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Cooptation et intelligence collective : le cas Oracle

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Alors que le programme de cooptation d'Oracle Europe, pourtant richement doté (10 000 dollars par recrutement) est un flop retentissant auprès des salariés, il est intéressant de chercher des réponses à cet échec à d'autres niveaux de conscience individuelle et collective.

Il convient de relever que ce plan lancé au sortir de deux PSE, de trois années de gel de salaire, intervient à une époque charnière de « remotivation-anti-démission », visant à endiguer les départs, notamment dans les services commerciaux et de consultation.

  • Avec un individualisme pourtant reconnu, le faible taux de cooptation peut aussi être interpreté comme le révélateur d'une intelligence collective et silencieuse. En effet, alors que les espoirs d'augmentation sont toujours aussi minces, que les managers restent totalement démunis des leviers de motivation pourtant indispensables, le signal donné par les salariés de « non-recrutement/non-cooptation » est aussi et avant tout un signal d'auto-défense.

Il s'agit bien de protéger sa situation, réinstaurer le rapport de force salarial à son profit, plutot que pour son remplaçant. Favoriser l'arrivée de nouveaux « oracliens » est clairement perçu comme un risque individuel, pour sa rémunération, son territoire commercial, à l'opposé des occasions collectives recherchées par la société.

Après tant d'années de détricotage de la politique salariale, les effets pervers des incitations au départ dans les PSE, l'émergence de ce type de raisonnement collectif est vraiment à saluer. Reste à savoir s'il resistera aux programmes d'embauche à grande vitesse qu'entend malgré tout mener la société.

Entreprises : Oracle,

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