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« Il est toujours temps d’ouvrir la négociation sur le temps de travail » - François Chérèque – CFDT

juin 03 2008

Thèmes: Rémunération globale, Temps de travail

Pigeons

Le secrétaire général de la CFDT était lundi l’invité d’un débat organisé par CroissancePlus, le « syndicat des entrepreneurs ». L’occasion pour lui de souligner qu’un délai de 6 mois serait suffisant pour négocier le volet temps de travail. En attendant, ce projet de loi doit être présenté le 18 juin en conseil des ministres avant de passer au Parlement.

    « Notre réaction est la même que celle du patronat au moment du passage de la loi sur les 35 heures. Nous étions à l’époque plutôt d’accord avec Jean Gandois (Président du CNPF, l’ex Medef) qui voulait négocier », a lancé François Chérèque lundi devant une assemblée d’entrepreneurs à l’occasion du débat organisé par l’association CroissancePlus. Si la colère et le sentiment d’une trahison restent à l’affiche du discours, le secrétaire général de la CFDT a estimé qu’il était « toujours temps d’ouvrir une négociation sur le temps de travail. » Un délai de 6 mois étant nécessaire et surtout compatible avec un projet de loi sur le volet temps de travail qui prévoit une période de transition jusqu’au 31 décembre 2009 avant de s’appliquer. Toutes les mesures de la loi TEPA sur le pouvoir d’achat seraient ainsi effectives jusqu’à cette date.

Négocier...oui, mais pas tout de suite 

« Nous avons tellement galéré sur ce terrain que l’on va prendre le temps avant de repartir sur une négociation. »  - Christian Poyau, PDG de Micropole Univers.

Réaction de Christian Poyau, PDG de Micropole Univers, une société informatique de 1000 salariés : « Contrairement aux lois sur les 35 heures, nous ne sommes cette fois-ci pas obligés de négocier. Nous avons d’ailleurs tellement galéré sur ce terrain que l’on va prendre le temps avant de repartir sur une négociation. » Une position partagée par de nombreuses grandes entreprises et grosses PME qui ne tiennent pas à déstabiliser le cadre du temps de travail. Un autre dirigeant d’une PME concédait que les 35 heures n’étaient plus un problème pour la gestion de ses 60 ouvriers mais que cela en était un en revanche pour ses cadres. « Si vos cadres tiennent à conserver leur RTT, c’est une autre histoire », a lancé François Chèrèque en rappelant les possibilités de monétarisation existantes. A un entrepreneur qui assurait la promotion de la valeur du travail en proposant de limiter les congés des cadres à un mois par an, le secrétaire générale de la CFDT a répliqué : « j’en ai marre d’entendre ce discours qui ne passe plus chez les salariés. On ne va pas nous faire croire que la problématique de l’emploi des seniors découle des 35 heures. »

    C’est dans les PME que la future loi risque d’avoir le plus d’impact. Surtout que les représentants élus du personnel non-syndiqués pourront signer des accords sur le temps de travail grâce à la position commune sur la représentativité syndicale. A la différence du Medef, la CGPME soutient d’ailleurs clairement l’initiative d’un projet de loi sur le temps de travail sans se focaliser sur la forme.

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