Discussions libres » Quel est le niveau d'information de votre direction sur les potentiels impacts de la crise financière ?

Quel est le niveau d'information de votre direction sur les potentiels impacts de la crise financière ?

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Rodolphe Helderlé le 08/10/08 à 12:56

Quels peuvent être les impacts de la crise financière sur mon entreprise ? C'est le grand sujet de conversation de beaucoup de salariés qui ne manque pas d'alimenter des rumeurs. Et pas simplement dans les banques et les assurances. Endettement, accès au crédit, évolution du marché, les questions foisonnent et méritent des explications des directions.

Quid d'un comité d'entreprise extraordinaire pour faire un point sur la situation économique ? Une stratégie d'information à l'adresse de tous les salariés a t-elle été mise en place pour rassurer ou au contraire faire prendre conscience des risques et des mesures prises pour en limiter les effets ? Un gel des embauches a t-il été  décidé ou les objectifs commerciaux ont-ils été revus à la baisse par exemple ?

Mais beaucoup de directions peuvent être tentées d'expliquer la situation de façon globale sans se mouiller sur les potentiels impacts en interne.

Il faut dire que l'exercice est pour le moins délicat du fait du manque de visibilité sur les impacts collatéraux de la crise financière. Mais il est tout aussi dangereux de ne pas communiquer.

Il serait intéressant d'avoir des retours sur la teneur des informations diffusées dans vos entreprises. Une synthèse de vos retours sera publiée en actualité.

Question bonus : la situation actuelle peut-elle « justifier » des mesures d'austérité salariale plus marquée ?

Une chose est certaine, le volet épargne salariale au sens large ne va pas être un levier très efficace pour compenser la déjà faible progression des salaires.

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Rodolphe Helderlé le 25/10/08 à 08:22

Petite synthèse

C'est forcément réducteur mais voici une petite synthèse de cette discussion désormais en ligne en actualité. La discussion reste ouverte, la synthèse aussi.

Bon WE


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David Modeste le 15/10/08 à 18:26

PSA dans la tourmente

Sochaux, Mulhouse, Sevel nord touchés par 11 jours d'ici la fin de l'année, les mesures n'étant pas suffisantes à Mulhouse, c'est l'équipe de nuit qui vient d'être sacrifier après seulement 3 mois d'existences. Toutes les usines du groupe fermées 15 jours à noel.

A Poissy, Rennes, il n' y aura plus aucuns interimaires dans les usines dans les prochaines semaines (1500 renvois).

Sans parler des conséquences pour les sous-traitants aux alentours des usines.

Chez Renault, la situation est identique.

L'industrie automobile est frappée en plein coeur par la crise actuelle mais aucune vrai vision d'avenir de la part du groupe. Les annonces tombent les unes après les autres dans chaque site sans vraiment savoir où l'on va. Mais est-ce que laDirection sait elle-même ou elle va ?

http://www.sia-sochaux.com


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Aurora Reato le 15/10/08 à 08:49

les effets de la crise sur les entreprises : ou comment regarder dans la boule de cristal

Il est évident que la crise financière aura des effets réels.

Aujourd'hui le FMI avec des expressions très "diplomatiques" parle de menace de recession  pour les USA et pour de croissance tendenciellement "molle" pour la France.Si il y a un accord sur le fait qu'il n'y aura pas de croissance , voire une récession, d'autre "détails" sont moins évidents :

 il est vrai que le fait d'avoir "injecté" de la liquidité sur les marchés pourrait augmenter l'inflation , mais il est aussi vrai que les dernières bulles spéculatives bancaires locales ( suède , japon ...) ont plutot conduit à une baisse radicale des prix ( la déflation).D'auters économistespensent qu'il aura déflation pour certains produits et inflations pour d'autres( ce qui, soit dit en passant, n'est pas pour faciliter la tâche dans les prochains rounds de négo !!

Quelles conséquences concrètes pour les entreprises dans les différents scénarios?

