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Rendre visibles les jeunes orphelins : un terrain d’action pour les entreprises

déc 05 2012

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On sait à peine que la France compte environ 800 000 orphelins de moins de 25 ans. Un chiffre approximatif tant le recueil des informations est délicat puisque ces enfants en deuil d’un ou de leurs parents ne rentrent dans aucune case sur un plan statistique.

C’est en effet à la fois du côté des familles monoparentales et des données sur le veuvage qu’il faut aller les chercher, mais il suffit d’un remariage pour qu’elles disparaissent de nouveau.

Une invisibilité sociale que s’efforce d’inverser la fondation d’entreprise OCIRP qui organise un colloque sur ce sujet le 14 décembre au CESE.

L’objectif en est de mieux connaître les besoins et les attentes des orphelins pour mieux les accompagner. « Ce manque de données ne facilite pas les recherches. Il est par exemple très difficile de trouver des sociologues qui acceptent de s’exprimer sur ce sujet », explique Emmanuelle Enfrein, responsable de la fondation. Irène Thery,  sociologue, spécialiste du droit, de la famille et de la vie privée et directrice d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, interviendra néanmoins lors du colloque aux côtés du neuropsychiatre Boris Cyrulnik et de Jérôme Clerc, maître de conférences en psychologie cognitive de l’éducation à l’Université Charles de Gaulle-Lille 3, dont les recherches sont soutenues par la fondation. L’occasion d’exposer la nature des troubles cognitifs susceptibles de toucher les jeunes orphelins.

Des déséquilibres qui peuvent se traduire par un surinvestissement scolaire pour oublier et éprouver un besoin d’exister. Mais, globalement, les jeunes orphelins vont avoir moins de possibilités que les autres à suivre des études supérieures. Notamment du fait du choc émotionnel lié au décès du parent et des contraintes financières.  Un phénomène d’autant plus renforcé que l’on compte plus d’orphelins chez les enfants d’ouvriers que chez ceux des cadres.

L’entreprise se trouve clairement un terrain d’action privilégié. D’abord en faisant en sorte que les enfants des salariés touchés par la perte d’un conjoint puissent être accompagnés, car leur souffrance est trop souvent insuffisamment prise en compte. Une association comme Vivre son deuil, soutenue par la fondation d’entreprise OCIRP, peut contribuer à cet accompagnement. Encore faut-il que l’employeur le propose, en insistant sur la place des enfants dans le deuil. L’entreprise peut également prendre sa part de responsabilité en intégrant par exemple une rente éducation dans la couverture de prévoyance de ses salariés, afin de contribuer au financement des études des enfants dont l’un des parents décède.

Mais l'accompagnement ne se borne pas à l'entreprise, loin de là. L'Education nationale a un rôle essentiel à jouer. « Il n'est pas rare que le décès d'un parent soit annoncé à toute une classe sans que l'élève concerné n'ait eu son mot à dire », rapporte Emmanuelle Enfrein qui déplore l'absence de protocole sur un sujet méritant une prise en compte par l'ensemble des composantes de la société.

Mots-clés : Solidarité,

Entreprises : OCIRP,

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