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Les personnes électrohypersensibles aux ondes électromagnétiques enfin considérées !

juil 08 2013

Thème: %1

Le 27 juin, le Ministère de la Santé a reçu le collectif des électrohypersensibles aux ondes et l'association PRIARTEM (Pour une réglementation des implantations d’antennes relais de téléphones mobiles) face à l’urgence et l’augmentation du nombre de personnes atteintes de cette pathologie idiopathique et la question de leur prise en charge.

« L'aggravation de la situation est très nette. Nous recevons chaque jour des appels au secours de personnes qui ne savent pas où se réfugier, comment se soigner, comment faire prendre en compte leur situation par la Sécurité sociale, leur employeur... Nous recevons, désormais, des appels de parents d'enfants électrosensibles qui ne peuvent plus aller à l'école. Que va-t-il se passer avec le déploiement de la 4G, le wifi qui gagne toujours plus de terrain, les tablettes sans fil dès l'école maternelle ? », constate le collectif. « Les technologies sans fil étant omniprésentes et se déployant de manière exponentielle, les plus atteints sont contraints de fuir la modernité, voire de vivre dans les rares zones sans brouillard électromagnétique » (appelées « zones blanches »).

Le conseiller en charge de la sécurité sanitaire au cabinet de Marisol Touraine, Ministre de la Santé a pu répondre avec satisfaction aux attentes des associations par une démarche co-construite :
  • programmation de rendez-vous avec la Direction générale de la santé ;
  • nomination d’un référent pour le suivi du dossier à la Direction générale de la santé ou à la Direction générale de l’offre de soins, notamment pour travailler sur la prise en charge ;
  • saisie de l’INVS (Institut National de Veille Sanitaire) pour réaliser une étude de la prévalence et de l’incidence et mettre en place une surveillance sanitaire, notamment par les réseaux de médecins ;
  • appuie des initiatives d’ouverture de l’INVS aux associations afin de profiter de l’expertise citoyenne.

Programme de recherche financé par la taxe sur les émetteurs

L’étude Cochin posant question sur la démarche et les objectifs a fait écho auprès du Ministère de la Santé. En effet, le 3 juillet l’ANSES lance un appel à projets de recherche du PNR (programme national de recherche) sur le thème : « radiofréquences : caractérisation des expositions et étude de l’électrohypersensibilité ». Il sera financé par le produit de la taxe sur les émetteurs radio-fréquences. Il portera sur trois thèmes :

  • approches novatrices de l'hypersensibilité électromagnétique,
  • métrologie des champs électromagnétiques,
  • caractérisation des expositions.


Cet appel à projets de recherche (APR) est lancé dans le cadre du programme national de recherche en environnement-santé-travail (PNR EST). Ce programme vise à conduire les communautés scientifiques à produire des données utiles aux différentes phases de l'analyse du risque sanitaire et ainsi à rapprocher la recherche et l’expertise scientifiques. Le présent appel à projets cherche plus spécifiquement le développement de recherches sur des sujets mal pris en compte dans les projets en cours, ou encore émergents en ce qui concerne la recherche.

Par ailleurs, le 11 juin 2013, le Parlement européen a voté en faveur d’une directive visant à protéger les travailleurs des effets nocifs des rayonnements électromagnétiques. Le texte a été voté à une très large majorité. La présente directive est destinée à remédier à tous les effets biophysiques directs et indirects connus, provoqués par des champs électromagnétiques afin non seulement de protéger la santé et la sécurité de chaque travailleur pris isolément, mais également de créer pour l'ensemble des travailleurs de l'Union un socle minimal de protection, tout en réduisant les distorsions éventuelles de concurrence. Malheureusement, elle ne traite pas des effets à long terme de l’exposition à des champs. Le devoir est donc fait à l’employeur de réaliser l’évaluation de ce risque toute onde confondue, qualitativement comme quantitativement, et de mettre en place des mesures de protection des effets thermiques et non thermiques reconnus.

En Allemagne, la toute récente classification des maladies reconnaît désormais l’électrosensibilité comme étant en relation avec l’environnement physique (radiations). En Australie, l’employeur d’un chercheur électrosensible dont l’état a été aggravé à cause de son travail a été définitivement condamné à l’indemniser.

La route est encore longue mais la prise de conscience politique est amorcée…

Mots-clés : Electrosensibilité,

Entreprises : Anses, Technologia,

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plus de 4 ans

Où est passé l'OMS ?

par Jean François Chevalier

Bonjour Mme Mouysset, on ne peut que vous suivre lorsqu'il est question de souhaitez une meilleure prise en charge des personnes électrosensibles. Je m'étonne un peu par contre, que vous ne citiez à aucun moment l'OMS, puisqu'il s'agit du référent mondial en matière de santé publique et que cette organisation a "considéré", pour reprendre le terme employé dans votre titre, les électrosensibles depuis bien plus longtemps que le ministère de la santé, l'Hôpital Cochin ou l'Allemagne. L'OMS reconnaît l'électrosensibilité depuis 2005 (OMS aide-mémoire 296), elle a engagé des études : vérification expérimentale en double aveugle sur des personnes électrosensibles et non électrosensibles. Alors qu'elle s'attendait à trouver un rapport de cause à effet, aucune relation n'a pu être établie. La dernière méta-étude de 2010 comprenant 46 études renforce et précise les conclusions antérieures. L'OMS a donc proposé le terme (pas très heureux) d'"intolérance idiopathique environnementale". Un terme qui regroupe plusieurs hypersensibilités présentant des symptômes similaires sans qu'aucune relation causale avec l'agent incriminé soit établi. Bien entendu, l'absence de preuve n'est pas une preuve d’absence, la vigilance doit être la règle, des incertitudes peuvent exister sur le long terme. Mais il s'agit en tout état de cause d'hypothèses, cela ne saurait avoir pour effet de relativiser l'état des connaissances scientifiques même s'il est par nature, provisoire. L'OMS a pris en compte et évalué l'ensemble des données disponibles, soit plus de 3500 études sur la santé et les ondes. Le rapport Afsset 2009 a également pris en compte les données disponibles aussi bien à charge qu'à décharge. Exemple parmi d'autres : l'audition du Pr Belpomme du 28 janvier 2009 représente 57 pages du rapport d'audition de l'Afsset. Cordialement

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