IL ne faudra pas s'étonner d'entendre des discours très différents en fonction des entreprises : leur niveau de dépendance du système bancaire (ou la dépendance de leurs clients de celui-ci), l'importance des prix des matières premières (qui commencent à descendre), le fait d'avoir un marché plutôt national ou international ( la france a généralement moins d' à coups dans sa croissance : ça crit lentement, mais ça ne recule pas violemment , grâce à, disons-le, des amortisseurs tels le secteur public et para-public, les ammortisseurs sociaux  ...).

Guillaume Martin à tout -à fait raison de souligner un fait important : cette crise aura cloué le bec des détracteurs du système par repartition pendant quelques années...

pourvu que ça dure ...

 

 


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Guillaume Martin le 14/10/08 à 16:23

Non la crise n'est pas artificielle !!! Oui, elle a déjà des effets sur l'économie réelle !!!

Rappelons nous qu'au départ, cette crise a trouvé son origine dans des prêts à l'accession à la propriété aux Etats-Unis. C'est pour acheter une maison que des ménages aux revenus modestes se sont endettés encore un peu plus. Cela a tiré l'activité de la construction.....jusqu'à ce que le système se grippe. Les banquiers américains ont très vite compris les risques qu'ils encouraient avec ce type de créances et les ont transférées à l'ensemble du système financier mondial attiré par des niveaux d'intérêt et donc de rentabilité élevée.

Tout s'est écroulé lorsque les prix de l'immobilier se sont retournés. Les créances sont devenus rapidement douteuses et les banques ont commencés à passer d'énormes provisions pour dépréciations de ces créances. Les premières crises sont apparues et le système s'est emballé jusqu'à ce l'on connaît aujourd'hui.

Aujourd'hui, les banques ne se font plus confiance au point que les états re-nationalisent (quel gag pour des libéraux) et apportent leur garantie pour fluidifier le système. Entre temps, les banques ont sérieusement revues leurs conditions de crédit tant aux ménages qu'aux entreprises. Et c'est là que l'on passe d'une crise strictement financière à ce qui pourrait devenir une crise de l'économie réelle elle même. Moins de consommation d'un côté et moins d'investissement de l'autre. Les risque paraissent sérieux me semble-t-il de voir les économies ralentir.

L'effet aggravant dont parlent peu les média se trouve aussi dans les moyens qui sont actuellement mobilisés pour sauver le système financier. Les banques centrales ont injecter massivement des liquidités et tout bon économiste sait parfaitement que de tels niveaux de création monétaire auront forcément à un moment ou à un autre des conséquences inflationnistes....que ces mêmes banques centrales cherchront à juguler en augmentant les taux d'intérêt...ce qui à nouveau pourrait entraîner les économies réelles dans un cercle vicieux de dépression.

Affaire à suivre donc comme le lait sur le feu. je pense que le vrai débat aujourd'hui est bien de dépasser ce système et remercier  ceux qui ont bâti en France un système de retraite par répartition et non par capitalisation.

Guillaume Martin

Conseil auprès des CE 


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Fredo Synd Cgt Edf Gdf Loi le 10/10/08 à 10:53

La crise est artificielle

Bonjour,

La crise n'est que l'éclatement de la bulle spéculative. Ceux qui y sont rentré ont du soucis à se faire car les requins attendent de se goinfrer des éclats.

Par contre, les entreprises, les machines, les hommes et leurs compétances ne s'évaporeront pas aussi facilement que les valeurs boursières.

On peut s'inquiéter pour EDF et GDF qui ont copieusement investi en bourse l'argent de vos factures au lieu de le consacrer à l'investissement productif.

Nous vous attendons sur www.edf-gdf-loire-cgt.com  

 


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Aurora Reato le 10/10/08 à 11:36

La crise est artificielle

Tu as parfaitement raison Fredo,  c'est une bulle qui éclate..

mais cette bulle n'est pas pleine d'air :c'est une sorte de poche, d'abscès qui a pompé le sang de l'économie pendant longtemps.

