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Médecine du travail : la rupture attendra encore au moins 5 ans

La 2ème conférence sociale sur les conditions de travail qui s’est tenue dans la matinée du 27 juin au ministère du travail a été l’occasion pour les partenaires sociaux de confirmer que la réforme de la médecine du travail serait très progressive. La rupture n’est pas au programme afin de ménager les intérêts des services de santé au travail tout en ouvrant une porte à de nouveaux acteurs privés.

Les 330 Services de Santé au Travail (SST) interentreprises disposent encore d’au moins 5 ans avant que les grilles tarifaires ne soient unifiées. C’est l’un des points clés de la 2ème conférence sociale sur les conditions de travail qui s’est tenue dans la matinée du 27 juin au ministère du travail entre les partenaires sociaux. Or sans cette unification des tarifs, impossible de centraliser la collecte par l’URSSAF. Il faudra surtout attendre au moins 5 ans pour voir un mouvement de concentration des SST à un niveau régional et éviter ainsi des situations de vives concurrences entre les centres dans la plupart des grandes villes.

En attendant, les partenaires sont d’accord pour que les activités des SST soient davantage coordonnées et mutualisées à un niveau régional avec des conventions d’objectifs à la clé. La question d’une gestion paritaire des SST est posée. Concernant l’avis d’aptitude, les partenaires seraient disposés à se fendre d’un constat de « contre-indications » en lieu et place d’un avis d’inaptitude. Voilà qui ne réglera pas le frein que constitue la mention de cette « contre-indications » au partage du dossier médical du salarié dans le cadre d’un suivi longitudinal qui n’existe pas, en grande partie pour des raisons de confidentialité. Cette mention limitative pourra t-elle apparaître sans l’accord du salarié ? Tout cela devrait faire l’objet d’une prochaine négociation.

Pluridisciplinarité


La prévention des risques psychosociaux était aussi au programme de cette conférence sociale avec l’annonce d’une grande enquête nationale conduite sous l’égide de l’INSEE. La réalisation de cette enquête serait « confiée à la médecine du travail ou à défaut à un institut privé. » La question est importante alors que Patrick Légeron, psychiatre et responsable du cabinet Stimulus est l’un des co-auteur du rapport sur les risques psychosociaux remis à Xavier Bertrand le 12 mars dernier. Stimulus déploie en effet pour le compte des directions une méthode pour mesurer le stress des salariés sensiblement différente de l’approche de la plupart des médecins du travail qui est beaucoup moins axée sur la psychologie et plus sur l’organisation du travail. Reste donc aux différents partenaires à s’entendre sur la méthodologie de la future enquête qui conditionnera la lecture des résultats. Un bon exemple de travail pluridisciplinaire que le ministère du travail entend développer dans les SST avec des interventions conjointes de médecins du travail, d’ergonomes ou encore de psychologues. 


 

Entreprises : SST, Stimulus,

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4 commentaires

4 commentaires

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plus de 3 ans

Risque Psycho social

par Francoise Mesnard

la différence de méthodologie de l'évaluation du risque psycho-social est liée à une vision différente de ce qu'est ce risque. Les médecins du travail font une corrélation entre les problèmes de santé mentale et l'organisation du travail . lls considèrent qu'il n'y a pas de typologie spécifique des salariés en souffrance. Ils estiment donc qu'en travaillant collectivement sur cette question du travail , une entreprise peut diminuer da facon très importante ces problèmes de souffrance au travail. Les psychologues font une corrélation entre la personnalité du salarié et son travail . Cette approche individuelle est extrèmement dangeureuse car aggravant les dégats psychologiques causées par la situation de travail délètère.

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plus de 3 ans

Approche mixte

par Rodolphe Helderlé

Les approches sont-elles aussi tranchées sur le terrain ? En fonction des situations, il devrait y avoir un juste équilibre entre l'approche collective et l'approche individuelle. La responsabilité d'un médecin du travail n'est-elle pas en question s'il fait l'impasse sur une l'approche psychologique individuelle d'un salarié en souffrance ? Comme vous le soulignez, l'approche collective n'est pas la solution absolue.

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plus de 3 ans

santé mentale et travail

par Francoise Mesnard

Un médecin du travail qui voit un salarié en souffrance psychologique se pose une première question : y a t il une relation entre souffrance et travail? Si la réponse est non, le salarié est adressé a son médecin de famille pour un bilan et une prise en charge adaptée Si la réponse est oui, il faut interroger le travail à partir du "travaillé" du salarié; Cette clinique particulière a pour but de comprendre les enjeux et les liens qui se nouent entre travail et santé. Certains psychologues essaient de faire un lien entre personnalité et travail ou pire entre vie privée et travail .. et comme nous avons tous des lignes de fractures, il est toujours facile de justifier une souffrance au travail par une fragilité individuelle que par une situation de travail pathogène

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plus de 3 ans

la spécificité du médecin du travail

par Francoise Mesnard

la spécificité du médecin du travail est de pouvoir aller de l'individuel au collectif. A partir de la parole du salarié, il a accès à la réalité du travail et peut ainsi avoir des clefs de compréhension quand aux dysfonctionnements de l'organisation collective du travail par rapport aux évolutions inévitables des situations de travail.

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