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Les bonnes raisons de passer en mode télétravail
août 04 2009
La crise économique conjuguée aux préoccupations environnementalistes créent les conditions favorables pour que l'on reparle du télétravail, un mode d'organisation du travail dont le décollage est attendu depuis au moins 20 ans.

- © Céno
Le télétravail peut aussi faciliter les choses, dans le cadre des réorganisations qui se soldent par des fermetures de sites avec de la mobilité géographique imposée aux salariés. Ca pourrait être le cas chez France Télécom, chez SFR ou HP. Dans la même logique, il peut être utilisé pour accompagner les déménagements comme chez Microsoft. Il peut aussi être réservé aux seniors comme chez Wolters Kluwer France.
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Les accords de télétravail se développent donc mais ne concernent que des effectifs réduits dans chaque entreprise. Car le télétravail peut coûter cher à une entreprise qui va prendre à sa charge les équipements nécessaires au domicile de chacun de ses télétravailleurs. C'est d'ailleurs pour cette raison que la direction de Norauto a fait marche arrière alors que la négociation d'un accord était bien engagée.
Les plans de prévention de la grippe A pourraient cet automne développer le recours au télétravail mais ca restera conjoncturel. Il n'y aura pas d'accord à la clé. Tout comme ces directions qui invitent leurs salariés à travailler de chez eux lors des grèves des transports.
Finalement, rares sont les entreprises dont le modèle organisationnel est jugé compatible avec un télétravail officiel. Les directions lui préfèrent un télétravail informel où l'on s'arrange sans rien contractualiser. Certaines directions vont plus loin et encouragent leurs salariés à s’installer en libéral, en consultant ou en auto-entrepreneur.
2 commentaires
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plus de 2 ans
Télétravail: Stop ou encore (+) ?
par Rémi Aufrere
Le "télétravail" est devenu "hype" !Entre sa ressemblance avec la "télécommande" et le "téléviseur", cela lui donnerait (presque) un côté ludique et sympathique.Il y a beaucoup de non-dits et d'insincérité dans sa campagne assez favorable au télétravail.Tentons d'être plutôt impartial en pesant en toute sincérité entre les points réels et supposés positifs et les difficultés-risques de cette nouvelle forme d'activité professionnelle.Si le télétravail n'est pas complêtement nouveau, ce qui l'est c'est de le présenter comme accessible au plus grand nombre.Or le télétravail n'est pas fonctionnellement adapté à un grand nombre d'activités.Posons les éléments favorables et positifs...Dans des circonstances exceptionnelles, comme un risque de pandémie (type H1N1), c’est la possibilité de maintenir une partie de l’activité de l’entreprise.C'est aussi le moyen pour le salarié de demeurer à son domicile pour, tout en conservant son travail, veiller à ses enfants, des parents âgés etc...Le salarié peut aussi organiser son temps de travail (pause, amplitude) comme il l'entend (il devient plus autonome) sans subir le regard de ses collègues, les réprimandes de sa hiérarchie.Mais cela doit être bien mesurer au regard des caractéristiques de dangerosité.Le télétravail, c'est la rupture du lien social direct avec ses collègues, ses responsables et plus généralement la vie de l'entreprise. Cet éloignement physique peut avoir pour conséquence logique l'oubli du salarié pour son évolution de carrière, la reconnaissance de l'entreprise… Comme la prise en compte des angoisses et des espoirs collectifs. C'est une nouvelle restriction à participer à la motivation collective et à la culture de l'entreprise.C'est la difficulté de demeurer dans son temps de travail et de glisser dans la confusion progressive "temps de travail/temps à soi". C'est un accélérateur potentiel de flexibilité de ses horaires de travail comme de son temps de repos.Le télétravail pourrait-t-il être acceptable?Tout d'abord, il conviendrait de l'accompagner de précautions et obligations élémentaires.Le télétravail ne doit pas devenir permanent. Le lien avec l'entreprise doit aussi être "physique" (y compris par une programmation régulière respectée).Le temps de travail du salarié doit être mesuré et suivi avec la plus grande rigueur selon les textes conventionnels et légaux. Aucune exception ou dérogation ne doit être tolérée. Ce respect du temps de travail doit être clair et assuré techniquement (connexion-déconnexion au poste informatique de travail) comme un chronotachygraphe pour un conducteur routier. Enfin, et cela va mieux en le disant, aucun frais ne doit être porté à la charge du salarié pour assurer le bon fonctionnement du poste de travail qui doit pleinement assuré les règles ergonomiques et de santé au travail. Le CHSCT (ou les D.P.) doit être ainsi consulté.Il n'est point étonnant qu'assez peu d'entreprises se lançent dans "l'aventure du télétravail". Sauf pour celles qui souhaitent atteindre un autre objectif!C'est ainsi que des directions d'entreprises proposent à quelques salariés adeptes du télétravail de devenir travailleur libéral, consultant ou auto-entrepreneur.Cela dans le but de sortir du "carcan" que représente le contrat de travail traditionnel (CDI, CDD) et d'éviter le paiement des cotisations sociales (assurance maladie, retraite, prévoyance, accidents du travail). Et le patronat passe ainsi du statut d'employeur à celui de client-donneur d'ordres. Ce qui semble pour certaines entreprises bien plus confortable que le respect des conventions collectifs, du code du travail et d'un minimum de dialogue social.Cet aboutissement logique de certains dirigeants patronaux propagandistes du télétravail n'a rien de "hype":cela s'appelle (encore et toujours) la "réduction des coûts du travail" (le cost-killing).