Tant que l'abcès tenait , ce sang circulait encore dans le corps , plus ou moins bien selon l'éloignement (les extrémités n'en voyaient presque pas, tu sais , les mains qui portent la nourriture à la bouche -les pays du tiers monde-, les pieds qui soutiennent le corps - les initiatives sociales ... - les muscles -ce qu tu appelles l'investissement productif).

Maintenant que l'abcès est crevé le  corps risque de s'assecher ...et c'est bien là le VRAI problème!

 

 


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Jacques Rondeleux le 09/10/08 à 16:46

la crise et la santé psychique au travail

Nous ne constatons pas encore de répercussions  ni sur le développement des partenariats de l'IAPR, ni sur le volume de nos activités.

Pour notre activité très particulière de prévention et d'accompagnement des troubles et risques psychosociaux, la récession qui nous est annoncée peut avoir deux effets :

- la réduction drastique des charges peut faire différer des projets qui peuvent être considérés comme secondaires (ce qui touche à l'amélioration des conditions de travail et la prévention des risques psychiques) ;

- les craintes et les angoisses des salariés sur les perspectives de leur employeur et de la société pourraient les amener à développer des comportements d'isolement, de repli sur soi, d'agressivité, de morcelement des collectifs de travail qui auront nécessairement des répercussions sur l'activité. Les grands groupes et administrations pourraient donc au nom de leurs contributions socialement responsables rechercher les moyens de restaurer la confiance au sein de leurs collectifs pour permettre de redynamiser la société.

Si nous considérons que le facteur psychologique est un déterminant essentiel de l'évolution de la situation, nous ne pourrons que souhaiter que dans cette période difficile nos entreprises et administrations principales renforcent les moyens pour redonner de la confiance et du mieux être à leurs personnels et travaillent donc sur la deuxième hypothèse.


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Stéphane Pacceu le 09/10/08 à 16:31

La crise : effets concrets

Nous savons déjà que les commandes de nos clients sont en baisse jusqu'à la fin de l'année (-20% et plus). De fait, notre activité sera ralentie par rapport à nos prévisions ce qui nous impose des fermetures d'usines temporaires. Nos client cherchent à réduire leurs stocks au minimum pour la fin de l'année afin de pouvoir dégager une marge qui restera en ligne par rapport à leurs prévisions. Nous encaissons donc un effet "baisse des stocks" consécutif à la baisse des ventes (double effet pas cool du tout!). Cette activité ralentie induit un sureffectif de 20% de l'effectif employé.

D'autre part en terme financier, notre trésorerie est fortement impactée. Plusieurs fournisseurs refuse désormais les délais de paiement qu'ils nous accordaient jusqu'ici. Dans le même temps, nos charges ne suivent pas la baisse du chiffre d'affaire. Nous n'attendons aucun soutient des banques dans l'état actuel des choses.

La crise financière a donc déjà un impact sur l'économie réelle.

Les réactions me font néanmoins penser à celles des personnes en surendettement. Nous avons tous eu envie de posséder notre logement (à n'importe quel prix et à n'importe quel taux!). Nous avons tous cherché à revendre nos biens immobiliers deux fois le prix auquel nous les avions acheté. Les financiers n'ont donc pas tous les torts. Pour emprunter ; il faut être deux!

Ce qui est vraiment inquiétant, c'est qu'avec la complexité des instruments financiers, on ne sait plus vraiment qui est engagé à hauteur de combien. D'où le manque de confiance actuel à l'égard de tous les acteurs financiers qui nous conduit à une situation de blocage.


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Thierry Debee le 09/10/08 à 07:11

La crise, pour qui ? pourquoi ?

A force du jouer avec le feu, l'incendie se déclare et se propage à une vitesse folle, les pompiers n'ont pas forcément les moyens d'éteindre l'incendie.

Question : quis sont les incendiaires ?

Des sanctions, oui mais qui ?

Tout me monde sera perdant dans cette histoire mais ceux qui perdont le plus seont les petits épargnants et les salariés.

La crise est là, récession etc... Tout cela était larvé depuis bien longtemps, l'autruche ...

