Société Générale : un système de rémunération « pousse au crime »
La CGT estime que la perte des 5 milliards d’euros devrait conduire à s’interroger sur un mode de rémunération des traders dans lequel le bonus peut atteindre 60% de la rémunération globale. Mais l’affaire traduit surtout selon le syndicat le dérèglement des marchés financiers.
Les syndicats de la Société Générale n’ont jamais adhéré à la thèse du « trader fou » tant il serait courant que des traders dissimulent des positions non couvertes. En juin 2007, un salarié de la salle de marché de la Société Général s’est ainsi suicidé après la découverte de ses pertes. Selon la CGT, il va falloir poser la question du système de rémunération des traders : « nous savons que dans la totalité des cas, les dissimulations reposent sur l’espoir d’une couverture future, afin de préserver un bonus espéré devenu l’élément principal de sa rémunération, 60% dans le cas présent ». Un système qualifié de « pousse au crime », tant le risque est lié au gain. Et le syndicat d’estimer que l’affaire révèle le dérèglement des marchés financiers : « Si cet argent est bel et bien perdu par la Société Générale, il ne l’est pas pour ceux qui ont encaissé les règlements sur les marchés. »