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Egalité professionnelle: chez IBM, la réalité ne suit pas les intentions affichées
mars 06 2008
Le nouvel accord "Egalité professionnelle" ne prévoit pas de budget de rattrapage. C'est ce qui explique la non signature de la CFDT.
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Lire notre dossier:
Les limites des indicateurs de l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes
Rêvons… Si la cause des femmes avançait autant qu’on en parle à IBM, on aurait une quasi égalité des salaires pour un poste identique, on aurait une embauche équilibrée entre les deux sexes, on aurait un accès similaire à tous les emplois que l’on soit homme ou femme, avec les mêmes promotions, la même reconnaissance, le même traitement à temps partiel qu’à temps plein.
Tiens, revoilà le 8 mars
Cessons de rêver. Ca ne se passe toujours pas comme ça à IBM, ni dans la société française, comme le montre la dernière étude de l’Insee du 21 février 2008.
Malgré les discours, la promotion de la diversité, les rapports en faveur de l’égalité des chances.
Malgré le 8 mars et la bonne volonté de l’ONU qui a décidé il y a trente et un ans que cette date serait dorénavant la Journée internationale des femmes.
Absence de budget de rattapage
Au niveau des contrats précaires (apprentissage, CDD), une bonne moitié des embauchés IBM sont des jeunes filles.
La différence entre le salaire IBM des femmes et celui de leurs collègues masculins stagne aux alentours de 14 % (et plus en étudiant attentivement les durées de passage dans chaque coefficient). Et ce malgré les bonnes intentions affichées par la direction et la conclusion d’un nouvel accord « égalité professionnelle » dont le défaut essentiel est l’absence totale de budget de rattrapage (d’où la non signature par la CFDT). Le taux d’emploi féminin fléchit, juste sous la barre des 30 %. Et les deux Présidentes d’IBM, jusqu’en 2007, n’y ont rien changé. Alors, qu’en penser, qu’en conclure ?
A bien y regarder, les différences de traitement entre femmes et hommes à IBM rejoignent pour l’essentiel celles constatées en France et dans les pays occidentaux. Des pesanteurs sociologiques, des postes de management encore dominés par les hommes, les charges familiales assumées majoritairement par les femmes, une inaction patronale et politique.
Sur le faible recrutement féminin, IBM se défend en prétextant le manque de filles dans les universités et grandes écoles qui sont le vivier du recrutement maison (quand recrutement il y a …). Sauf que, au niveau des contrats précaires (apprentissage, CDD), une bonne moitié des embauchés IBM sont des jeunes filles. Mais pour les CDI, curieusement, les garçons redeviennent largement majoritaires ! Cherchez l’erreur.
Le poids d’une individualisation excessive des salaires
Si l’écart mini/maxi était inférieur à 35 % pour un même coefficient, l’écart des salaires hommes/femmes serait arithmétiquement contenu dans une fourchette inférieure à 5 %.
Sur la différence salariale, l’explication des forts écarts constatés, aggravés par la plus grande ancienneté des femmes dans les coefficients, tient à la politique salariale totalement individualisée (cadre ou non cadre, le phénomène est semblable). En effet, le salaire maxi est entre 60 à 120 % plus fort que le salaire mini, pour un même coefficient ! Cet écart colossal, totalement injustifiable, permet une très grande sélectivité dans la fixation des salaires individuels. Et c’est donc tout « naturellement » les populations les plus fragilisées que l’on retrouve vers le mini de chaque catégorie : celles qui peuvent le moins revendiquer, celles qui prennent le temps partiel pour les enfants ou la vie familiale, celles qui s’absentent en congé parental, celles qui ne peuvent rester jusqu’à pas d’heure le soir … Bref, surtout les femmes. Pas toutes, mais majoritairement. Si l’écart mini/maxi était d’un niveau raisonnable (disons inférieur à 35 %, pour respecter un échelonnement entre les coefficients successifs), l’écart des salaires hommes/femmes serait arithmétiquement contenu dans une fourchette inférieure à 5 %, ce qui serait une belle avancée. Mais IBM s’y refuse, car toute sa politique salariale s’appuie sur la discrimination, sur le vieux principe du « diviser pour régner ». Et ce sont les femmes qui en font le plus les frais, ce qu’IBM sait parfaitement et ne veut pas remettre en cause. Une preuve parmi d’autres, le taux de femmes touchées par le TGA (taux garanti annuel, c’est à dire le salaire minimum fixé par la convention collective) est supérieur à leur représentativité dans l’entreprise.
Cette analyse rapide nous montre un fait : les écarts de traitement hommes/femmes arrangent IBM, qui s’appuie sur eux pour asseoir sa politique de domination et d’individualisation aux seules fins de défendre ses intérêts économiques et capitalistiques. En face, c’est donc l’intérêt de tous, femmes et hommes, de s’opposer à cette politique qui, en final, nuit à tout le monde, actionnaires exceptés. Indiscutablement, la solidarité doit primer, c’est par elle que passera le progrès social. Et si ce dernier s’imposait, le 8 mars n’aurait plus de raison d’exister, sinon pour se souvenir de l’Histoire…
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