Les entreprises devront d'adapter, nous y survivrons, il y aura des morts, c'est certain.

La guerre est depuis longtemps économique, les dégâts sont tout aussi douloureux que l'autre guerre, peut être pire, les hommes et les femmes qui seront touchés de plein fouet sont parmi nous,.

Pourrons nous longtemps continuer à faire l'autruche ?

L'entreprise doit gagner de l'argent, produire de la richesse, certes 

Ou est son rôle social ? N'est ce qu'un vain mot ?

A bon entendeur, salut

Maintenant, tous au travail, ce n'est pas en se lamentant que nous pourrons avancer, nous ne pouvons que regretter de n'avoir pas été suffisamment vigilant.


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Marie-Christine Lebert le 09/10/08 à 06:57

pas de visibilité mais des mesures !

La direction n'a pas communiqué sur le sujet. Mais on peut penser qu'elle a déjà pris des mesures concrètes : gel des embauches, diminution des déplacements , report de formations ... sans pouvoir imputer l'origine de ces décisions ou leur niveau à la crise car c'est une pratique quasiment installée de voir ce genre d'opération mise en oeuvre dans le seul objectif de surperformer en marge opérationnelle ou simplement d'atteindre les objectifs.
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Fabrice Allegoet le 09/10/08 à 06:29

Ma petite entreprise connaît pas la crise !!

Quelle est bonne la soupe du CAC et de WALL STREET !  Les joueurs de la bourse s'en donnent encore à cœur joie ! Mais en attendant, cette petite guerre qui n’intéresse que les spéculateurs, empoisonne la vie de centaines de milliers de petites gens qui se retrouvent sur le carreau. Il faut garder à l'esprit que ce qui fait une grande partie du tissu social et économique en France, ce sont les PME. Certes les grands groupes tirent leur épingle du jeu économique actuel mais à coup de restructurations et de réorganisations en passant par les cases fusion, cession, scission....bref, les salariés ont peur et cèdent très facilement à la paranoïa.

Expert pour les comités d'entreprise, nous sommes en ce moment noyés par les élus qui ressentent cette crise économique actuelle comme un séisme social, devenu le prétexte de réduire les effectifs, de geler les salaires, d'augmenter les cadences, de suspendre les contrats de travail....de la part d'employeurs qui préfèrent prévenir les baisses de marge plutôt que de soutenir l'économie en évitant la hausse de la précarité ! Nous essayons d'accompagner ces hommes et ces femmes comme il est possible de le faire mais la médiatisation à outrance de cette actualité en pleine tourmente électorale américaine, n'est pas pour nous faciliter la vie.

Alors que penser des petites mesures prises au pied levé par notre Président et l'Union Européenne - rien. Ces énarques nobles de surcroît n'ont pas modifié leur train de vie à l'image des hauts héritiers d'AIG qui malgré une quasi faillite qui a couté 85MI$ aux contribuables américains, se sont payés le luxe d’une semaine de vacances aux frais de la princesse pour ~2M$ - c'est inadmissible. 

Que penser pour demain ?  Baisse de l'immobilier - en pleine crise du logement - faut pas y compter- la baisse ne profitera qu'aux riches car l'accès aux crédits est rendu difficile et les taux grimpent de plus belle. Arrêt de l'inflation dans le caddie de la ménagère – il ne faut pas y compter non plus...les français n'ont qu'à bien se tenir. Ils viennent de monter à bord du plus grand Space Mountain du monde !

Il faut donc tenir bon en pleine actualité des Négociations Annuelles Obligatoires – syndicats et comités d’entreprise devront redoubler d’efforts pour permettre aux salariés de bénéficier d’une hausse de leurs salaires. Important aussi, les consultations à venir sur la formation. Les comités doivent être vigilants pour hisser le niveau de qualification des salariés.

En effet, le chômage étant reparti très nettement à la hausse, ce sont les compétences et les talents qui arriveront en cas de perte d’emploi à faire la différence sur un marché de l’emploi devenu aussi accessible qu’une tour d’ivoire.


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