Groupes de Discussions » A quoi pourrait ressembler le syndicalisme de services du XXIème siècle? » Informer, conseiller, accompagner les salariés dans leur parcours professionnel et leur protection sociale ?

Informer, conseiller, accompagner les salariés dans leur parcours professionnel et leur protection sociale ?

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Rodolphe Helderlé le 13/06/08 à 11:51
Les syndicats ont-il seulement les moyens d'un syndicalisme de services qui reposerait sur un accompagnement des parcours professionnels et des choix en matière de protection sociale ? Il y a un besoin de professionnalisation. Les compétences requises par un syndicalisme d'opposition ne sont pas les mêmes que celles nécessaires à un syndicalisme de services. Négocier, mettre la pression, recruter des militants est une chose ; conseiller, accompagner des parcours professionnels ou des choix en matière de protection sociale en est une autre. Un gros chantier en perspective.
  • Il y a quelques semaines, le représentant de Fidelity, une société US spécialisée dans la gestion de l'épargne retraite présentait l'offre PERCO de la filiale française. Le tout en soulignant que l’offre pourrait parfaitement être expliquée et portée par des syndicalistes…de services…Quel niveau de commissionnement pour les apporteurs d’affaires ?
  • Voilà qui porrrait arranger des DRH. Une forme d'externalisation...interne

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Charles Le Gall le 06/07/08 à 23:32

Le monde à l'envers

Les syndicalistes n’ont pas vocation à être des « marchands de soupe ». Etre un « apporteur d’affaire » suppose toucher une commission et avoir des intérêts autres que celui de la défense des salariés.

Certes les salariés élisent des représentants pour la gestion des comités d’établissement qui leurs ferons des propositions commerciales sur tel ou tel sujet mais aussi pour leur donner mandat à leur défense au sein de l’entreprise.

C’est la différence entre un Délégué du Personnel (DP) et un membre du Comité d’Entreprise (CE).

Le rôle du Délégué Syndical ‘DS) est autre, il représente son Organisation Syndicale (OS) et il doit dans son mandat avoir comme principal objectif l’intérêt des salariés vis-à-vis du droit du travail.

Que les OS par l’intermédiaire du DS deviennent des prescripteurs commerciaux me semble surréaliste.

A chacun son rôle, le CE et la DRH traitent une activité « commerciale » en cherchant des partenaires pointus dans tel ou tel domaine (complémentaire santé, couverture de prévoyance, organisme de vacance pour enfants, etc.), c’est dans leurs attributions de pourvoyeur et gestionnaire de l’argent du CE.

Le DP défend face à la DRH le salarié en s’appuyant sur le droit du travail.

Le DS avec ses militants syndicaux négocie face à la DRH les accords pour l’intérêt de tous (Salarié et Entreprise).

Mais ni le DP, ni le membre du CE, ni le DS n’ont compétence pour privilégier une offre commerciale même si elle viendrait de leur OS et encore moins si ils étaient commissionner pour cela.

Le choix devant être fait après étude, analyse des diverses possibilités qu’offre le marché concurrentiel.

Toute autre logique serait considérée comme de la concurrence déloyale et condamnable par les tribunaux.

Quant à être ou pas « partenaire », nous sommes partenaires sociaux avec l’employeur comme deux joueurs de tennis sont partenaires dans un match (l’un contre l’autre tout en étant indispensable l’un à l’autre pour se renvoyer la balle).

C'est exact que ce partenariat n'est souvent pas compris par les employeurs qui ne voient dans les syndicats "critiques" que des adversaires et dans les syndicats "paisibles" que des paillassons qu’ils utilisent comme bon leur semble.

Une période c’est un qui est " en odeur de sainteté " et lorsqu’il est usé et plus crédible c’est un autre qui prends la place

Et notre intérêt majeur est bien la pérennité de l’entreprise qui nous permet (à tous) de vivre. Que serait un salarié, un représentant des salariés sans employeur (un chômeur) et un employeur sans salariés (un rentier ou un chômeur, voire un salarié).

La lutte des classe, peut être mais pas pour détruire l’outil de travail de tous.

