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Travail le dimanche : la nouvelle proposition de loi reste inaccepable
juil 01 2009
Thèmes: Vie économique, Santé & conditions de travail, Temps de travail
Une énième version du texte du député de la majorité, M. Maillié, dont l’examen a commencé cette semaine à la commission des affaires sociales de l'Assemblée , vise bien à terme à sacrifier le repos dominical de tous les salaries.
Cette nouvelle mouture est toujours portée par le thuriféraire du travail dominical, député de la majorité Richard Mallié.
Car, si la proposition de loi ne reprend plus l’idée d’augmenter le nombre de dimanches travaillés pouvant être autorisés aux établissements de commerce de détail non alimentaire, c’est un peu l’arbre qui cache la forêt.
L'organisation syndicale reste décidée à poursuivre son action sous toutes ses formes pour préserver le repos dominical. Dans cette perspective, son leader, Jean-Claude Mailly, a participé à une distribution de tracts devant les grands magasins du boulevard Haussmann à Paris par les militants FO qui entendent bien faire avorter cette énième initiative de la majorité sur travail du dimanche.
3 commentaires
confusion repos dominical et/ou hebdomadaire
par Elise Boisripaux
repos obligatoire en effet : un senior viens d'être sanctionné en perdant un contrat de travail car il effectuait 17 h (de travail effectif et en présence responsable nuit) en 24 h et cela sans aucun jour de congés pendant trois semaines à la suite. Il a accepté car il veut travailler et bénéficier de points retraite supplémentaires.
Il a demandé à avoir 7 h libres par 24 h au lieu de 6 h accordées : conséquence il a perdu le contrat. Peut-être parce qu'il connaît les lois françaises mais pas encore suffisamment les passe droits locaux. Ce qui est étonnant c'est la méconnaissance de certaines conditions de travail imposées au vue de tous et pourtant observées mais niées par les autorités administratives pire encouragées par celles-ci du faît de l'absence de réactivité car le seniors a vus ses courriers rester sans réponse pire des coups de fil de négation du sujet par les fonctionnaires responsables de la gestion de ses courriers.
Le senior est donc au chômage malgré l'étendue de sa bonne volonté : pire au rmi et peut-être va t il le perdre. Son aptitude à être patient et silencieux est importante pour cela.
Le travail dominical est une opportunité de travail. Le congé hebdomaire est indispensable pour la santé.
"Le travail dominical est une opportunité de travail." Non et bien au contraire !
par Rémi Aufrere
"Le travail dominical est une opportunité de travail." ?
Ce propos est symptomatique d'un manque de vue global sur le temps de travail, et du travail dans la société moderne.
Il participe à la destructuration du rapport entre vie " au travail" et vie "en dehors de la sphère professionelle et marchande".
Non seulement le repos hebdomadaire est strictement indispensable mais un temps commun à toutes et tous l'est tout autant pour la vie sociale (privée, familiale, loisirs etc...).
On ne seras point étonné de constater que le parlementaire des Bouches-du-Rhône défenseur du travail dominical est surtout défenseur de l'ouverture des commerces dans sa zone commerciale!
Et à nouveau le prétexte de la "liberté du travail" est invoqué pour flexibiliser le temps de travail. Manipulation certes traditionnelle de la part des libéraux-conservateurs qui trouvent plus de facilité en temps de crise de l'emploi.
Alors le travail dominical, est-ce de l'emploi supplémentaire et une nouvelle recette contre le chomâge ?
Si la réponse était positive, cela aurait été largement expliqué et argumenté.
Il est aussi prouvé que l'ouverture des commerces le dimanche ne provoque pas d'augmentation du pouvoir d'achat des consommateurs potentiels fréquentant les dits lieux marchands le dimanche.
Alors opportunité de travail le travail dominical? Pas du tout... mais la vraie (et révolutionnaire) opportunité de placer le travail comme prioritaire dans la vie de l'Homme car facilité pour tous les jours de la semaine quels qu'ils soient.
C'est ainsi que le "temps social" (familial comme collectif) se trouve remisé en accessoire du temps au travail.
Facheux retour de l'histoire pour les salariés avec leurs organisations syndicales et les mouvements progressistes qui ont défendu l'émancipation des travailleurs et réalisés de grandes conquêtes sociales.
Comme quoi, quelques modestes emplois "dominicaux" peuvent aller contre l'essentiel...
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plus de 2 ans
La banalisation du travail dominical : une régression totalitaire !
par Rémi Aufrere
« Non, la mort voulue du dimanche est le désir totalitaire d’en finir avec un temps qui échapperait aux rapports de production, un temps fait pour la lecture, le bricolage, l’amour, la pêche à la ligne, le repas de famille, un temps profondément libéré, un temps libre au sens premier du terme.Le désir d’en finir avec cet îlot hebdomadaire qui est toujours un repère dans le fleuve identique des jours aliénés.On s’est déjà, dans notre pays, attaqué aux fêtes, on a voulu tuer la Pentecôte et on y est presque arrivé. Qui ne ressent pas une légère obscénité à voir des enseignes ouvertes un 11 novembre, par exemple et à l’idée d’aller manger des hamburgers sur le cadavre des Poilus pour célébrer la flexibilité du travail ?Apparemment, juste ce qu’il reste de catholiques et de communistes en France.Ça ne fait pas grand monde mais, une fois encore, ils sont sur la même ligne de feu pour contrer la tranquille barbarie de la marchandise souveraine.Péguy et Bernanos main dans la main avec Marx et son gendre
Lafargue, auteur d’un célèbre Eloge de la paresse. Ce front commun ne surprendra que les idiots. Et les enfants qui, disait Trenet, s’ennuient le dimanche.
Mais eux , au moins, ont l’excuse d’être des enfants. »
(par Jérome LEROY).
Je partage largement le point de vue de l'écrivain même si, fort heureusement à mon goût, il n'y a pas que les cathos et les cocos qui s'opposent à la disparition du travail dominical.
Jérome LEROY vise juste parce qu'il met en relief la question essentielle qui doit être posée avec la disparition ainsi méthodiquement préparé du repos dominical. Jusqu'où irons-nous au niveau de la marchandisation du temps et de l'espace?
L'activité marchande et salariée est-elle un horizon indépassable et la seule source d'épanouissement de l'individu?
Alors que Malraux lançait sa formule "le XXIème sera spirituel ou ne sera pas", l'économie semble primer sur tout le temps, même le temps de l'individu.
Oui, cette vision de la fin du repos dominical est idéologiquement, économiquement, socialement et éthiquement dangereuse et totalitaire.
Le travail salarié est suffisamment pénible (au sens éthymologique comme au sens concret) pour être "ouvert" tous les jours de la semaine.
Ainsi, au nom de la "liberté", la même qui proclame la "concurrence libre et non faussée" et celle qui a facilité les subprimes, les MADOFF, ERON et l'affaire du Crédit Lyonnais, certains se préparent à mettre en coupe réglée le seul repaire hebdomadaire commun à (presque) toutes et tous.
Tous les citoyens ont donc un intérêt bien compris de se battre contre cette incroyable et totalitaire régression.
NB:
Jérôme Leroy est né en 1964. Il a publiéune quinzaine de livres (romans, nouvelles, poésie).Il a arrêté récemment d’enseigner pour se consacrerpleinement à la littérature, l’alcoolisme et lemauvais esprit. Il publie en septembre "La minuteprescrite pour l’assaut" (Mille et une Nuits).