Trouver un juste équilibre et éviter syndicalisme de services=consumérisme ...
Notre pays à une histoire sociale et syndicale caractérisée par un "syndicalisme d'adhésion" à des principes éthiques qui affirme la primauté de la défense des droits collectifs et individuels des salariés, et qui proclame la nécessité du "progrès social" ici et maintenant.
On remarquera que le syndicalisme français a été particulièrement fort dans les grandes entreprises industrielles et le secteur public ainsi qu'à quelques dates fortes de l'Histoire de France (1936 et 1968).
Avec la disparition des grandes unités de travail, l'évolution structurelle des métiers, le refus par une majorité de salariés d'être qualifiés "d'ouvriers" (l'auto-représentation), le syndicalisme d'engagement et d'adhésion connait des difficultés logiques.
Nul doute qu'aujourd'hui, un équilibre doit être recherché et c'est le cas dans toutes les confédérations syndicales nationales.
Ainsi, le recours accentué au souttien de l'association de consommateurs affiliée à l'organisation syndicale, la possibilité de bénéficier d'une défense juridique assurée par des délégués syndicaux chevronnés voire des avocats ayant conclus un accord de coopération avec des structures syndicales (union départementales, fédérations professionnelles, syndicats nationaux...) montre que l'évolution est en marche.
Pour autant, il y a une réelle difficulté philosophique à accepter cette évolution. Car pour éviter de transformer trop rapidement la carte syndicale en carte du "salarié-consommateur de services", il faut fixer des limites;
Et c'est aujourd'hui, la question de ces limites au consummérisme qui est clairement posé.
La réponse est sans doute variée et complexe mais le problême est surtout celui-là.
Rémi AUFRERE
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