C'est d'ailleurs ce qui différencie une action structurée menée par des OS en comparaison à des coordinations de salariés justauboutiste.
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Pascal Pinçon le 13/06/08 à 15:09

Le Syndicalisme de service n'est plus du syndicalisme

Bonjour,

Peut-on encore parler de syndicalisme à propos de ce "syndicalisme de service" ? N'importe quelle compagnie d'assurance ou autre société privée de service serait alors en mesure de satisfaire ce "marché".  Le syndicalisme, selon moi, a quand même une signification de lutte, de combat contre des intérêts antagonistes. Négocier des accords est à la porté d'un avocat, d'un bon commercial. Que devient la lutte sociale ? Que devient le militantisme pour changer le système qui règle les relations dans la production ? Accepter ce "syndicalisme de service", c'est, au bout du compte, abandonner toute ambition et accepter le monde tel qu'il est. Désespérant ! Je suis syndicaliste, par conséquent je ne suis pas le partenaire de mon patron mais généralement un adversaire. Accepter le "syndicalisme de service" revient également à accepter l'abondon de la solidarité, de la répartition pour céder à l'individualisme, à la capitalisation, par exemple, pour s'engoufrer dans la co-gestion. Est-ce vraiment une ambition syndicale ?

 Pascal


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Rodolphe Helderlé le 15/06/08 à 15:41

Réseau de proximité

 

Sauf que la compagnie d'assurance n'est pas dans les murs. Il y a déjà des délégués syndicaux qui assurent la promotion des offres commerciales de certaines mutuelles dans la fonction publique. Ce sont des réseaux de proximité. Idem au niveau de gros CE comme celui d'EDF-GDF ou les permanents relais les offres des partenaires. Ce n'est donc pas nouveau. Bon après, bien d'accord avec vous que les risques de clientèlisme sont importants. Le reflet de l'individualisation des relations du travail. Reste à avoir si ce syndicalisme de services peut cohabiter avec un syndicalisme qui porte des revendications collectives.


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Yann Dolhen le 16/06/08 à 13:09

Informer, conseiller, accompagner les salariés dans leur parcours professionnel et leur protection sociale ?

Je ne comprends pas le sujet initial... N'est-ce point le rôle du service "Ressources Humaines" de prendre en charge tout ou au moins une grande partie de celà ? Donc pas aux syndicats !..

Rem : Contrairement à Pascal, je pense que les syndicats doivent être des "partenaires" de l'entreprise mais que bien souvent eux-même, ainsi que les employeurs, l'ignorent... Tout autant que des employeurs rejettent le plus souvent ce qui est réellement positif à l'entreprise, sur le long terme. Les objectifs des uns et des autres sont pourtant liés... Sauf que chacun en a une vision différente

 


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Pascal Pinçon le 16/06/08 à 14:23

Informer, conseiller, accompagner les salariés dans leur parcours professionnel et leur protection sociale ?

Bonjour,

Je ne suis pas du tout d'accord avec vous sur le sujet du "partenariat" entrepreneur/syndicat. Ce désaccord de principe est une bonne explication au fait qu'il existe différents syndicats. Etre partenaire signifie avoir combattre dans le même camp vers un même objectif; ce qui n'est quand même pas le cas dans le monde du travail. L'actionnaire/le patron veut tirer le maximum du bénéfice pour son compte en cherchant à serrer au plus juste ou à réduire les "frais" de personnel ou liés aux conditions de travail. Le syndicat doit, de son côté, empêcher les fruits du travail de remonter à l'actionnaire pour qu'ils bénéficient au maximum aux salariés sous forme de salaire ou d'amélioration constante des conditions de travail. Mis à part la pérennité de l'entreprise (outil de travail) qui devrait être l'ambition commune(1), quel est le partenariat ? Je ne vois là qu'opposition et conflit d'intérêt.

(1) avec la financiarisation de l'économie, il s'avère que les propriétaires de l'entreprise ne sont pas toujours les plus acharnés défenseurs de l'outil de travail.


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Charles Le Gall le 06/07/08 à 23:08

Le monde à l’envers

 

 


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Yann Dolhen le 16/06/08 à 14:40

Informer, conseiller, accompagner les salariés dans leur parcours professionnel et leur protection sociale ?

Citation : "Mis à part la pérennité de l'entreprise"

Rien que celà mis à part !

Mais n'est-ce pas le plus important ?


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