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Clinique : quand les premiers de la classe font grève

Grève

L’intersyndicale des cliniques privées appelle aujourd’hui à une journée de grève pour revendiquer un rééquilibrage des salaires avec le public. Les syndicats des Nouvelles Cliniques Nantaises, un établissement à la tête du classement 2007 des meilleurs cliniques du magazine Le Point, sont aussi les premiers à revendiquer.

    En septembre 2006, la FHP (Fédération de l’Hospitalisation privée) qui représente les directions des cliniques avait appelé à la grève, de concert avec les syndicats des salariés  pour contester la baisse des tarifs des soins remboursés par la sécurité sociale. Une « enveloppe sociale » avait été alors promise par le gouvernement pour compenser. Pas de nouvelle depuis.

Un nouvel appel à la grève a été lancé aujourd’hui mais cette fois par les seuls syndicats de salariés qui n’acceptent pas l’augmentation de 1% des salaires proposée au 1er juillet par la FHP. Les mesures spécifiques aux bas salaires permettant tout juste de placer le 1er coefficient à 0,11 % au dessus du SMIC. « A ce jour, 12 coefficients de la grille de salaires sont en dessous du SMIC (111 € en dessous pour le 1er coefficient) », déclare l’intersyndicale.

Pas simplement une question salariale

Les Nouvelles Cliniques Nantaises, un établissement employant 650 salariés (plus 350 médecins) se trouve en pointe du mouvement. Le 10 avril, 50% des salariés étaient déjà en grève. Pas sur les salaires mais pour revendiquer une amélioration des conditions de travail avec des embauches (une trentaine), une meilleure gestion des plannings et une meilleure reconnaissance des personnels hospitaliers par les médecins.

Les Nouvelles Cliniques Nantaises arrivent pourtant régulièrement à la première place du classement annuel des cliniques publié par Le Point.

Les revendications du 10 avril ont été entendues. Des embauches sont notamment en cours.

Une marge de manoeuvre limitée sur les salaires

Mais aujourd’hui, c’est la question des salaires qui fâche. Une aide-soignante de nuit des Nouvelles Cliniques Nantaises travaillant 2 week-end par mois ne touche que 1400 € net (primes incluses) avec 10 ans d’ancienneté au compteur. 1230 € net pour une employée hautement qualifiée avec 18 ans d’ancienneté.

De façon générale, la différence de salaire pour une infirmière entre le public et le privé est de 3% en début de carrière et de 23% en fin de parcours professionnels.
Il faudrait augmenter de 12% les tarifs des cliniques pour permettre une parité des salaires entre le public et le privé. En attendant, les cliniques n’ont été autorisées qu’à une augmentation de 0,5%. La marge de manœuvre des dirigeants des cliniques est donc limitée.

Ce ne sont pas les 200 € de prime d’intéressement et les 800 € de participation versés en moyenne chaque année par les Nouvelles Cliniques Nantaises qui calment les revendications. Les syndicats demandent une augmentation des salaires de 7%.

Le 19 mai, les fédérations syndicales ont quitté la négociation salariale avec la FHP et demandent une nouvelle séance le 24 juin. Sur son site la FHP lance une « alerte sur le risque social au sein de ses établissements. » et rappelle « sa demande (auprès des pouvoirs publics) d’une enveloppe sociale, fléchée sur les salaires, pour réduire les différentiels de rémunération constatés entre les différents secteurs hospitaliers. »

Mais pourquoi les salariés des Nouvelles Cliniques Nantaises ne vont-ils pas travailler du côté de la fonction publique hospitalière puisque celle-ci recrute ? Pas de chance, le CHU de Nantes a gelé les recrutements pour cause d’un déficit de 34 millions d’euros.


L’Hospitalisation privée représente 1250 établissements ,110 000 salariés (personnels de soins, administratifs et techniciens) et 40 000 médecins libéraux et salariés.


Mots-clés : Grève,

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