car il ne s’agit pas de lutter contre les inégalités ni contre les préjugés discriminatoires. Cette volonté de chiffrer ne peut avoir qu’un but, celui de mettre en œuvre des quotas et des mesures de discrimination positive.  En effet, il ne s’agit pas de chercher à  connaître les inégalités,  car les études existent en la matière (Drees, Dares, Cereq, Observatoires des inégalités,  …) et les mécanismes sont connus.

Ce type de mesures cherche à mettre en place des statuts d'exception là où l'on aspire au contraire à l'égalité.

Les progrès dans la lutte contre toutes les discrminations passent par la prévention et les sanctions.

Prévention par l'éducation et la formation pour détruire les préjugés et permettre l'évolution des outils de sélection et des procédures de recrutement.

Sanctions par la systématisation des recours, par exemple pour les annonces d’emploi illégales, et l'application effective des lois.


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Sebastien Darrigrand le 18/03/09 à 12:44

Diversité ethnique : jusqu'ou aller ?

 

Les Etats Unis ont décidé voila maintenant trente ans de promouvoir l"affirmative action" qui a permis de casser le plafond de verre pour les personnes issues de minorités visibles jusqu'à élire un président d'origine africaine.

Il faut une politique plus ambitieuse en France sur ces questions et sortir des discours incantatoires. Quand on voit que les partis politiques n'ont même pas de secrétaires chargés de la diversité, on voit tout le chemin qu'il reste à parcourir pour que la représentation nationale soit aux couleurs de la France. C'est par des symboles forts y compris à ce niveau que l'on fait progressivement changer les mentalités.

C'est également le cas en entreprise. Sans aller jusqu'à la mise en place de quotas qui ne correspondent surement pas à la culture française, il convient de se donner les moyens d'ouvrir les portes beaucoup plus que nous le faisons aujourd'hui auprès des personnes discriminées en fonction de leur origine, en objectivant les processus RH, en traquant les discriminations dans les entretiens d'embauche par la formation des dirigeants et managers. 200 d'entre eux seront formés en 2009 pour l'Usgeres .

Faut-il aller jusqu'à la mise en place de statistiques ethniques ? Le terme peut renforcer le caractère communautariste alors que nous recherchons les moyens d'un meilleur vivre ensemble. Il convient d'abord de se doter d'une démarche d'indicateurs pour mesurer à intervalles réguliers les politiques menées en matière d'égalité de traitement dans le recrutement ou l'évolution professionnelle, en matière d'égalité des chances auprès de publics particulièrement discriminées. Le label diversité, à condition qu'il soit adapté aux PME et TPE est un bon outil qui consititue une bonne approche du sujet, quitte à en faire évoluer certains aspects pour mieux mesurer les politiques menées en fonction de l'âge, du sexe, des orgines, du handicap et l'évaluation de ces politiques par les publics concernés.

 

 

 

 


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Nicole Dutheil le 18/03/09 à 12:18

La diversité ethnique traitée comme une maladie

Je suis de l'avis de ISMcorum, car si on commence à mesurer la diversité ethnique, c'est qu'implicitement cela nous pose encore un problème te que l'on est encore bien loin de l'intégration.

Par ailleurs, si la "richesse" issue de ces rencontres de culture doit faire la somme des parties, cela signifie aussi que chaque "groupe ethnique" peut et doit revendiquer sa part dans l'investissement d'un projet quelqu'il soit...Et là on retombe dans la "guerre des boutons". En bref, pour l'Avenir, cela représente t il un vrai plus.

Pour ma part, c'est plutôt un retour en arrieère :

Que chacun apporte avec honnêteté, force et conviction ce qu'il a de meilleur et que tout le monde regarde ensemble vers l'avenir...C'est comme ça que toute société avancera avec intelligence et panache...


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Pierre Raimu le 18/03/09 à 13:14

La diversité ethnique traitée comme une maladie

Je pense malheureusement que cela "nous pose" (comme l'écrit Nicole) et constitue bel et bien "un problème" dans ce pays. Et que nous ne devons pas nous cacher la tête dans le sable, y compris en refusant le débat sur les statistiques : la proposition de M Sabeg a au mojns le mérite de nous confronter à une question simple. Mais je ne pense pas que ce soit une solution pertinente d'identifier et suivre "l'ethnie" (je m'imagine déjà les débats sur les catégories !) dans un pays qui a vocation à l'intégration de ses citoyens. Puisque le citoyen a vocation à s'intégrer dans un tout, la catégorisation et l'identification n'ont aucun sens, voire pourront se révéler anti consitutionnelles. Mais oui à ce qu'évoque Sébastien sur la mesure et les statistiques sur les actions, politiques, accords d'entreprises ...


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