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La portabilité, un concept « flexicurité » à l'épreuve du réel
mars 24 2011
Thèmes: Protection sociale, Emplois & compétences, Formation
Un salarié qui quitte son entreprise ne perd théoriquement pas le bénéfice de ses droits à DIF, même minorés, ou de son contrat santé collectif, malgré un déficit d'information. Qu'en sera t-il sur la dépendance où bien des salariés perdent leur mise en cas de licenciement ?
Le DIF
La portabilité du DIF, inscrite dans la loi de 2009 sur la formation, n'est pas très intéressante pour les personnes qui passent par la case Pôle emploi. À 9,15 euros de l'heure le forfait de prise en charge par les OPCA, difficile de développer son employabilité. Basé sur un crédit d'heures accumulé sur la base de 20H/an (plafonné à 120H) pour le salarié, le DIF bascule en effet au forfait monétaire dès lors que l'on acquiert le statut de demandeur d'emploi. Même topo dans le cas d'une mobilité externe sans passer par Pôle Emploi.
Partant du postulat que le turnover moyen est d'environ 13%, 1,57 millions de personnes pourraient faire valoir la portabilité de leur DIF chaque année pour un coût global de 287 millions d'euros par an. La portabilité du DIF est encore peu utilisée. 6,2% des salariés l'ont sollicitées en 2009.
Les contrats santé et prévoyance
Après un démarrage compliqué, la portabilité de la complémentaire santé-prévoyance obligatoire fonctionne plutôt correctement dans les grandes entreprises. Mais, dans les PME, beaucoup d'employeurs et d'assureurs traînent les pieds, quand ils « n'oublient » pas carrément de la proposer au salarié licencié. Nombre de compagnies d'assurances ont eu du mal à intégrer cette nouvelle contrainte. En tout état de cause, ces premières évaluations indiquent que tous les salariés licenciés ne bénéficient pas de la portabilité. Certains probablement par manque d'information. Le risque juridique est bien là. Ce grand bazar avait été annoncé en juin 2009 dans les "Mystères de la portabilité", une série de 7 actualités publiées par Nicolas Sauvage, avocat associé chez Reed Smith.
Les contrats dépendances
Dans la perspective d'un développement des contrats collectifs dépendance dans les entreprises, une question essentielle est celle de la continuité des droits en cas de départ de l'entreprise par un salarié. Aujourd'hui, bien des salariés perdent leur mise en cas de licenciement. Mais, de plus en plus, les contrats proposés prévoient une « portabilité », soit la faculté de basculer dans un contrat individuel en conservant ses points acquis en collectif.
Le champ de la portabilité est potentiellement très large. « En cas de problème au niveau de son carnet de commande, un employeur devrait pouvoir transférer le contrat en alternance dans une autre entreprise », a estimé Jean-François Pillard, le délégué général de l'UIMM, à l'occasion d'un débat organisée le 1er mars dernier par l'Ajis, l'association des journalistes de l'information sociale. Cap sur les contrats portables ?
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