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Le mécénat de compétences en réponse à la quête de sens

avr 19 2016

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Apparu en France il y a une douzaine d’années, le mécénat de compétences est de plus en plus sollicité par les entreprises pour offrir à leurs collaborateurs une ouverture sur l’extérieur et l’occasion d’un engagement valorisant.

Deux fois par ans, ces salariés d’une entreprise informatique interviennent auprès d’enfants malades dans un hôpital. Une autre équipe apporte chaque année un soutien logistique à l’organisation d’un grand événement à vocation humanitaire. Ici, l’engagement porte sur l’accompagnement et le tutorat de jeunes en difficulté d’insertion ; là, il s’agit simplement de venir donner un coup de main à l’équipe d’une association pour la rénovation de ses locaux… Depuis une douzaine d’années, le mécénat de compétences a fait son apparition dans les entreprises françaises. Dans le prolongement de la formule traditionnelle du mécénat financier, cette nouvelle forme d’engagement solidaire a pour particularité d’impliquer directement des collaborateurs volontaires désireux de s’investir individuellement ou collectivement dans des actions auprès d’associations ou de projets d’intérêt général. Ces interventions, réalisées sur le temps de travail, prennent, selon les cas, la forme de prestations de services ou de prêts de main d’œuvre, et sont encouragées par les pouvoirs publics à travers des réductions d’impôts*. Selon l’association Admical, l’un des principaux acteurs dans le domaine, près de 23 000 entreprises (soit 15 % des entreprises mécènes en France) pratiqueraient aujourd’hui le mécénat de compétences. Pour les salariés, il représente généralement 2 à 3 jours par an mais certaines entreprises, comme la SNCF, vont bien au-delà avec 10 jours par an.

Une prise de recul salutaire

« Ce type de démarche s’inscrit dans le cadre des politiques RSE mises en place par les entreprises soucieuses de développer leur marque employeur. C’est aussi une manière de répondre à la quête de sens de leurs collaborateurs en leur proposant d’agir dans le cadre de projets concrets et valorisants », explique Jean-Michel Pasquier. Au-delà de la dimension solidaire proprement dite, le fondateur de la plate-forme koeo.net, spécialisée dans la mise en relation entre entreprises et associations, souligne l’intérêt du mécénat de compétences comme outil RH, que ce soit en matière de team-building (à travers, par exemple, l’organisation de chantiers solidaires), de mobilisation de salariés en inter-contrat ou de gestion des seniors, dans le cadre d’un aménagement de fin de carrière. « Sortir de l’entreprise, se confronter à d’autres réalités, mettre ses compétences professionnelles ou personnelles au service d’une cause, sans objectif de rentabilité : tout cela est à la fois formateur, gratifiant et enthousiasmant pour les salariés », poursuit-il, tout en précisant que les managers eux-mêmes ont aussi beaucoup à retirer d’une expérience d’encadrement d’une équipe de bénévoles. « Cette ouverture sur l’extérieur, cette prise de recul constitue assurément un plus dans une optique d’amélioration de la qualité de vie au travail, à condition, bien sûr, qu’elle s’inscrive naturellement dans une démarche managériale cohérente », estime Jean-Michel Pasquier.

* L’entreprise bénéficie d’une déduction de 60 % des salaires chargés des collaborateurs engagés, au prorata du temps passé, et à hauteur de 0,5 % de son chiffre d’affaires total hors taxes.
 
Extrait du livre blanc « La qualité de vie au travail, entre bien-être et performances » réalisé à l’initiative du groupe Up en partenariat avec Liaisons Sociales.

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